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Poésie

Posts Tagged ‘géant’

EVADNE (René Char)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



 

Bruno Di Maio 191

EVADNE

L’été et notre vie étions d’un seul tenant
La campagne mangeait la couleur de ta jupe odorante
Avidité et contrainte s’étaient réconciliées
Le château de Maubec s’enfonçait dans l’argile
Bientôt s’effondrerait le roulis de sa lyre
La violence des plantes nous faisait vaciller
Un corbeau rameur sombre déviant de l’escadre
Sur le muet silex de midi écartelé
Accompagnait notre entente aux mouvements tendres
La faucille partout devait se reposer
Notre rareté commençait un règne
(Le vent insomnieux qui nous ride la paupière
En tournant chaque nuit la page consentie
Veut que chaque part de toi que je retienne
Soit étendue à un pays d’âge affamé et de larmier géant).

C’était au début d’adorables années
La terre nous aimait un peu je me souviens.

(René Char)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Bruno Di Maio

 

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Le Grand Dodo (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019


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Le néant, je veux l’appeler
la néante, un mot qui me plaît:
j’y vois une maman géante
(j’ai failli dire une mamante)
qui parmi les étoiles d’or
bercera doucement ma moert.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Nous sommes des nains assis sur des épaules de géants (Bernard de Chartres)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



 

califourchon

Nous sommes des nains assis sur des épaules de géants.
Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux,
ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur,
c’est parce que nous sommes élevés par eux.

(Bernard de Chartres)

Illustration

 

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Un jour au mont Atlas (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



 

Giovanni Francesco Barbieri     Atlas

Un jour au mont Atlas

Un jour au mont Atlas les collines jalouses
Dirent : – Vois nos prés verts, vois nos fraîches pelouses
Où vient la jeune fille, errante en liberté,
Chanter, rire, et rêver après qu’elle a chanté ;
Nos pieds que l’océan baise en grondant à peine,
Le sauvage océan ! notre tête sereine,
A qui l’été de flamme et la rosée en pleurs
Font tant épanouir de couronnes de fleurs !

Mais toi, géant ! – d’où vient que sur ta tête chauve
Planent incessamment des aigles à l’oeil fauve ?
Qui donc, comme une branche où l’oiseau fait son nid,
Courbe ta large épaule et ton dos de granit ?
Pourquoi dans tes flancs noirs tant d’abîmes pleins d’ombre ?
Quel orage éternel te bat d’un éclair sombre ?
Qui t’a mis tant de neige et de rides au front ?
Et ce front, où jamais printemps ne souriront,
Qui donc le courbe ainsi ? quelle sueur l’inonde ?… –

Atlas leur répondit : – C’est que je porte un monde.

(Victor Hugo)

Illustration: Giovanni Francesco Barbieri

 

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Les gouttes d’eau sont bien des mondes (Louise Michel)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



Les gouttes d’eau sont bien des mondes;
Elles ont leurs monstres flottants.
Qui connaît leurs aurores blondes?
Qui sait leurs combats de géants
Et les splendeurs que la nature
Prodigue dans la moisissure,
Qui leur forme des continents ?

Grondez, grondez, flots monotones!
Passez, passez, heures et jours!
Frappez vos ailes, noirs cyclones;
Ô vents des mers! soufflez toujours;
Emportez, houles monotones!
Hivers glacés, pâles automnes,
Et nos haines et nos amours.

(Louise Michel)


Illustration: Corrie White

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Néfertiti (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018




    
Néfertiti

Qu’est-il advenu de l’âme
après tant d’amours

ah ce n’est plus un oiseau géant
qui agite ses ailes blanches
jusqu’à l’aube de chaque nuit

un papillon
est sorti des lèvres
de Néfertiti morte
un papillon
comme un souffle
coloré

que la route est longue
du dernier soupir
à l’éternité la plus proche

le papillon vole au-dessus de la tête
de Néfertiti morte
il l’enserre d’un cocon
de soie

Néfertiti
ô larve
faut-il attendre longtemps
ton départ

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

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La Bise (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



La Bise

La bise fait le bruit d’un géant qui soupire;
La fenêtre palpite et la porte respire;
Le vent d’hiver glapit sous les tuiles des toits;
Le feu fait à mon âtre une pâle dorure;

Le trou de ma serrure
Me souffle sur les doigts.

(Victor Hugo)


Illustration

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A Glendalough (Jacques Lovichi)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018




    
A Glendalough
dans le Wicklow antique
il est un lieu qui défie la mémoire
(intersection de l’espace
et du temps)
Comme une vermine
y pullulent les siècles
sous le granit où git
l’éternité

Là, contre ciel dardant son obscure menace,
un doigt géant
admoneste
les dieux.

(Jacques Lovichi)

 

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DRAGON (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration: William Blake
    
DRAGON

L’angoisse ne me quitte avec ses bouts dorés
Ses lignes ses terrasses
La peur de ce néant que j’ai toujours couché
Dans les cheveux des mortes fastes

un cauchemar géant déploie ses replis verts
Dans sa gueule le feu des pays sous les voiles
De l’amour — et l’inutile ardeur des bleus divers
Fume vers le ciel gouffre où le jour tue l’étoile

Ô midi! c’est ici dame que tu mourus
Digne mémoire et méditation des formes
Que je n’eus point sinon par nostalgies énormes.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES MACHINES (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



 

LES MACHINES

Les machines avaient commencé
Par rire comme des enfants
Qui semblaient vouloir amuser
Les gens de tous les continents.

Puis elles avaient tant grandi
Qu’elles étaient devenues comme
Des adolescents, puis des hommes
Précieusement munis d’outils.

Enfin, se fiant au silence
Et à la morne indifférence
De ceux qui en usaient,

Elles se mirent lentement
A devenir ces lourds géants
Qui nous broient dans leurs rets.

(Maurice Carême)

Illustration

 

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