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Poésie

Posts Tagged ‘gelé’

Dans le champ sous la tempête (Matsuo Basho)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2019



    

Illustration: Harunobu Suzuki

 

(Matsuo Basho)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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AVRIL (Reid Zychlinski)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019




    
AVRIL

Avril
La jeune verdure
Ne sait pas encore
Ce qu’elle désire
Comment fleurir
Rouge
Blanche
S’envoler peut-être?
Elle s’éprend, la nuit,
De chaque étoile
Et le matin
La trouve roide,
Gelée.
Avril.

(Reid Zychlinski)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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SUR LES ROUTES DE SIBÉRIE (H. Leivick)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019




    
SUR LES ROUTES DE SIBÉRIE

Sur les routes de Sibérie
On pourrait encore aujourd’hui retrouver le lacet
D’un de mes souliers déchirés,
Une ceinture en cuir, les débris d’une cruche,
Un feuillet du Livre sacré.

Sur les fleuves de Sibérie
On pourrait retrouver comme un signe, l’épave
De mon radeau submergé.
Dans la forêt un bout de corde ensanglantée
Dans la neige – des pas gelés.

(H. Leivick)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ortie aiguë (Henri Pichette)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018




Illustration
    
Ortie aiguë,
Pâle ciguë,
Je vous salue.

Crapaud gelé,
Tout bubelé,
Sois consolé.

Âme de l’âne,
Chardon ! bardane !
Point ne vous damne.

Hibou du bois
Qui meurs en croix,
Jésus te voit.

Lente limace
De basse extrace,
Entrez en grâce.

(Henri Pichette)

 

Recueil: Poèmes offerts
Traduction:
Editions: Gallimard

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D’une grande pureté (anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018


D’une grande pureté
Est la clarté de la lune
Qui brille au ciel.
L’eau qui la reflète
Est déjà gelée.

(anonyme)

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SUR L’ILE AUX OISEAUX (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



 

first_light_beaufort_island

 

SUR L’ILE AUX OISEAUX

Né du moi confus
du corps troublé et de l’esprit dément
né des pages du savoir
jetées au vent
né du vol de la mouette rieuse
et des échos de son cri
né des images embrasées
dans le sombre océan de la nuit
né de tant de contradictions
glace brûlante et feu gelé
le blanc, le vide, le nu
c’est cela que j’ai toujours recherché

***

Out of the personal chaos
the vagaries of body and mind
out of the leaves of knowledge
cast on the wind
out of the laughing gull’s throat
and the knife-edge of its flight
out of the blaze of images
in the black sea of night
out of the many contradictions
as of burning ice and frozen fire
the white, the empty, the naked
is what I desire

(Kenneth White)

Illustration
 

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Une rose rouge à ma main (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018




    
Une rose rouge à ma main
Si pure
chaque feuille brûle,
à l’instant c’est plein feu
en chacun de mes yeux, ma tête en feu.

Ô mat carmin
vin gelé qui
éclate soudain en flammes rouges
et sang couleur feu
chaleur des fontaines,
échappé des digues du coeur.

Je peux d’un regard prendre votre lumière,
je peux me coucher humblement, plume voletant,
haletant, haletant pour vous,
je peux me laver au fond des flaques,
je peux tout boire votre brillance
vos douces flammes.

Une rose rouge pour mon sommeil
voyez comme elle est sombre,
du sang dans mon sommeil
un rêve d’ambre,
sur une mer rouge rêvée, moi cap blanc.

Ô triste clapotis
et sombres chocs
autour de mon pied rêveur —
Ô fontaine de deuil,
rêve immobile de femme,
blanc éclatant et sombre comme la suie.

Je peux me rêver près de vous
je peux pleurer, à vos côtés,
vous si rouge dans mon âme —
vous volcan brûlant, â jamais furieux
où je suis tombé.

Mort, o mort,
sombre, sombre rouge figé,
viens, o viens.

Mes mains sont si chaudes —
mes yeux brûlent de fatigue
au fond de ma tête, je ne sais
plus rien, je suis si fatigué.

Des voix dans la rue,
vent et lumière céleste —
autour de moi des mots vides,
mon oreille cède.

1l ne reste rien en moi
que ce pauvre désir affamé —
Il est la depuis si longtemps, si longtemps,
Il ne veut plus partir.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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PRIÈRE (Shuntarô Tanikawa)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

Anne Bachelier  (26)

PRIÈRE
TANOMI

Ouvrez-moi retournez-moi
Cultivez mes terres intérieures
Asséchez mon puits intérieur
Ouvrez-moi retournez-moi
Allez, lavez-moi l’intérieur
On y trouvera sans doute une perle merveilleuse
Retournez-moi ouvrez-moi
Mon moi intérieur est-ce la mer?
Est-ce la nuit?
Un chemin lointain?
Un sac en plastique?
Ouvrez-moi retournez-moi
Quelque chose pousse en moi
Un champ de cactus trop mûrs?
L’enfant prématuré d’une licorne?
Un marronnier qui a manqué d’être violon?
Retournez-moi
Que le vent blanchisse mes entrailles
Que mes rêves attrapent froid
Retournez-moi
Que ma pensée se désagrège dans les vents

Retournez-moi
Ouvrez-moi retournez-moi
Cachez ma peau
Mon front est maintenant gelé
Mes yeux sont rouges de honte
Mes lèvres fatiguées de baisers
Retournez-moi
Ah, retournez-moi
Que mes entrailles adorent le soleil
Étalez donc sur l’herbe mon estomac, mon pancréas
Faites évaporer ces rouges ténèbres
Fourrez le ciel bleu dans mes poumons
Mes conduits spermatiques s’emmêlent
Laissez les étalons noirs m’écraser
Laissez mon amante manger
Avec des baguettes de bois blanc mon coeur et mon cerveau

Retournez-moi
ouvrez-moi
Laissez mes mots intérieurs
Bavarder tant qu’ils veulent vite
Laissez mon quatuor intérieur
Résonner tant qu’il peut
Laissez mes vieux oiseaux intérieurs
S’envoler tant qu’ils veulent
Et mon amour intérieur
Perdez-le tant qu’il peut
Retournez retournez retournez-moi

Puisque je vais vous donner ma fausse perle intérieure
Retournez-moi retournez-moi ouvrez-moi
Mais mon silence intérieur, laissez-le
Faites-moi partir
À l’extérieur de moi
dans les salles de jeux
Dans l’ombre de ces arbres
Au-dessus de cette femme
Dans ce sable

(Shuntarô Tanikawa)

Illustration: Anne Bachelier

 

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La feuille d’un palmier (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



Illustration: Andrey Bobir
    
La feuille d’un palmier privé de ses racines,
Murmure à mon oreille une chanson sans suite.
Le ciel tout près de moi me tourmente et me ment,
Il m’a pris mes deux chiens gelés restés derrière,
Et j’entends leur exsangue, immobile aboiement,
Les étoiles se groupent et me tendent des chaînes.
Faudra-t-il humblement leur offrir mes poignets ?
Une voix qui voudrait faire croire à l’été
Décrit un banc de parc à ma fatigue humaine.
Le ciel est toujours là qui creuse son chemin,
Voici l’écho des coups de pic dans ma poitrine.
Ô ciel, ciel abaissé, je te touche des mains
Et m’enfonce voûté dans la céleste mine.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES VIGNES SONT GELEES… (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018




    
LES VIGNES SONT GELEES…

La vendange s’annonçait belle
Et l’espoir, pour nous,
En sourires de fleurs nouvelles
S’ouvrait au bout des jeunes pousses,
Mais, cette nuit, la lune rousse
A fait de ses coups !

Mon bel ami, les vignes sont gelées !
Tes deux arpents si verts sur le coteau,
Faut pas y songer !
Si l’on ne boit pas de vin cette année,
On boira de l’eau !

Si ta belle vendange est morte
La nuit du grand froid,
Nos vingt ans toujours bien se portent !
Les bourgeons roulent sous les souches
Mais il reste encor sur ma bouche
Des baisers pour toi !

Oui, nous n’irons pas en vendange
Dans les arpents blonds
Lorsque viendra la mi-septembre,
Mais dans le champ de nos caresses,
L’an tout au long, sans fin ni cesse,
Nous vendangerons !

Le vin doux dont l’âme pétille
Ne jaillira pas
Du pressoir aux rondes sébilles,
Mais de ton cœur tendre et farouche,
Comme du creux d’un pressoir rouge
L’Amour jaillira !

(Gaston Couté)

 

 

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