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VŒU D’AMOUR (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




    
VŒU D’AMOUR
Yan-Ta-Tchen

Minuit !… Il n’y a plus de courtisans, dans le pavillon impérial ;
les deux amants sont seuls, et causent à demi-voix.
« C’est la nuit unique dans l’année, dit l’empereur,
où la Tisseuse Céleste et le Divin Bouvier, séparés par le Fleuve d’argent
se rejoignent, par le pont frémissant, que forme pour eux un vol de corneilles.
« Ne nous compare-t-on pas, à cause de notre fidélité, à la Tisseuse et au Bouvier du ciel ?
« Voici l’instant, où il convient de brûler des parfums, en l’honneur de nos divins modèles. »
L’impératrice verse l’encens, et la fumée odorante emporte leurs vœux :
« Puissions-nous planer dans les airs, sans cesse, comme un couple d’oiseaux !
« Puisse sur la terre, notre attachement être toujours pareil à celui qui lie la branche à l’arbre !
« Le ciel et la terre peuvent finir, mais notre amour ne finira jamais ! »

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Je me contredis à toute heure (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Je me contredis à toute heure :

mon âme est comme l’onde, mobile et changeante,
parfois lumière et or, reflétant un grand ciel d’azur,

parfois livide, sombre, glacée, morbide,
triste comme un marais d’automne,
fouetté par une pluie grisâtre
ou par un vent funèbre et gémissant.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Norias (Jérôme et Jean Tharaud)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2017



Norias

Dans l’aimable ville de Hama,
tout empêche de penser à rien.
Rapide et brillant de lumière,
l’Oronte coule entre les saules, les peupliers,
les grenadiers et des noyers énormes,
comme je n’ai vu que là-bas.

De distance en distance,
d’immenses roues vont porter leur eau en plein ciel…
Une longue caresse musicale sort de ces roues gémissantes;
c’est assez indéfinissable,

quelque chose comme un bruit d’orgue ou de cloche lointaine,
un vague meuglement de troupeau,
un frelon qui bourdonne,
un murmure de sirène,
une harmonie continue, qui est le silence d’ici,
et où chaque roue met sa note,
sa vibration particulière.

Inlassablement,
l’eau monte emportée
par l’effort du fleuve
(…).

C’est un rêve oublié au bord de l’eau,
une poésie musicale faite de rien,
d’amour, de nonchalance, de chants d’oiseaux
dans les verdures mouillées,

une construction d’azur et de songe,
bâtie de matériaux fragiles,
on ne sait pas par qui ni pourquoi,
et qui ne tient en équilibre
que par la puissance d’un rêve.

(Jérôme et Jean Tharaud)

Illustration

 

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LES ECLAIRS (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

Félix Vallotton  La Haine

LES ECLAIRS

Orages de l’amour, nobles et hauts orages,
Pleins de nids gémissants blessés sous les ombrages,
Pleins de fleurs, pleins d’oiseaux perdus, mais dans les cieux,
Qui vous perd ne voit plus; éclairs délicieux !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Félix Vallotton

 

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