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Poésie

Posts Tagged ‘geai’

L’ogre (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2019


 

L’ogre avait beau manger,
Avaler, dévorer,
Des chevreuils vivants,
Des ventres d’enfants,

Des yeux de taureau,
Des fleurs de sureau;

Il avait beau manger
Jusqu’aux plumes de geai,

Rien ne rendait
Sa chair plus gaie.

(Guillevic)

 

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Aux jours courts … (Peire d’Auvergne)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



Aux jours courts et aux longues soirées,
quand l’air vif s’assombrit,
je veux que de branche et feuillage, mon savoir
devienne joie nouvelle et fruits et fleurs,
car je vois les chênes perdre leurs feuilles.
Se retirent dans la neige et la froidure,
le rossignol, la grive, le geai et le pivert.

(Peire d’Auvergne)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Avoir tout dit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



    
Avoir tout dit
et ne plus rien dire
Accéder enfin au chant
par le pur silence
T’ouvrant là
sans retenue
A l’appel d’un geai
Aux cris des cigales
Au pin jaillit de toi
te brisant les entrailles…

(François Cheng)

 

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Je t’aime… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration: Oskar Kokoschka  
    

Je t’aime…

I
Je t’aime et je ne sais ce que je te voudrais.
Hier res jambes douces et claires ont tremblé
quand ma gorge t’a touché, lorsque je courais.
II
Moi, le sang a coulé plus fort comme une roue,
jusqu’à ma gorge, en sentant tes bras ronds et doux
luire à travers ta robe connue des feuilles de houx.
I
Je t’aime et je ne sais pas ce que je voudrais.
Je voudrais me coucher et je m’endormirais…
La gentiane est bleue et noire à la forêt.
II
Je t’aime. Laisse-moi te prendre dans mes bras…
La pluie luit au soleil sur les arbres du bois…
Laisse-moi t’endormir et tu m’endormiras.
I
J’ai peur. Je t’aime et ma tête tourne, pareille
aux ruches du vieux banc оù sonnaient les abeilles
qui revenaient gluantes des raisins des treilles.
II
fait chaud. Les blés sont remplis de fleurs rouges.
Couche-toi dans les blés et donne-moi ta bouche.
Les mouches bleues au bas de la prairie — écoute ?
I
La terre est chaude. Il y a là-bas des cigales
près du vieux mur où sont des roses du Bengale,
sur l’écorce blanche et rugueuse des platanes.
II
La vérité est nue et mets-toi nue aussi.
Les épis crépiteront sous ton corps durci
par la jeunesse de l’amour qui le blanchit.
I
Je n’ose pas, mais je voudrais être nue ce soir…
Mais tu me toucherais et j’aurais peur de toi.
Je serais toute blanche et le soir serait noir.
II
Les geais ont crié dans le bois, car ils aiment.
Les capricornes luisants s’accrochent aux chênes.
Les abeilles qui aiment les longs vols blonds essaiment.
I
Prends-moi entre tes bras. Je ne peux plus qu’aimer
et ma chair est en air, en feu et en lumière,
et je veux te serrer comme un arbre un lierre.
II
Les troupeaux de l’Automne vont aux feuilles jaunes,
la tanche d’or à l’eau et la beauté aux femmes
et le corps va au corps et l’âme va à l’âme.

(Francis Jammes)

 

Recueil: De l’Angelus de l’aube à l’Angelus du soir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Fruits verts… (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



 

Fruits verts…

Castilles
cerises
aigres

groseille
geai
et pie

cassis
rumeur
acide

(Paul Louis Rossi)

Illustration

 

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Peut-être bien (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
Peut-être bien que les hommes après tout
ne sont pas faits pour vivre dans les maisons
mais dans les arbres
et encore
pas comme l’écureuil ou le singe d’Afrique
qui sont des enfants espiègles et craintifs
mais comme les oiseaux
et encore
pas comme le loriot bavard ou le geai plus rogue
qu’un chien de ferme et plus insupportable
qu’une porte qui grince
mais comme les oiseaux de haute volée de longs
voyages
qui n’y viennent que pour le repos
échanger quelques nouvelles lier connaissance
et prendre un peu de sang nouveau
avant de s’enfoncer dans le silence et l’anonyme
gloire du ciel
loin
[…]

(Guy Goffette)

 

Recueil: Éloge pour une cuisine de province
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE VERSANT D’EN FACE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration
    
LE VERSANT D’EN FACE

Arrivés tard dans la nuit
et le matin encore couchés
tous les bruits du dehors
(la montagne les arbres les oiseaux
peut-être même le ciel)
nous les écoutions sans bouger.

Nous n’avions rien encore revu
dans les phares du chemin
mais maintenant tout se mettait en place
derrière les volets par-dessus les tuiles
à partir du vieux lit :

un geai était parti sur le versant d’en face
la vigne caressait le mur
le silence passait entre deux vagues de vent
et cette tourterelle — nous ne la connaissions pas —
où pouvait-elle être ?

Nous restions allongés dans la chambre du fond
avec seulement la minuscule fente de lumière
qui tenait tout l’ensemble
en tremblant légèrement derrière le rideau.

Mais qui de nous irait ouvrir ?
Et pourquoi tant attendre ?

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Mais le bleu le léger mai (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



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Mais le bleu le léger mai
Il nous faudrait plume de geai
Pour peindre ô sympathies nos joies
Quand toutes les quand toutes les
Les revoici nos amours toutes revenues
Et moi qui n’en peux mais.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Viens nous-en… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration
    
Viens nous-en…

Viens nous-en aux pentes rudes
Où la bruyère fleurit,
Ecouter la solitude,
Le bris

De l’herbe sèche et la brume
S`égoutter des ajoncs morts;
Aux bouleaux mouillés qui fument
L’essor

Des geais fuyards, et cette aigre
Chanson vibrer du vent faux,
Promenant dans l’herbe maigre
Sa faux.

La rauque plainte s’étrangle
De l’eau sous les joncs fleuris,
D’où quelque vol en triangle
Surgit.

Ecoutons tomber les baies
Blettes au pied des sorbiers
Et pleurer la sourde plaie
De nos désirs prisonniers.

(Marie Dauguet)

 

 

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L’invisible contemple (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017



Illustration
    
L’invisible contemple,
Mais ne dit pas mot ;
L’invisible ressent,
Mais ne dit pas mot.
Parfois, trouant la mémoire,
Il nous réveille
Par un furtif geste.

La brume levée, le paysage
Un instant révélé :
Appel d’une prairie fleurie ?
Rappel d’une cascade cachée ?
Nous entendons pousser en nous
Le cri d’un geai,
Sans trouver le mot.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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