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Poésie

Posts Tagged ‘gamin’

Il y a là un prince poisson accompagné de sa princesse (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Dans cette maison, il est agréable,
Le parfum des fleurs et des objets sans vie.
Des légumes de toutes les couleurs
Sont entassés sur la terre noire.

Il y a encore des courants d’air froid,
Mais on a retiré les paillis des serres;
Il y a là un étang, un étang
Où la vase ressemble à du brocart.

Un gamin m’a dit (il avait peur),
Tout doucement, très ému,
Qu’il y a là un prince poisson
Accompagné de sa princesse.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Le voyou (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



Le voyou

Je m’balade le soir
Au fond des vieilles ruelles
Au milieu des poubelles
Sous un grand ciel tout noir

Les deux mains dans les poches
Je parcours l’boulevard
Sifflant comme un gavroche
Ou un oiseau bavard

Tous les pauvres gamins
De mon triste quartier
Se tiennent par la main
Assis des jours entiers

Je leur dis des merveilles
Sous leur regard farouche
Un rire fend leur bouche
Des lèvres aux oreilles

Ces gosses qui ne voient
En leurs quatre saisons
Qu’un lugubre horizon
Sont pendus à ma voix

Eux qui pour jouer n’ont
Qu’un désert terrain vague
Ils rêveront qu’ils sont
Soulevés par la vague

Je leur dis que l’oiseau
Chante en do ou en si
Perché sur un roseau
Qui pousse loin d’ici

Ils n’veulent pas me croire
Et pourtant mon histoire
Je la certifie vraie
Et l’écris à la craie.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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LA CHANSON DES PAUVRES VIEUX (Maurice Boukay)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018



LA CHANSON DES PAUVRES VIEUX

Dans les jardins, lents et tremblants,
Les pauvres vieux tous les soirs viennent.
Sur les vieux bancs ils se souviennent,
Les pauvres vieux aux cheveux blancs.

Songeant que les jours passent vite,
Ils chantent : « Gai ! la Marguerite ! »
Les pauvres vieux aux cheveux blancs.

Voyant les gamins de sept ans
Qui font des châteaux sur le sable
Et qui réclament une fable,
Les pauvres vieux rient aux enfants.

Songeant que le jeu vaut l’école,
Ils chantent : « Bel hanneton, vole ! »
Les pauvres vieux rient aux enfants.

Voyant les garçons de seize ans
Poursuivre les vierges timides,
Ils baissent leurs regards humides, —
Les pauvres vieux sont indulgents, —

Songeant : L’amour, c’est la Nature !
Ils chantent : « La Bonne Aventure. »
Les pauvres vieux sont indulgents.

Voyant les soldats de vingt ans,
Drapeau flottant, musique en tête,
Ils se sentent le cœur en fête,
Les pauvres vieux du bon vieux temps.

Songeant que c’est l’âme française,
Ils entonnent La Marseillaise,
Les pauvres vieux du bon vieux temps.

Voyant les veuves de trente ans
Qui vont, tout de noir habillées,
Parmi les fleurs ensoleillées,
Les pauvres vieux pleurent longtemps.

Songeant que le deuil n’a pas d’âge,
Ils chantent : « Page, mon beau Page… »
Les pauvres vieux pleurent longtemps.

Voyant à la mort du soleil,
Parmi les rayons et les ombres,
Les barques des nuages sombres,
Les pauvres vieux, pris de sommeil,

Sentant que leur barque chavire,
Fredonnent Le Petit Navire,
Et dorment leur dernier sommeil.

(Maurice Boukay)

Illustration: Jean-Marie Manson

 

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TANDIS QUE TRAVERSAIT LA BELLE… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Carolus Duran
    
TANDIS QUE TRAVERSAIT LA BELLE…

Tandis que traversait la Belle,
Près des moineaux vinrent s’asseoir
Les colombes en ribambelle.

Frôlant la marche du trottoir
Apparut la claire cheville
Tel un point d’aube dans le noir.

Comme brise sous la charmille,
L’éраulе frémit. Un gamin
S’éprenait de la jeune fille.

Les éclats du ciel citadin
Et la démarche aérienne
Vous rendaient joyeux, plein d’entrain !

On souriait à cette Reine,
Racine et branche pour mon coeur,
Ce dont nul ne concevait peine.

Sur mes genoux, tout en douceur,
Empêchant qu’on vînt me la prendre,
Je la berçai. Mais j’avais peur.

Nul pourtant ne vint nous surprendre.
Ils étaient d’humeur amicale,
L’envie expirait sans attendre…

Et la Belle avançait, royale !
Et le vent svelte la suivait
Dans sa démarche triomphale.

La fraîcheur du vent l’habillait !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Instantané (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Instantané

La ribambelle d’oiseaux chante.
Le bois s’en est émerveillé.
L’enfant paysan barbouillé
Court au fleuve, au bas de la pente.

Soleil. Chaleur partout présente.
L’air même en est incendié.
Nul nuage n’a vacillé
Dans le grand ciel que rien n’évente.

Le gamin s’étend près de l’eau,
Le soleil lui brûle la peau,
Puis il se roule dans le sable.

Il voit un caillou plat, le prend,
Le jette en cette eau navigable,
Et puis s’éloigne en sifflotant.

(Attila Jozsef)

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L’ANGÉLUS DU SOIR (Adolphe Boschot)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



L’ANGÉLUS DU SOIR

L’Angélus a sonné dans le soir reposé.
Tout est calme. Voici les moissonneurs qui rentrent ;
Ils sont las, mais heureux, et les plus jeunes chantent.
Les vieux, sur les chevaux, sommeillent, dos brisés.

Les femmes, sur le pas de leurs portes, attendent ;
Les gamins en courant font un bruit de sabots ;
Et, dans le cimetière, une vieille, tremblante,
Regarde, s’appuyant aux pierres des tombeaux,
De ses yeux obscurcis les étoiles naissantes.

(Adolphe Boschot)

Illustration: Paula Modersohn-Becker

 

 

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Il faut définitivement quitter le royaume de l’enfance (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Il faut définitivement
quitter le royaume de l’enfance
ses sentiers vers la ligne des peupliers
à travers le stade Edmond Magnez
où se pressait la foule des dimanches
pour assister aux matches de football
ses carrés d’herbe à lapins
la grotte de la sorcière
qui nous maudissait
la digue des champs d’épandage
que nous dévalions en luge sur la neige
la ballastière et ses étangs
la décharge où gamins peu fortunés
nous récupérions les jouets abîmés
des gosses de riches
les gros tuyaux Bonna
dans lesquels nous nous cachions

Il faut définitivement couper le pont de Saint-Germain
Avec l’Ile du Bac
Mette les souvenirs dans un sac
Et le jeter dans la Seine.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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La pomme (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



Illustration
    
La pomme

Il regardait la pomme
Dans le plat. Il écoutait.

Le temps s’en fut
Les yeux ailleurs.

Il s’en vint un autre.
L’enfant regardait la pomme.
Dans le plat.

L’enfer doit être aussi noir.
Mais la pomme l’éclairait.
Le gamin ferma les yeux.

(Mohammed Dib)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: De la Différence

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LE MANEGE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018




    
LE MANEGE

Un enfant de couleur à la fête :

Où est le compartiment des nègres
Sur ce manège,
Monsieur, parce que je veux monter ?
Là-bas dans le Sud d’où je viens
Les Blancs et les gens de couleur
Ne peuvent pas s’asseoir côte à côte.
Là-bas dans le Sud dans le train
Y a une voiture pour les nègres.
Dans l’autobus on nous met à l’arrière,
Mais y a pas d’arrière
Dans un manège!
Où est donc le cheval
Pour le gamin qu’est noir ?

***

Merry-Go-Round
(Colored child at carnival)

Where is the Jim Crow section
On this merry-go-round,
Mister, cause I want to ride?
Down South where I come from
White and colored
Can’t sit side by side.
Down South on the train
There’s a Jim Crow car.
On the bus we’re put in the back-
But there ain’t no back
To a merry-go-round!
Where’s the horse
For a kid that’s black?

(Langston Hughes)

 

 

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La blanche école où je vivrai (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



Illustration
    
La blanche école où je vivrai
N’aura pas de roses rouges
Mais seulement devant le seuil
Un bouquet d’enfants qui bougent
On entendra sous les fenêtres
Le chant du coq et du roulier ;
Un oiseau naîtra de la plume
Tremblante au bord de l’encrier
Tout sera joie ! Les têtes blondes
S’allumeront dans le soleil,
Et les enfants feront des rondes
Pour tenter les gamins du ciel

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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