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Poésie

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L’espérance se fortifie (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018




    
L’espérance se fortifie

Souvent au matin tu démêles tes cheveux
Souvent aux jours du gel tu donnes tes mains au feu
Souvent tu ris Souvent l’été — plonges dans l’eau
Et tu flânes amical au bord des lacs cristal

Souvent tu montes la sente et bois le café chaud
Souvent tu lis aux berges calmes des lampes soie
Souvent tu pleures souvent une femme est ta joie
Tu l’admires tu l’aimes — tu crois qu’elle est à toi

Souvent souvent — Que de chants tu ne peux dire :
Tout se lève au soleil dans les villes tout respire

— Tout homme a ses mains pleines combien différemment —

Alors tu vois
Tu vois comme il fait bon couler les jours de sang.

(Jean Pérol)
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Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Au seuil du foyer (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2018



Au seuil du foyer
Par la ronde et haute fenêtre
Je te voyais branler,
Branche d’hiver décharnée,
Et ne pouvais ou ne voulais comprendre
Si c’était message ou menace.
Etait-ce le vent
Qui te secouait par moments ?
Etait-ce le mouvement
De la faux moissonneuse de la mort ?
D’une indicible angoisse
Je t’étais redevable :
Ne pas m’abandonner à la tiédeur
Provisoire du feu et percevoir le gel
De ce pauvre ciel.

Alors, il n’était pas clair ton message.
Maintenant, devenu sage, je sais
Maintenant je sais
Que tu me disais non.

***

Dalla soglia del focolare
Attraverso la tonda, alta finestra
Ti vedevo brandire,
Spoglio ramo invernale,
Né potevo o volevo capire
Cosa tu m’annunciassi o minacciassi.
Era il vento
Che ti scoteva a tratti ?
Era il movimento
Della falce fienaia della morte
Ma di un’invincibile angoscia
Io t’ero debitore,
Ché non m’abbandonassi al tepore
Provvisorio del fuoco, ché percepissi il gelo
Di quel povero cielo.

Pure, non m’era chiaro il tuo messaggio.
Ora so, the son saggio,
Ora so
Che mi dicevi di no.

(Tommaso Landolfi)

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Apprends-nous (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2018



Illustration: Mylène Calvin    
    
Apprends-nous, nuit, à toucher le fond,
À gagner le non-lieu où sel
Et gel échangent leur secret,
Où souffle et source refont un.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une étincelle… (Hélène Cadou)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



Illustration
    
Une étincelle…

Une étincelle dans la neige
Les roses sous les doigts du gel
Sont moins fragiles que mon coeur
Pour vivre il me faut ton visage
Le ciel posé comme un miroir
Sur l’eau secrète d’une source.

(Hélène Cadou)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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LA POMME VERTE (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration: Christian Otte
    
LA POMME VERTE

Oubliée au jardin
dans la brume
le gel

frileuse elle se clôt
sur le secret de
son parfum.

L’enfant la voit
et la porte
à l’aïeule

qui dans son tablier
mauve la fait
briller

puis sur la maie la
pose près de la
planche à pain.

De son mystère
elle illumine la maison
la pomme verte.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Elles bavardent peu (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



Elles bavardent peu

Sauf peut-être
avec certains vents au long cours
ou quelque nuit de gel pur
longtemps soutenu

Elles se confient encore moins

Si ce n’est aux racines
de quelques très vieux troncs
aux bords de quelques sources
en montagne
et à la mer
où elles se couchent pour mourir
sous des marées
de courtisanes expertes
qui les épuisent
jusqu’aux langueurs de nos plages
ou l’exquise
douleur écumeuse des falaises

Elles ont pouvoirs sur nos seuils
puissance sur nos enceintes
et nos murailles
tirant orgueil des permanences
de la poussière

Comme des éponges bien vivantes
elles sont gonflées du chant
des mondes
font et défont sans fin
les noeuds quantiques de l’harmonie

(Werner Lambersy)

 

 

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Lidl (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



 

Lidl

Lidl

Les allées du Lidl
et les Gitanes
et leurs enfants
et les gâteaux qui rendent gros
et le mauvais whisky
et le papier cul qui se troue
et la queue interminable
et l’air conditionné
me rendent
heureux.
Il y a toujours
des articles improbables
boussoles de survie
casques de moto
réveil station météo
à côté
des petits-beurre
et du gel douche
qui pique
le sguègue.
Et tout ça
pour pas cher !

(Balbino)

 

 

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UNE PETITE MORTE (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ  Hyacinthos_1

UNE PETITE MORTE

Une petite morte
s’est couchée en travers de la porte.

Nous l’avons trouvée un matin, abattue
sur notre seuil
Comme un arbre de fougère plein de gel.

Nous n’osons plus sortir depuis qu’elle est là
C’est une enfant blanche dans ses jupes mousseuses
D’où rayonne une étrange nuit laiteuse.

Nous nous efforçons de vivre à l’intérieur
Sans faire de bruit
Balayer la chambre
Et ranger l’ennui
Laisser les gestes se balancer tout seuls
Au bout d’un fil invisible
À même nos veines ouvertes.

Nous menons une vie si minuscule et tranquille
Que pas un de nos mouvements lents
Ne dépasse l’envers de ce miroir limpide
Où cette sœur que nous avons
Se baigne bleue sous la lune
Tandis que croît son odeur capiteuse.

(Anne Hébert)

Illustration: Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ 

 

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FLÓRA (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    

FLÓRA (1)
« Hexamètres»

Croulent les tas de vieille neige,
le zinc de la gouttière fuit,
Fondent les blocs de gel noircis
que le jus de l’hiver délave
Avant de gonfler d’abondance
le gargouillis des caniveaux.
En-allés les jours si légers,
ah, le pauvre azur en frissonne !
Mais déjà un rouge désir
vers l’aube lance sa chemise :
Vois combien je t’aime, inquiet
de cet éveil, ô ma Flóra !
Ô ravissant dégel, tu as
arraché le deuil de mon coeur
Comme on libère du bandage
la plaie, et je prends mon essor !
Mе revient le flux de ton nom
tout de beauté, tout de douceur,
et je tremble songeant aux jours
d’hier, à ma vie loin de toi !

2
Mystères

Quand les mystères résonnent,
je suis au guet, mon amour.
Ma fidélité est comme
un carcan pour mon corps gourd.

Tu rougiras, comprenant
ce que ronde et le vent disent :
oeil et coeur… mes postulants
pour ta dévotion acquise…

Moi aussi, j’écris mon chant :
Si je t’aime, mon amour,
fais de même en allégeant
cet attachement si lourd !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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HAPPÉS SERONT LES CHANTS… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



 

 

Attila József
    
HAPPÉS SERONT LES CHANTS…

Happés seront les chants par le gel, le silence.
L’héroïsme, en douceur, fait taire sa cadence.
L’impétuosité
— La folle avidité —
Des passions sombre… sombre dans l’indolence.
Ne trichons pas. Il vaut mieux, n’est-ce pas
Et comme assurément me guette le trépas,
Ne me demande point de rester ici-bas.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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