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Posts Tagged ‘généreux’

Jeunesses qui se délivrent (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Jeunesses qui se délivrent

1
Nous sommes prêts à prendre place
Au dur travail comme au soleil
À continuer toutes les tâches
Qui embellissent le réel.

Refrain
Jeunesses qui se délivrent,
Créons pour l’avenir
Un monde où tous puissent vivre
Dans la joie de s’épanouir!
Un monde où tous puissent vivre
Dans la joie de s’épanouir!

2
Aînés qui nous frayez la route,
Aînés généreux, bâtisseurs,
Ce qui pour vous fut lutte et doute
Pour nous devient exemple clair.

3
Les meilleurs hommes de pensée
Déjà nous montrent le chemin.
Esclaves des fauteurs de guerre
Venez, sans vous ils ne sont rien!

4
Pourquoi tuer, pourquoi détruire,
À l’heure où le génie humain
Peut tout engendrer, tout produire,
Rien qu’en entrouvrant ses deux mains.

5
Jeunesse de partout, jeunesse!
Échappe à tes bourreaux menteurs,
Répands l’éternelle jeunesse
Des généreux et des sauveurs!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Le papillon malade (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Le papillon malade

Apologue

Las des fleurs, épuisé de ses longues amours,
Un papillon dans sa vieillesse
(Il avait du printemps goûté les plus beaux jours)
Voyait d’un oeil chagrin la tendre hardiesse
Des amants nouveau-nés, dont le rapide essor
Effleurait les boutons qu’humectait la rosée.
Soulevant un matin le débile ressort
De son aile à demi-brisée :

 » Tout a changé, dit-il, tout se fane. Autrefois
L’univers n’avait point cet aspect qui m’afflige.
Oui, la nature se néglige ;
Aussi pour la chanter l’oiseau n’a plus de voix.
Les papillons passés avaient bien plus de charmes !
Toutes les fleurs tombaient sous nos brûlantes armes !
Touchés par le soleil, nos légers vêtements
Semblaient brodés de diamants !
Je ne vois plus rien sur la terre
Qui ressemble à mon beau matin !
J’ai froid. Tout, jusqu’aux fleurs, prend une teinte austère,
Et je n’ai plus de goût aux restes du festin !
Ce gazon si charmant, ce duvet des prairies,
Où mon vol fatigué descendait vers le soir,
Où Chloé, qui n’est plus, vint chanter et s’asseoir,
N’offre plus qu’un vert pâle et des couleurs flétries !
L’air me soutient à peine à travers les brouillards
Qui voilent le soleil de mes longues journées ;
Mes heures, sans amour, se changent en années :
Hélas ! Que je plains les vieillards !

 » Je voudrais, cependant, que mon expérience
Servît à tous ces fils de l’air.
Sous des bosquets flétris j’ai puisé ma science,
J’ai défini la vie, enfants : c’est un éclair !
Frêles triomphateurs, vos ailes intrépides
S’arrêteront un jour avec étonnement :
Plus de larcins alors, plus de baisers avides ;
Les roses subiront un affreux changement.

 » Je croyais comme vous qu’une flamme immortelle
Coulait dans les parfums créés pour me nourrir,
Qu’une fleur était toujours belle,
Et que rien ne devait mourir.
Mais le temps m’a parlé ; sa sévère éloquence
A détendu mon vol et glacé mes penchants :
Le coteau me fatigue et je me traîne aux champs ;
Enfin, je vois la mort où votre inconséquence
Poursuit la volupté. Je n’ai plus de désir,
Car on dit que l’amour est un bonheur coupable :
Hélas ! D’y succomber je ne suis plus capable,
Et je suis tout honteux d’avoir eu du plaisir.  »

Près du sybarite invalide,
Un papillon naissait dans toute sa beauté :
Cette plainte l’étonne ; il rêve, il est tenté
De rentrer dans sa chrysalide.

 » Quoi ! Dit-il, ce ciel pur, ce soleil généreux,
Qui me transforme et qui me fait éclore,
Mon berceau transparent qu’il chauffe et qu’il colore,
Tous ces biens me rendront coupable et malheureux !
Mais un instinct si doux m’attire dans la vie !
Un souffle si puissant m’appelle autour des fleurs !
Là-bas, ces coteaux verts, ces brillantes couleurs
Font naître tant d’espoir, tant d’amour, tant d’envie !
Oh ! Tais-toi, pauvre sage, ou pauvre ingrat, tais-toi !
Tu nous défends les fleurs encor penché sur elles.
Dors, si tu n’aimes plus ; mais les cieux sont à moi :
J’éclos pour m’envoler, et je risque mes ailes !  »

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

 

 

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Seule la caresse peut dissoudre l’angoisse (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
— Comme elle décontracte les muscles noués
seule la caresse peut dissoudre l’angoisse,
spasticité de l’âme que l’espoir abandonne
et qu’aucun discours ne peut distraire du doute ;

Caresse-moi, toi dont j’ignore le nom,
je donne tout pouvoir à tes mains que je baise,
caresse-moi bienfaitrice anonyme
dont je ne veux pas connaître le visage,
caresse-moi, généreuse passagère
qui me calme et t’éloigne avec ton silence ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Quelle est la vraiment plus joyeuse plus belle et plus rare – la plus vivante généreuse fille (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018




    
quelle est la vraiment
(dans ce triste et surpossédant
monde)plus joyeuse
plus belle et plus rare
—la plus vivante généreuse
fille sur cette tournoyante
terre ?
eh bien tu es
de loin la plus chérie

qui (sur cet affairé
nulle part très houleux)
est le pris de vertige
lui des plus lui
—le grimpant plus tombant
idiot dans cet épineux
si?
eh bien je suis
de tous le plus chanceux

quelle est la merveille
(pleine d’être et devenir)
par-dessus tout dessous
toutes les peurs et les haines
—tous les plus que mourants
miens et sans toujours
tiens?
eh bien nôtre
est l’amour et sans jamais

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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PESER (Béatrice Libert)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017



 

PESER

Ce soir nous dînerons de restes
Nous vivrons à l’étroit nous penserons peu dépenserons moins encore
n’ayant sou qui vaille en poche forcément cousue
Nous pèserons quelques noms très communs au coin de deux minutes éclair
Économisant les gestes il nous viendra peut-être un désir généreux
mais nous l’avalerons bien vite
Les vitres dessineront de faibles embellies embrochées par la nuit fatalement rapide
Et nous consumerons nos cris à la muette afin que rien de fort ou de miraculeux
ne nous arrive par un furieux hasard.

(Béatrice Libert)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Edouard Vuillard

 

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Yeux d’azur (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017




    
Yeux d’azur

Circassienne beauté, ces brasiers lumineux
ne sont pas faits pour le mépris qui blesse,
ou la fureur. Ils offrent, flambeaux généreux,
l’amour qui va nous rendre heureux,
du plaisir la douce promesse.

S’ils étaient faits pour éloigner un coeur aimant,
accroître ses souffrances,
s’ils étaient envoyés par un dieu inclément,
alors la différence

serait nette, et la voûte tranquille des cieux
ne leur donnerait point ce bleu turquoise,
le soleil bienfaisant se soucierait fort peu
de leur offrir ce même feu
qui de désir son corps embrase.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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Rêves (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




    
Rêves

Les nuages blancs,
Les nuages lents,
Qui voguent sans trêve
Dans le ciel bleu, font
Des rêves profonds,
Des rêves.

Les coeurs amoureux,
Les coeurs généreux,
Qui aiment sans trêve
Les grands coeurs brunis,
Vont vers l’infini
Des rêves.

Nuages charmants,
Tendres coeurs aimants
Qui sans trêve rêvent
À des cieux lointains :
Quel est leur destin ?
Ils crèvent.

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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Dans les étincelles de mon émerveillement (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



    

Dans les étincelles de mon émerveillement, je vais vers toi
Et je t’implore :
Ni amant, ni locuteur
Autre que cet enfer généreux.

(Adonis)

 

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Les silences (Bakary Bamba Junior)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Les silences

Il y a le silence de la nuit,
Si calme et si troublant;
Il y a le silence de la mer,
Si doux et si berçant;
Et il y a le silence de son sourire
Si généreux et si apaisant.

Il y a le silence des enfants,
Si tendre et si touchant;
Il y a le silence des baisers,
Si savoureux et si renversant;
Et il y a le silence de ses regards
Si beau et si captivant.

Il y a le silence des adieux,
Si dur et si déchirant;
Il y a le silence des opprimés,
Si dur et si déchirant;
Et il y a le silence de ses absences,
Insupportable souffrance.

(Bakary Bamba Junior)

 

 

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Le poète passe une nuit d’été sous les arbres (Li-Y)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Le poète passe une nuit d’été sous les arbres

Etendu sous les grands arbres,
où je trouve un refuge contre l’accablante chaleur,
Je contemple les nuages blancs, répandus sur l’azur du ciel :
Cette situation m’enchante ; mon cœur est ouvert à la joie ;
Je sens d’ailleurs, dans mes idées, l’influence d’un vin généreux.

La lune brille de tout son éclat ; une tiède rosée me pénètre ;
Le silence de la nuit n’est troublé
que par le murmure de la source et le frémissement des bambous.
Un vent frais se joue dans mes longues manches,
et se glisse sous ma robe de soie ;

L’immense bien-être que j’éprouve,
qui jamais pourrait l’exprimer !

(Li-Y)

Illustration: Ohara Koson

 

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