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Posts Tagged ‘genou’

A l’éternel madame (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



 

Christiane Vleugels -  _21 [1280x768]

A l’éternel madame

Mannequin idéal, tête-de-turc du leurre,
Eternel Féminin ! … repasse tes fichus ;
Et viens sur mes genoux, quand je marquerai l’heure,
Me montrer comme on fait chez vous, anges déchus.

Sois pire, et fais pour nous la joie à la malheure,
Piaffe d’un pied léger dans les sentiers ardus.
Damne-toi, pure idole ! et ris ! et chante ! et pleure,
Amante ! Et meurs d’amour !… à nos moments perdus.

Fille de marbre ! en rut ! sois folâtre !… et pensive.
Maîtresse, chair de moi ! fais-toi vierge et lascive…
Féroce, sainte, et bête, en me cherchant un coeur…

Sois femelle de l’homme, et sers de Muse, ô femme,
Quand le poète brame en Ame, en Lame, en Flamme !
Puis – quand il ronflera – viens baiser ton vainqueur !

(Tristan Corbière)

Illustration: Christiane Vleugels

 

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LE GENOU (Christian Morgenstern)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2019



LE GENOU

Un genou se balade tout seul par le monde.
Ce n’est qu’un genou et rien de plus.
Ce n’est pas un arbre, ce n’est pas une maison
Ce n’est qu’un genou et rien d’autre !

Une fois à la guerre un homme
fut tué et retué.
Seul son genou s’en tira indemne —
comme par miracle.

C’est depuis qu’il se balade seul par le monde
Ce n’est qu’un genou et rien de plus.
Ce n’est pas un arbre ni même une maison.
Ce n’est qu’un genou et rien d’autre.

***

DAS KNIE

Ein Knie geht einsam durch die Welt.
Es ist ein Knie, sonst nichts !
Es ist kein Baum ! Es ist kein Zelt !
Es ist ein Knie, sonst nichts.

Im Kriege ward einmal em Mann
erschossen um und um.
Das Knie allein blieb unverletzt –
als wärs ein Heiligtum.

Seitdem gehts einsam durch die Welt.
Es ist ein Knie, sonst nichts.
Es ist kein Baum, es ist kein Zelt.
Es ist ein Knie, sonst nichts.

(Christian Morgenstern)

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Un genou sur le sol (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2019




    
Un genou sur le sol
frôler l’herbe nouvelle

Au rayon de soleil
se relever sans bruit

Écouter ce silence
s’échappant des forêts.

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Où nos ombres s’épousent Vivre l’absence
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Treize vers (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



 

Treize vers

Enfin tu as prononcé le mot,
Non pas comme ceux qui ont un genou en terre,
Mais comme quelqu’un qui s’est arraché à la prison
Et qui voit l’ombre sainte des bouleaux
A travers l’arc-en-ciel de larmes involontaires.
Autour de toi le silence a chanté,
L’ombre s’est éclairée d’un soleil pur,
Le monde pour un instant s’est transformé,

(Anna Akhmatova)

Illustration: Irina Vitalievna Karkabi

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Le genou et l’orteil (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2019




    
Le genou et l’orteil
ont aussi besoin de rire.

***

(Jean-Pierre Siméon)

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

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L’Enchantée (Los de Nadau)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019




    
L’Enchantée

Patapim, Patapam,
Je ne sais d’où elle est sortie,
Elle ne m’a même pas regardé,
Et j’ai perdu tout de suite
Et la faim et la soif.

Patapim, Patapam,
Je ne sais ce qui m’arrive,
Et sans aucune pitié,
Elle va son chemin,
Elle chemine tout droit,
Je ne sais pas son nom,
Pour moi, c’est l’Enchantée,
Pour la voir passer,
Moi, je me mets ici,
Tous les matins à la guetter,
Je ne sais pas son nom,
Pour moi, c’est l’Enchantée,
Je ne fais qu’y penser
Et la nuit et le jour
Et le jour et la nuit.

Moi, toujours j’avais su,
Et dire non et dire adieu,
Moi, jamais je n’avais voulu,
Jamais prier homme ni Dieu,
Maintenant j’ai plié le genou,
Dans l’église, la tête baissée,
Pour mendier ce que je veux :
Respirer à côté d’elle.

De la terre ou du ciel,
Comme la foudre,
Et tout a chaviré,
Rien ne sera plus,
Non, jamais comme avant,
Ni le froid de la neige,
Ni le vert de la prairie,
Ni le chant d’un enfant,
Ni la marche du soleil
Qui fait courir les années.
Je ne sais pas son nom,
Pour moi, c’est l’Enchantée,
Et si ce n’est pas aujourd’hui,
Demain c’est sûr,
J’irai lui parler,
Je ne sais pas son nom,
Pour moi, c’est l’Enchantée,
Demain je lui dirai,
Je n’ai vécu jusqu’ici
Que pour vous rencontrer

***

L’ENCANTADA

Patapim,Patapam,
Non sèi d’on ei sortida,
Non m’a pas briga espiat,
E m’èi pergut suu pic,
E la hami e la set.

Patapim, Patapam,
Non sèi çò qui m’arriba,
E shens nada pieitat,
Que’n va lo son camin,
Que camina tot dret.
Non sèi pas lo son nom,
Tà jo qu’ei l’Encantada,
Tà la véder passar,
Jo que’m hiqui ací,
Tot matin a l’argueit,
Non sèi pas lo son nom,
Tà jo qu’ei l’Encantada,
Non hèi pas qu’i pensar
E la nueit e lo dia
E lo dia e la nueit.

Jo tostemps qu’avi sabut
E díser non e díser adiu,
Jo jamei n’avi volut,
Jamei pregar òmi ni Diu,
Ara qu’ei plegat lo jolh,
Dehens la gleisa capbaishat,
Tà mendicar çò qui voi,
Aledar au son costat.

De la tèrra o deu cèu,
Tau com la periclada,
E tot a capvirat,
Arren non serà mei,
Non jamei com avans,
Ni lo hred de la nèu,
Ni lo verd de la prada,
Ni lo cant d’un mainat,
Ni l’anar deu sorelh
Qui hè córrer los ans.
Non sèi pas lo son nom,

Tà jo qu’ei l’Encantada,
E si n’ei pas tà uei,
Tà doman qu’ei segur,
Que l’anirèi parlar,
Non sèi pas lo son nom,
Tà jo qu’ei l’Encantada,
Doman que’u diserèi,
Dinca ací qu’èi viscut
Sonque tà v’encontrar.

(Los de Nadau)
Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

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Ici dans l’eau (Henri Pichette)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



Illustration: Paul Chabas
    
Ici dans l’eau innocente et douce
Le genou de baigneuse est rond comme un galet.

(Henri Pichette)

 

Recueil: Poèmes offerts
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le potier (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



Ton corps entier possède
la coupe ou la douceur qui me sont destinées.

Quand je lève la main
je trouve en chaque endroit une colombe
qui me cherchait
comme si, mon amour, d’argile on t’avait faite
pour mes mains de potier.

Tes genoux, tes seins
et tes hanches
me manquent comme au creux
d’une terre assoiffée
d’où l’on a détaché
une forme,
et ensemble
nous sommes un tout comme l’est un fleuve
ou comme le sable.

(Pablo Neruda)

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Le Minotaure (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
Le Minotaure

Dans le grand labyrinthe où je cherchais ma vie,
Volant de feu en flamme comme un grand oiseau ivre,
Parmi les dieux déchus et les pauvres amis,
J’ai cherché le vertige en apprenant à vivre.

J’ai cheminé souvent, les genoux sur la terre,
Le regard égaré, embrouillé par les larmes,
Souvent par lassitude, quelquefois par prière,
Comme un enfant malade, envoûté par un charme.

Dans ce grand labyrinthe, allant de salle en salle,
De saison en saison, et de guerre en aubade,
J’ai fait cent fois mon lit, j’ai fait cent fois mes malles,
J’ai fait cent fois la valse, et cent fois la chamade.

Je cheminais toujours, les genoux sur la terre,
Le regard égaré, embrouillé par les larmes,
Souvent par lassitude, quelquefois par prière,
Comme un enfant rebelle qui dépose les armes.

Mais un matin tranquille, j’ai vu le minotaure
Qui me jette un regard comme l’on jette un sort.

Dans le grand labyrinthe où il cherchait sa vie,
Volant de feu en flamme, comme un grand oiseau ivre,
Parmi les dieux déchus et les pauvres amis,
Il cherchait le vertige en apprenant à vivre.

Il avait cheminé, les genoux sur la terre,
Le regard égaré, embrouillé par les larmes,
Souvent par lassitude, quelquefois par prière,
Comme un enfant rebelle qui dépose les armes.

Dans ce grand labyrinthe, de soleil en soleil,
De printemps en printemps, de caresse en aubaine,
Il a refait mon lit pour de nouveaux sommeils,
Il a rendu mes rires et mes rêves de reine.

Dans le grand labyrinthe, de soleil en soleil,
Volant dans la lumière, comme deux oiseaux ivres,
Parmi les dieux nouveaux et les nouveaux amis,
On a mêlé nos vies et réappris à vivre…

(Barbara)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

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L’HOMME QUI DEVIENT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

Irène Lussou_3

L’HOMME QUI DEVIENT

Son oeil fréquente les ombres
Il a la pierre de l’être
La fleur contradictoire est en sa main
Et le coeur inversé comme un voilier de fête
Il a appris puis désappris tout l’univers

Il a connu les pas des grands malades
L’horizon sans honneur
Les villes de l’âpreté
La terre meuble qui défaille sous les maisons antiques
Et les jours inclinés entre leurs sept miroirs

Il a la pierre de l’être
Son corps pousse des racines
Par hommage il quitta les femmes au genou d’or
La Mort portant sa grâce et l’Amour sa couronne
Il sait que ceux qui rêvent ont toute raison.

(Andrée Chedid)

Illustration: Irène Lussou

 

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