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Poésie

Posts Tagged ‘garage’

Les garages dans la cour (Dirk Von Petersdorff)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



Les garages dans la cour

Ainsi, comme le vent essuie le toit –
tachète les flaques, luisantes,
se hérisse le merle –
prompt

le ciel, mon coeur, il est
clair – vide comme l’endroit,
où à l’instant le merle
était encore.

***

Die Garagen im Hof

So, wie der Wind übers Dach wischt –
sprenkelt die Pfützen, hell,
plustert die Amsel,
schnell –
der Himmel, mein Herz, er ist
klar – leer wie die Stelle,
wo eben die Amsel
noch war.

(Dirk Von Petersdorff)

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Les portes du garage (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



Poussant sur le cadenas,
les portes du garage
A midi

***

Straining at the padlock,
the garage doors
At noon

(Jack Kerouac)

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Sur une voie de garage (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



Sur une voie de garage un wagon vide.
Immobile. Héraldique.
Des voyages entre les griffes.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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LES TRAINS (Henri Bataille)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



LES TRAINS

Les trains rêvent dans la rosée, au fond des gares…
Ils rêvent des heures, puis grincent et démarrent…
J’aime les trains mouillés qui passent dans les champs,
Ces longs convois de marchandises bruissant,
Qui pour la pluie ont mis leurs lourds manteaux de bâches,
Ou qui dorment des nuits entières dans les garages…
Et les trains de bestiaux où beuglent mornement
Des bêtes qui se plaignent au village natal…
Tous ces grands wagons gris, hermétiques et clos,
Dont le silence luit sous l’averse automnale,
Avec leurs inscriptions effacées, leurs repos
Infinis, leurs nuits abandonnées, leurs vitres pâles…
Oh ! le balancement des falots dans l’aurore ! …
Une machine est là qui susurre et somnole…
Une face se montre et rabaisse le store…
Et la petite gare où tinte une carriole…
Belloy, Sours, Clarigny, Gagnac et la banlieue…
Oh ! les wagons éteints où l’on entend des souffles !
La palpitation des lampes au voile bleu…
Le train qu’on croise et qui nous dit qu’il souffre,
Tandis que nous fronçons le sourcil dans nos coins,
Et nous laisse étonnés de son prolongement…
Oh ! dans la halte verte où l’on entend les cailles,
Le son du timbre triste et solitaire !… Et puis
Les voies bloquées avec, au loin, un sifflet qui tressaille,
Les signaux réguliers dans le dortoir des nuits…
Des appels mystérieux que l’on ne comprend pas…
Et, — oh ! surtout ! — après des bercements sans fin,
Où l’âme s’est donnée comme en une brisure,
L’entrée retentissante, avec un bruit d’airain
De tout l’effort joyeux et bondissant du train,
Dans les grandes villes pleines de murmures !…
C’est là que vient se casser net le pur rayon
Qui m’a conduit d’un rêve à l’autre par le monde,
Rails infinis, sous le beau clair de lune et les fourgons,
A qui j’ai confié l’amertume profonde
De tous mes chers départs et tant d’enchantements…

J’aime les trains mouillés qui passent dans les champs.

(Henri Bataille)

Illustration: Claude Monet

 

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