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Posts Tagged ‘(Gaston Puel)’

Les amants se ressemblent (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2020


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Dans l’amour devenus
Ces blancs fardeaux du Vide
Les amants se ressemblent

Transparents
Les miroirs sont leurs gîtes

Chus du désir
Lunes transies
Ils se séparent

(Gaston Puel)

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LA RUMEUR (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



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LA RUMEUR

La terre émerge des brumes, les épis craquent comme du pain frais, une grappe d’abeilles se pend à un prunier.
L’âme s’évase pour accueillir fa joie des hommes qui s’enracine dans le vent.
Mais le vent rebrousse la laine du bonheur ;
une ignoble cicatrice témoigne : des hommes raturés par les hommes, leur rumeur d’essaim jusqu’à l’horrible du cri et de la salve.
Sur leurs bouches ouvertes s’effondrent les murailles du ghetto de Varsovie.

(Gaston Puel)

Illustration

 

 

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J’habitais un corps lézardé (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



J’habitais un corps lézardé. Il dut se fendre d’un coup :
je reçus l’aube comme un baquet d’eau fraîche.

Quand la nuit n’est qu’une lie et que le regard
n’ausculte que l’abîme, quel bonheur (je suis sûr de ce mot) de se hisser hors de la margelle !
Les mains meurtries touchent l’huile du jour ; le visage s’élance,
plus léger que les jambes.

Est-ce l’innocence du matin ? La grâce d’un fruit
cueilli ? Je ne sais, je ne saurai jamais.
Mon coeur bat dans un homme étonné de se savoir en vie.
Cela ressemble à un secret.

(Gaston Puel)

Illustration: Samuel Van Hoogstraten

 

 

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Chus du désir (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Dans l’amour devenus
Ces blancs fardeaux du Vide
Les amants se ressemblent

Transparents
Les miroirs sont leurs gîtes

Chus du désir
Lunes transies
Ils se séparent

(Gaston Puel)

Illustration: Edvard Munch

 

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Les vitres éteintes (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Illustration
    
Les vitres éteintes.

Quand le gel attise les étoiles,
Si légères dans la nuit d’hiver,
Volettent les cendres des poètes.

Ils furent des morts discrets :
Un paquet-poste pour cercueil,
Une lettre pour épitaphe.

Maintenant ils ont fait leur nid,
Cherchez-les dans la devinette,
Chasseurs dans l’arbre blottis.

Ne riez pas, perdez-vous dans les branches,
C’est ainsi que Pétrarque rejoignait
Celle par qui le laurier le ceignit.

Ne riez pas, les chasseurs sans fusil,
Tête en bas, nous écoutent et déboulent
Comme des lièvres d’entre les mots.

Ils sont l’oubli, le vent,
S’il pleut ils sont la pluie
Qui ne supplie personne.

Rose de neige, vigne effeuillée,
Nul ne vient sangloter
Sur les vitres éteintes.

J’écris vos noms, amis, soyez heureux,
Tout est sans nom, tout est poussière
Dans l’invisible où rien ne meurt.

(Gaston Puel)

 

Recueil: L’Âme errante et ses attaches

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FEU L’ÉTÉ (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2016



FEU L’ÉTÉ

Atre chaud des amants quand les serments y brûlent,
Bouche où germe la langue d’un autre que je suis,
Bouche qui m’attendra d’aussi loin que je vienne,
Et que j’habiterais, l’instant de naître, si j’étais…

Bouche close. Le soir a dressé ses murailles,
La plaie de ton visage, lézarde de mon être,
C’est le château de nuit que ton cri démantèle,
C’est la dalle abattue sur celui que je fus.

Ciseaux du froid, ouvrez la bouche qui s’est tue,
Qu’elle crache l’horreur du baiser qui la scelle,
Qu’elle parle à nouveau, qu’elle boive la neige !
Voici les jours sans tain et les miroirs fanés.

(Gaston Puel)

Illustration: Man Ray

 

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La nuit s’est coulée entre nous (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2016



Annoncée par une ronde de cris
La nuit s’est coulée entre nous
Nous sommes pris dans ses glaces
Plus loin que nos mains
Que voir d’autre que nous?
Que rêver ?
Le monde s’achève quelque part
Dans l’abandon d’une banquise

C’est le moment de dire notre saveur mortelle

Car la chaleur dont nous mourons se déprend chaque
jour de nos haillons de gloire

Ni la grotte ni la barque
Ni l’âne ni la vache
Ni la caverne ni la jument
Ne nous réchaufferont
Tous les ventres sont froids
Les choses nous regardent
Notre dos s’arrondit

Chaque grain de splendeur élevé sur sa tige
Distance chaque jour notre élan moissonneur
Nous voudrions séparer ce qui nous désaltère de ce qui
nous terrasse
Mais nous ne savons plus nommer les choses par leur grâce

Étranges dans l’étrange
Uniques dans le divers
Nous attendons l’éclipse
Qui nous décimera

(Gaston Puel)

Illustration

 

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Puisque le soleil décline (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2016



 

Puisque le soleil décline je dirai la ronde bosse d’un dos d’homme
Il s’éloigne et le soleil pénètre dans sa bouche illumine ses dents
Il danse vers l’abîme Des herbes l’accompagnent
La poussière le suit dans l’ombre de ses jambes

(Gaston Puel)

Illustration: Erich Heckel

 

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Qui le prononcera? (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2016



Quand l’homme est né il ne cesse de naître
De quel mot désigner ce qui l’enfantera?
Ce mot déchire l’air comme un rire l’amour
Qui le prononcera? Le serpent change d’âme

Les yeux se sont ouverts et les mains dénouées
Ont saisi la jument le silex l’amadou
Les pieds ont su marcher la bouche s’abîmer
Mais dans son dos un astre s’enfle qui l’attire :

O Prestigieux aimant – nos larmes contenues.

(Gaston Puel)


Illustration: Odilon Redon

 

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J’habitais un corps lézardé (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2016



J’habitais un corps lézardé;
il dut se fendre d’un coup:
je reçus l’aube
comme un baquet d’eau fraîche

(Gaston Puel)

Illustration

 

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