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Poésie

Posts Tagged ‘(Gaston Puel)’

Chus du désir (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Dans l’amour devenus
Ces blancs fardeaux du Vide
Les amants se ressemblent

Transparents
Les miroirs sont leurs gîtes

Chus du désir
Lunes transies
Ils se séparent

(Gaston Puel)

Illustration: Edvard Munch

 

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Les vitres éteintes (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017



Illustration
    
Les vitres éteintes.

Quand le gel attise les étoiles,
Si légères dans la nuit d’hiver,
Volettent les cendres des poètes.

Ils furent des morts discrets :
Un paquet-poste pour cercueil,
Une lettre pour épitaphe.

Maintenant ils ont fait leur nid,
Cherchez-les dans la devinette,
Chasseurs dans l’arbre blottis.

Ne riez pas, perdez-vous dans les branches,
C’est ainsi que Pétrarque rejoignait
Celle par qui le laurier le ceignit.

Ne riez pas, les chasseurs sans fusil,
Tête en bas, nous écoutent et déboulent
Comme des lièvres d’entre les mots.

Ils sont l’oubli, le vent,
S’il pleut ils sont la pluie
Qui ne supplie personne.

Rose de neige, vigne effeuillée,
Nul ne vient sangloter
Sur les vitres éteintes.

J’écris vos noms, amis, soyez heureux,
Tout est sans nom, tout est poussière
Dans l’invisible où rien ne meurt.

(Gaston Puel)

 

Recueil: L’Âme errante et ses attaches

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FEU L’ÉTÉ (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2016



FEU L’ÉTÉ

Atre chaud des amants quand les serments y brûlent,
Bouche où germe la langue d’un autre que je suis,
Bouche qui m’attendra d’aussi loin que je vienne,
Et que j’habiterais, l’instant de naître, si j’étais…

Bouche close. Le soir a dressé ses murailles,
La plaie de ton visage, lézarde de mon être,
C’est le château de nuit que ton cri démantèle,
C’est la dalle abattue sur celui que je fus.

Ciseaux du froid, ouvrez la bouche qui s’est tue,
Qu’elle crache l’horreur du baiser qui la scelle,
Qu’elle parle à nouveau, qu’elle boive la neige !
Voici les jours sans tain et les miroirs fanés.

(Gaston Puel)

Illustration: Man Ray

 

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La nuit s’est coulée entre nous (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2016



Annoncée par une ronde de cris
La nuit s’est coulée entre nous
Nous sommes pris dans ses glaces
Plus loin que nos mains
Que voir d’autre que nous?
Que rêver ?
Le monde s’achève quelque part
Dans l’abandon d’une banquise

C’est le moment de dire notre saveur mortelle

Car la chaleur dont nous mourons se déprend chaque
jour de nos haillons de gloire

Ni la grotte ni la barque
Ni l’âne ni la vache
Ni la caverne ni la jument
Ne nous réchaufferont
Tous les ventres sont froids
Les choses nous regardent
Notre dos s’arrondit

Chaque grain de splendeur élevé sur sa tige
Distance chaque jour notre élan moissonneur
Nous voudrions séparer ce qui nous désaltère de ce qui
nous terrasse
Mais nous ne savons plus nommer les choses par leur grâce

Étranges dans l’étrange
Uniques dans le divers
Nous attendons l’éclipse
Qui nous décimera

(Gaston Puel)

Illustration

 

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Puisque le soleil décline (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2016



 

Puisque le soleil décline je dirai la ronde bosse d’un dos d’homme
Il s’éloigne et le soleil pénètre dans sa bouche illumine ses dents
Il danse vers l’abîme Des herbes l’accompagnent
La poussière le suit dans l’ombre de ses jambes

(Gaston Puel)

Illustration: Erich Heckel

 

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Qui le prononcera? (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2016



Quand l’homme est né il ne cesse de naître
De quel mot désigner ce qui l’enfantera?
Ce mot déchire l’air comme un rire l’amour
Qui le prononcera? Le serpent change d’âme

Les yeux se sont ouverts et les mains dénouées
Ont saisi la jument le silex l’amadou
Les pieds ont su marcher la bouche s’abîmer
Mais dans son dos un astre s’enfle qui l’attire :

O Prestigieux aimant – nos larmes contenues.

(Gaston Puel)


Illustration: Odilon Redon

 

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J’habitais un corps lézardé (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2016



J’habitais un corps lézardé;
il dut se fendre d’un coup:
je reçus l’aube
comme un baquet d’eau fraîche

(Gaston Puel)

Illustration

 

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Le simple bonheur (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2015


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Ce matin je dirai le simple bonheur
d’un homme allongé au creux d’une barque
L’oblongue coquille d’un canot s’est refermée sur lui
Il dort
C’est une amande
La barque comme un lit épouse son sommeil


(Gaston Puel)

Illustration: Jean Clos

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Mon regard est l’aveuglé (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2015


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Le soir le chant du merle
Du paysage fait une grappe
Sous la treille des étoiles.

Chaque chose que je nomme
(Arbre, pré, buisson, labour)
De la pensée se détourne.

Mon regard est l’aveuglé
Du tout sans nom
qui me regarde.


(Gaston Puel)

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Les amants se ressemblent (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2015


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Dans l’amour devenus
Ces blancs fardeaux du Vide
Les amants se ressemblent

Transparents
Les miroirs sont leurs gîtes

Chus du désir
Lunes transies
Ils se séparent

(Gaston Puel)

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