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Poésie

Posts Tagged ‘gazon’

Trou de taupes (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



Trou de taupes
De mes poèmes dans les gazons
De la pensée

Petits cônes de terre meuble
Que le mystère a repoussé
En creusant
Le noeud obscur de ses galeries
Sous la raison

On dit qu’Homère était aveugle
Lui aussi

(Werner Lambersy)

 

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Fenêtres ouvertes Le matin – En dormant (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020



Illustration: Mustapha Merchaoui
    
Fenêtres ouvertes
Le matin – En dormant

J’entends des voix. Lueurs à travers ma paupière.
Une cloche est en branle à l’église Saint-Pierre.
Cris des baigneurs. Plus près ! plus loin ! non, par ici !
Non, par là ! Les oiseaux gazouillent, Jeanne aussi.
Georges l’appelle. Chant des coqs. Une truelle
Racle un toit. Des chevaux passent dans la ruelle.
Grincement d’une faux qui coupe le gazon.
Chocs. Rumeurs. Des couvreurs marchent sur la maison.
Bruits du port. Sifflement des machines chauffées.
Musique militaire arrivant par bouffées.
Brouhaha sur le quai. Voix françaises. Merci.
Bonjour. Adieu. Sans doute il est tard, car voici
Que vient tout près de moi chanter mon rouge-gorge.
Vacarme de marteaux lointains dans une forge.
L’eau clapote. On entend haleter un steamer.
Une mouche entre. Souffle immense de la mer.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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Les Nuages (Léon Dierx)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (2)

Les Nuages

Couché sur le dos, dans le vert gazon,
Je me baigne d’ombre et de quiétude.
Mes yeux ont enfin perdu l’habitude
Du spectacle humain qui clôt la prison
Du vieil horizon.

Là-bas, sur mon front passent les nuages.
Qu’ils sont beaux, mon âme ! et qu’ils sont légers,
Ces lointains amis des calmes bergers !
S’en vont-ils portant de divins messages,
Ces blancs messagers ?

Comme ils glissent vite ! – Et je pense aux femmes
Dont la vague image en nous flotte et fuit.
Le vent amoureux qui de près les suit
Disperse ou confond leurs fluides trames ;
On dirait des âmes !

Rassemblant l’essor des désirs épars,
Ivre du céleste et dernier voyage,
À quelque âme errante unie au passage,
Mon âme ! là-haut, tu me fuis, tu pars
Comme un blanc nuage !

(Léon Dierx)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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Banalité (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



 

Alberto Quintero - (8)

Banalité

L’océan d’argent couvre tout
Avec sa marée incrustante.
Nous avons rêvé jusqu’au bout
Le legs d’un oncle ou d’une tante.

Rien ne vient. Notre cerveau bout
Dans l’Idéal, feu qui nous tente,
Et nous mourons. Restent debout
Ceux qui font le cours de la rente.

Etouffé sous les lourds métaux
Qui brûlèrent toute espérance,
Mon coeur fait un bruit de marteaux.

L’or, l’argent, rois d’indifférence
Fondus, puis froids, ont recouvert
Les muguets et le gazon vert.

(Charles Cros)

Illustration: Alberto Quintero

 

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En sourdine (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



 Joseph Noel Paton -« Hesperus »

En sourdine

Calmes dans le demi-jour
Que les branches hautes font,
Pénétrons bien notre amour
De ce silence profond.

Fondons nos âmes, nos coeurs
Et nos sens extasiés,
Parmi les vagues langueurs
Des pins et des arbousiers.

Ferme les yeux à demi,
Croise tes bras sur ton sein,
Et de ton coeur endormi
Chasse à jamais tout dessein.

Laissons-nous persuader
Au souffle berceur et doux
Qui vient à tes pieds rider
Les ondes de gazon roux.

Et quand, solennel, le soir
Des chênes noirs tombera,
Voix de notre désespoir,
Le rossignol chantera.

(Paul Verlaine)

Illustration: Joseph Noel Paton

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Quel arbre (Nicolas-Germain Léonard)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



 

Olga Naletova   - (21)

Quel arbre, en ce moment, lui prête son ombrage ?
Quel gazon s’embellit sous ses pieds caressants ?
Quelle onde fortunée a reçu son image ?
Quel bois mélodieux répète ses accents ?

Que ne suis-je la fleur qui lui sert de parure,
Ou le noeud de ruban qui lui presse le sein,
Ou sa robe légère, ou sa molle chaussure,
Ou l’oiseau qu’elle baise et nourrit de sa main !

(Nicolas-Germain Léonard)

Illustration: Olga Naletova

 

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Parle-moi ! (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019


 


 

Pier Toffoletti 001

Parle-moi ! Que ta voix me touche !
Chaque parole sur ta bouche
Est un écho mélodieux !
Quand ta voix meurt dans mon oreille,
Mon âme résonne et s’éveille,
Comme un temple à la voix des dieux !

Un souffle, un mot, puis un silence,
C’est assez : mon âme devance
Le sens interrompu des mots,
Et comprend ta voix fugitive,
Comme le gazon de la rive
Comprend le murmure des flots.

Un son qui sur ta bouche expire,
Une plainte, un demi-sourire,
Mon cœur entend tout sans effort :
Tel, en passant par une lyre,
Le souffle même du zéphyre
Devient un ravissant accord !

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: Pier Toffoletti

 

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TROMPERIE (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019




TROMPERIE

1
Printemps. Le matin est ivre de soleil,
Plus net le parfum des roses sur la terrasse,
Le ciel a plus d’éclat qu’une faïence bleue.
Le cahier est relié en maroquin très souple,
J’y lis des stances et des élégies,
Qui furent écrites pour ma grand-mère.

Je vois le chemin jusqu’à la grille, les bornes
Se détachent en blanc sur l’émeraude du gazon.
Oh! ce coeur est plein d’un amour exquis, aveugle.
Et quelle joie! ces couleurs, dans les massifs,
Et dans le ciel le cri aigu du corbeau noir,
La voûte du cellier au profond de l’allée.

2
Le vent souffle chaud, étouffant.
Le soleil brûle les mains.
La voûte de l’air sur la tête,
On dirait un verre bleu.

Odeur sèche des immortelles
Dans ma tresse qui se défait.
Sur le tronc rugueux du sapin
Une route pour les fourmis.

Reflets paresseux sur l’étang.
Vie légère, comme jamais…
Aujourd’hui j’ai cru voir quelqu’un
(Mais qui?) dans le hamac léger.

3
Soir bleu. Les vents sont apaisés,
La lumière veut que je rentre.
Qui est là? Devine… un fiancé?
Et pourquoi pas mon fiancé ?…

Sur la terrasse une silhouette familière,
On parle, mais très doucement.
Oh, je n’avais jamais éprouvé jusqu’ici
Une langueur si séduisante.

Les peupliers frémissent d’inquiétude,
Visités par des rêves de tendresse
Le ciel est couleur d’acier bruni,
La pâleur des étoiles est mate.

Je tiens un bouquet de giroflées blanches.
Elles cachent un feu secret, pour brûler
Celui qui les prendra de mes mains timides,
En effleurant ma paume tiède.

4
J’ai écrit des mots
Que longtemps je n’ai pas osé dire.
Le mal de tête m’engourdit,
Mon corps est comme insensible.

Le cor au loin s’est tu, mon coeur
Ressasse les mêmes énigmes,
Une légère neige d’automne
A recouvert le terrain de croquet.

Les feuilles bientôt ne frémiront plus !
La pensée bientôt oubliera ses tourments.
Je ne voulais pas être une gêne
Pour ceux dont le devoir est de se divertir.

J’ai pardonné à ces lèvres rouges
Leur cruelle plaisanterie…
Vous viendrez nous voir demain
En foulant aux pieds la première neige.

On allumera des bougies,
De jour leur éclat est plus doux,
On apportera un bouquet
De roses cueillies dans l’orangerie.

(Anna Akhmatova)

 

 

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SENTIMENTS DU SOIR (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo d4

SENTIMENTS DU SOIR

Le jour s’éteint : la nuit, sur l’émail de la plaine.
Épanche les trésors de son urne d’ébène,
Et la lune, dans l’onde, humectant sa blancheur,
Du gazon qui s’y baigne argente la fraîcheur.
Le vent, dans les forêts qu’éveille son passage,
Comme un luth végétal fait frémir le feuillage.
C’est l’heure où l’âme entend ceux qu’on pleure tout bas,
Où nos anges gardiens sont plus près de nos pas,
Où le poète, ami de leur vol solitaire,
Accorde sa pensée aux soupirs de la terre.
Lyre intime du cœur, si prompte à t’émouvoir,
Réponds, comme les bois, aux caresses du soir :
A tes premiers concerts la douleur te rappelle.
Tu n’as point à chercher quelque note nouvelle,
Gémis ; et s’il existe, en de lointains climats,
Un ami de mon deuil, que je ne connais pas,
Prends tes ailes de flamme, et, comme un pur génie,
Va saluer ses pleurs d’un baiser d’harmonie.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Pressentiment? (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Pressentiment? cette Ombre longue? sur le Gazon?
Signe que les Soleils déclinent?

L’annonce à l’Herbe effarée
Que la Ténèbre? va passer?

***

Presentiment? is that long shadow? on the Lawn?
Indicative that Suns go down?

The notice to the startled Grass
That Darkness? is about to pass?

(Emily Dickinson)

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