Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘gaze’

L’intérieur de la rose (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’intérieur de la rose

Où est, pour cet intérieur,
un palpable contour ? Sur quelle douleur
pose-t-on cette gaze ?
Quels ciels se reflètent
dans le lac intérieur
de ces roses écloses,
insouciantes, vois :
comment elles reposent
dans le délié des choses,
comme si la main qui tremble
ne pouvait les effeuiller.
Elles peuvent à peine
se tenir; beaucoup se laissèrent
combler et débordent
d’espace intérieur
dans les jours qui toujours
plus pleins se closent
jusqu’à ce que l’été devienne chambre,
une chambre dans un rêve.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au soir (Henri Pichette)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018




    
Au soir,
L’endormement des petits oiseaux.
Dans le reposoir du rosier sauvage
L’aiguille libellule immobilise la gaze des ailes.
Un effet de lune bombe la face de l’étang.
Restes d’un feu de jardinier,
Mille braises tremblantes
Rêvent leur fumée.

(Henri Pichette)

 

Recueil: Poèmes offerts
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La gazelle (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018




La gazelle

Née d’un songe flottant
– Depuis Dieu sait quel temps! –
Elle est faite de gaze
Et de longs reflets d’ailes,
La petite gazelle.
Si la lionne la terrasse,
Elle abandonne à la clairière
Son corps luisant.
Redevenue légère
Comme un songe flottant
– Depuis Dieu sait quel temps! –
Elle regagne la lumière
D’un bond éblouissant.

(Maurice Carême)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Geng-lou-zi (Wen Ting-yun)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Geng-lou-zi

Longues tiges de saules
Fine pluie de printemps
Par-delà les fleurs, lointains échos de la clepsydre
Effrayées : oies sauvages hors des passes
Envolées : corneilles sur les remparts
Surgi du paravent peint, un couple de perdrix d’or

Brume parfumée
Infiltrée dans la gaze
Pavillon sur l’eau où rôdent les plaisirs d’antan
Tourne la bougie rouge
Le rideau brodé est baissé
Long rêve de toi : tu ne le sais pas !

(Wen Ting-yun)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Demoiselle (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
La Demoiselle

Dans un jour de printemps, est-il rien de joli
Comme la demoiselle, aux quatre ailes de gaze,
Aux antennes de soie, au corps svelte et poli,
Tour à tour émeraude, ou saphir ou topaze ?

Elle vole dans l’air quand le jour a pâli ;
Elle enlève un parfum à la fleur qu’elle rase ;
Et le regard charmé la contemple en extase
Sur les flots azurés traçant un léger pli.

Comme toi, fleur qui vis et jamais ne te fanes,
Oh ! que n’ai-je reçu des ailes diaphanes !
Je ne planerais pas sur ce globe terni !

Aux régions de l’âme, où nul mortel ne passe,
J’irais, cherchant toujours dans les cieux, dans l’espace,
Le monde que je rêve, éternel, infini !

(Louise Colet)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

QUAND JE REGARDE L’HORIZON BLEU… (Gustavo Adolfo Bécquer)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




QUAND JE REGARDE L’HORIZON BLEU…

Quand je regarde l’horizon bleu
Se perdre au loin,
À travers une gaze de poussière
Dorée et inquiète,
Il me paraît possible de m’arracher
De ce sol misérable,
De flotter avec la brume dorée
En atomes légers, –
Épars comme elle.

Quand, la nuit, je regarde dans le fond
Obscur du ciel
Les étoiles trembler comme d’ardentes
Pupilles de feu,
Il me paraît possible de monter d’un seul vol
Jusqu’où elles brillent,
De me noyer dans leur clarté, et,
Incendié de lumière,
Me fondre avec elles en un baiser.

Sur la mer du doute où je voyage
Je ne sais pas même en quoi je crois.
Cependant, cette inquiétude et ces élans me disent
Que je porte quelque chose
De divin en moi.

***

CUANDO MIRO EL AZUL HORIZONTE…

Cuando miro el azul horizonte
Perderse a lo lejos,
Al través de una gasa de polvo
Dorado e inquieto;
Me parece posible arrancarme
Del mísero suelo
Y flotar con la niebla dorada
En átomos leves
Cual ella deshecho.

Cuando miro de noche en el fondo
Oscuro del cielo
Las estrellas tremblar como ardientes
Pupilas de fuego;
Me parece posible a do brillan
Subir en un vuelo
Y anegarme en su luz, y con ellas
En lumbre encendido
Fundirme en un beso.

En el mar de la duda en que bogo
Ni aun sé lo que creo;
Sin embargo, estas ansias me dicen
Que yo llevo algo
Divino aquí dentro.

(Gustavo Adolfo Bécquer)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous (Rabah Belamri)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Giampaolo Ghisetti
    
nous
entre ciel et terre
comme arc de lumière
après passage d’orage

j’écarte la gaze de ton nom
ton feu me cerne d’une violence d’éternité

il n’y a plus d’énigme entre nous
ni l’aveu du poème

(Rabah Belamri)

 

Recueil: Corps Seul
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Des joyaux de marées (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



   Illustration: Jolly Koh
    
des joyaux de marées descendues de l’écume des
mots dans une dentelle de hurlements
qui suent
la révolte dans les gazes des yeux
la couleur d’un baiser follement consenti
à une fleur cervicale
dans l’urne des divagations

une encre meut ses arabesques vespérales
ses arabesques hurlantes

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: … Et nous apprîmes
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Valse (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017




La Valse

Dans un flot de gaze et de soie,
Couples pâles, silencieux,
Ils tournent, et le parquet ploie,
Et vers le lustre qui flamboie
S’égarent demi-clos leurs yeux.

Je pense aux vieux rochers que j’ai vus en Bretagne,
Où la houle s’engouffre et tourne, jour et nuit,
Du même tournoiement que toujours accompagne
Le même bruit.

La valse molle cache en elle
Un languissant aveu d’amour.
L’âme y glisse en levant son aile :
C’est comme une fuite éternelle,
C’est comme un éternel retour.

Je pense aux vieux rochers que j’ai vus en Bretagne,
Où la houle s’engouffre et tourne, jour et nuit,

Du même tournoiement que toujours accompagne
Le même bruit.

Le jeune homme sent sa jeunesse,
Et la vierge dit :  » Si j’aimais ?  »
Et leurs lèvres se font sans cesse
La douce et fuyante promesse
D’un baiser qui ne vient jamais.

Je pense aux vieux rochers que j’ai vus en Bretagne,
Où la houle s’engouffre et tourne, jour et nuit,
Du même tournoiement que toujours accompagne
Le même bruit.

L’orchestre est las, les valses meurent,
Les flambeaux pâles ont décru,
Les miroirs se troublent et pleurent.
Les ténèbres seules demeurent,
Tous les couples ont disparu.

Je pense aux vieux rochers que j’ai vus en Bretagne,
Où la houle s’engouffre et tourne, jour et nuit,
Du même tournoiement que toujours accompagne
Le même bruit.

(René-François Sully Prudhomme)

Illustration: Félix Vallotton

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ottilie (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2015



Hans Veit Schnorr von Carolsfeld Bildnis _Juliane_Ottilie_c1808

Ottilie

Des lèvres de bacchide et des yeux de madone,
Des sourcils bifurqués où le diable a son pleige ;
Ses cheveux vaporeux que le peigne abandonne
Sont couronnés de fleurs plus froides que la neige.

Vient-elle de l’alcôve ou bien de l’ossuaire,
Lorsque ses mules d’or frôlent les dalles grises ?
Est-ce voile d’hymen ou funèbre suaire,
La gaze qui palpite aux vespérales brises ?

Autour du burg, la lune, aux nécromants fidèle,
Filtre en gouttes d’argent à travers les ramures.
Et l’on entend frémir, ainsi que des coups d’aile,
Des harpes, dans la salle où rêvent les armures.

(Jean Moréas)

Illustration: Hans Veit Schnorr von Carolsfeld Bildnis

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :