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Posts Tagged ‘(Gao Xingjian)’

La vérité n’existe que dans l’expérience de chacun (Gao Xingjian)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



 

La vérité n’existe que dans l’expérience de chacun, et même dans ce cas,
dès qu’elle est rapportée, elle devient histoire.
Il est impossible de démontrer la vérité des faits et il ne faut pas le faire.
Laissons les habiles dialecticiens débattre sur la vérité de la vie.
Ce qui est important, c’est la vie elle-même.
Ce qui est réel, c’est que je suis assis à côté de ce feu dans cette pièce
noircie par la fumée de l’huile, que je vois ces flammes dansant dans
ses yeux; ce qui est vrai, c’est moi-même,
c’est la sensation fugitive que je viens d’éprouver,
impossible à transmettre à autrui.
Dehors, le brouillard est tombé, les montagnes sombres
se sont estompées, le son de la rivière rapide résonne en toi
et cela suffit.

(Gao Xingjian)

Découvert chez Lara ici
 

 

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Un homme solitaire (Gao Xingjian)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Un homme solitaire
Où trouvera-t-il une femme aussi solitaire
En marge de la société
Pour affronter ensemble les derniers jours du monde ?
Et tout au bout de ce monde
Reconstruire le jardin d’Éden ?
Même si l’on recrée seulement
Un univers intérieur
C’est tellement plus difficile à faire
que la révolution ou la subversion verbale !

(Gao Xingjian)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Gao Xingjian

 

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L’errance de l’oiseau (Gao Xingjian)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



 

L’errance de l’oiseau

Si tu es un oiseau
Rien d’autre qu’un oiseau
Au moment où le vent se lève
Tu t’envoles
Écarquillant ton œil tout rond
Tu regardes dans l’obscurité ce sacré bas monde
Au-delà du marais des ennuis
En vol de nuit, sans but précis
À l’écoute du sifflement de l’air et le cœur battant
Quelle aisance dans l’errance

Brouillard ou nuage
Tu traverses d’un large trait
Et recueilles la lueur et l’aurore
Tout en survolant les montagnes mouvantes
Puis un lac tournant miraculeusement
C’est ainsi que ton esprit circule
Entre le désert et la mer, à la jonction du jour et de la nuit
Tandis qu’un œil immense te conduit vers l’inconnu

***

The way of the wandering bird

If you are a bird
No more than a bird
With the wind’s first breath
You fly away
With an eye round and wide
You observe through darkness this sacral place below
Beyond the swamp of misfortune
Wandering through the night
You listen to the whispering air and a beating heart
Aimless yet at ease

In one broad stroke
You penetrate fog and clouds
Welcoming the glimmer of the first daylight
Gliding above the moving mountains
Then over a lake in a miraculous spiral
This is how your spirit voyages
Between desert and sea, at the meeting of day and night
An immense eye leads you towards the unknown

(Gao Xingjian)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Gao Xingjian

 

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Peu importe où tu vas … (Gao Xingjian)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016



essaim d'abeilles [1280x768]
Un jour de grand beau temps, un ciel sans nuages.
L’éclat et la profondeur de la voûte céleste te laissent muet d’admiration.
En bas, un village isolé avec ses maisons sur pilotis appuyées à la falaise,
tel un essaim d’abeilles accroché à un rocher.

C’est un rêve, tu tournes en rond, au pied de la montagne,
sans trouver le moindre sentier pour y aller.
Tu as l’impression de t’approcher du village, en fait, tu t’en écartes.
Ces allers-et-retours te prennent du temps et tu abandonnes.

Tu avances au hasard et le village disparaît derrière les monts.
Tu éprouves quand même un vague regret.
Et tu ignores où mène le chemin sous tes pieds,
même si tu n’as pas de but précis.

Tu marches droit devant toi sur le sentier sinueux.
Dans ta vie, tu n’as jamais eu de but précis,
les objectifs que tu t’étais fixés se sont modifiés avec le temps,
il n’ont cessé de changer et finalement tu n’en as jamais eu.

Si l’on y réfléchit, le but ultime de la vie humaine est sans importance,
il est comme un essaim d’abeilles.

Le laisser provoque des regrets,
mais le prendre entraîne le plus grand désordre chez les insectes,
mieux vaut l’abandonner là où il est et l’observer sans y toucher.

A cette pensée, tu te sens plus léger,
peu importe où tu vas, à la seule condition que le paysage soit beau.

(Gao Xingjian)

Découvert chez Lara ici

Illustration

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