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Posts Tagged ‘gazouillis’

La flûte (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

La flûte

A STEPHANE MALLARME

Au temps du gazouillis des feuilles, en avril,
La voix du divin Pan s’avive de folie,
Et son souffle qui siffle en la flûte polie
Eveille les désirs du renouveau viril.

Comme un appel strident de naïade en péril
L’hymne vibre en le vert de la forêt pâlie
D’où répond, note à note, écho qui se délie,
L’ironique pipeau d’un sylvain puéril.

Le fol effroi des vents avec des frous-frous frêles
Se propage en remous criblés de rayons grêles
Du smaragdin de l’herbe au plus glauque des bois :

Et de tes trous, Syrinx, jaillissent les surprises
Du grave et de l’aigu, du fifre et du hautbois,
Et le rire et le rire et le rire des brises.

(Stuart Merrill)

 

 

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l’Or (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018


coeuror_1

Sans ceci – rien n’existe –
Tout autre Trésor est
Tel le gazouillis d’un Oiseau –
Ouï face à la Mer –

Je n’avais cure – de gagner
Un moindre que le Tout –
Car ceci ne les incluait-il pas –
Comme coutures – la Pelote ?

J’aimerais qu’il y ait un moyen
De subdiviser mon Coeur –
Cela amplifierait – la Gratitude –
Sans diminuer – l’Or –

(Emily Dickinson)

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Le touche-à-tout me touche (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



 

    

Le touche-à-tout me touche
et j’en éprouve des gazouillis
sous la luette et le membre.
Mais je voudrais qu’il n’oublie
ni le ciel ni l’aisselle.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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La Princesse Lointaine (Jaufré Rudel)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Illustration: Alphonse Mucha
    
La Princesse Lointaine

Quand le ruisseau de la fontaine
S’éclaircit et la marjolaine
Au joyeux soleil du printemps
Et que du rossignol le chant
S’élève et module et s’affine
Sur les branches de l’aubépine,
Il faut que j’entonne le mien.

Amour de la terre lointaine
Pour vous tout mon corps est dolent,
Car ne fut plus gente chrétienne.
Heureux pour qui elle est parlant

De désir mon cœur est tiré
Vers cette dame qu’entre tous j’aime.
Pour elle ai toujours soupiré,
Mais ne veux pas que l’on me plaigne,
car de la douleur naît la joie.

Lorsque les jours sont longs en mai,
Le doux chant des oiseaux me plaît
Et quand peu à peu il s’éteint
D’un amour lointain me souvient.
Je marche alors tête baissée
Et non plus que saison glacée
Me plaît le chant d’oiseau
ou le gazouillis du ruisseau.
Je le tiendrai pour vrai Seigneur
Par qui verrai l’amour lointain,
Mais malgré l’espoir de tel heur
J’ai mal, car il est trop lointain.

Ah ! que ne suis-je pèlerin
Là-bas pour porter le bourdon
Et recevoir le meilleur don
D’être contemplé par ses yeux.
Jamais d’amour ne jouirai
Sinon de cet amour lointain,

Car femme ne connais meilleure
Ni plus gracieuse en cette heure
De nulle part, ni près ni loin.
Pour elle et pour lui rendre soin
Je consens à être captif
Là-bas au pays sarrasin.

Il dit vrai celui qui m’appelle
Le désireux d’amour lointain,
Car nulle autre joie ne révèle
que jouir de l’amour lointain,
Mes tous mes vœux sont inutiles
Et je me suis voué à ce sort
D’aimer toujours sans être aimé.

(Jaufré Rudel)

 

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Plainte d’Automne (Bernard de Louvencourt)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2017




    
Plainte d’Automne

Entends soudain, dans la rousseur des champs,
Cet hymne lent que la nature entonne…
Entends ! les bois ont des accents touchants
D’automne.

Tout s’est fané. L’été meurt aux buissons.
L’autre saison sourit, frêle et morose,
Vient se bercer au loin de longs frissons
De rose…

Adieu les fleurs ! Adieu les papillons !
L’arbre jaunit, se balance et s’allège,
Et l’on croirait, à voir ses tourbillons,
Qu’il neige.

Les gazouillis ont déserté les bois :
Il n’est plus rien des notes que tu cueilles.
C’est vrai. Mais tout est plus vibrant de voix
De feuilles.

C’est une plainte au loin se soulevant,
Et qui palpite et qui retombe, lasse ;
Et, tant de pleurs ne sont qu’un peu de vent
Qui passe…

Quand elle souffle et vient tout affoler
Devines-tu que les heures sont brèves?
Rêves-tu donc — ou crains-tu d’envoler
Tes rêves?

Peut-être au vent crispé du clair matin,
Regrettes-tu la chaleur qui sommeille ;
L’aimes-tu mieux, sur des cieux de satin,
Vermeille?

Réfléchis-tu que nous sommes ainsi
Que cette fouille à terre, tournoyante,
— Jamais constants parce que le Souci
Nous hante?

Réfléchis-tu que la feuille en remous
Est notre image et celle de la vie :
Près du bonheur que chacun d’entre nous
Dévie?

Réfléchis-tu que ce tourbillon d’or
Est le destin qui chaque jour emporte ;
Que nous mourrons… et que l’âme qui dort
Est morte ?

Écoute, long, le charme frissonnant
De ce qui tombe au grand bois qui fredonne ;
Suis cette course — au vent — traînant —
D’automne…

(Bernard de Louvencourt)

 

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Flaque de lumière (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2017




    
Flaque de lumière,
Flaque d’eau,
Au sein de l’éternelle rotation des astres,
Cette brève flamme chasse la lente grisaille
D’un après-midi.

Flaque de lumière,
Flaque d’eau,
Attirant quelques moineaux : leurs gazouillis
Rappellent un instant le bonheur terrestre :
La soif étanchée.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Flaque de lumière (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017



Flaque de lumière,
Flaque d’eau,
Au sein de l’éternelle rotation des astres,
Cette brève flamme chasse la lente grisaille
D’un après-midi.

Flaque de lumière,
Flaque d’eau,
Attirant quelques moineaux : leurs gazouillis
Rappellent un instant le bonheur terrestre :
La soif étanchée.

(François Cheng)

Illustration

 

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Bouquet à la Graefin (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2015



Anna Dorothea Therbusch Gräfin_Lichtenau [800x600]

Bouquet à la Graefin

Parc ducal. Le ciel fige en du smalt les branches.
Dans les nids, gazouillis d’oisels et d’oiselles.
Seigneurs très chamarrés, gentes damoiselles.
Des fleurs rouges, des fleurs jaunes, des fleurs blanches.

Cheveux longs à la brise épars, courbes hanches.
Vos lèvres s’irisaient de vin de Moselle.
J’ai humé longuement vos yeux de gazelle,
Derrière les buissons piqués de pervenches.

Vieux chambellan gâteux en culotte courte,
Vous offrit, sur un plat d’argent, de la tourte,

Avec un madrigal suranné, Graefin ;
Il vous baisa le bout de votre main lisse ;
Vous lui fîtes, je crois, des yeux en coulisse
Et vous ne sûtes point que j’avais le spleen.

(Jean Moréas)

Illustration: Anna Dorothea Therbusch

 

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