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Comme la douce souvenance d’une source (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2021


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Comme la douce souvenance d’une source
Toutes les fleurs se penchent sur ton épaule
Lorsque tu dors
Et le soleil se hâte dans sa course
Pour rattraper vivant ton regard qui s’enfuit
Et les poissons qui glissent sous le lys de tes paupières
Peuplent ton rêve de fuites argentées
Au mouvement de la mer
Ton sommeil prisonnier dans un buisson d’abeilles
Porte le poids secret de dangereux parfums
Qui demeurent en mes veilles
Comme une habitude de lampes
Toutes les fleurs d’été visitent ton souffle d’innocence
Et je suis toutes tes poses avec des gestes ensablés
Tu connaîtras l’éveil dans la cage du matin
Avec les graines des oiseaux
Sous le bonjour des ailes
Ou dans le ventre des moissons
Je te ferai captive de ma lyre
Derrière le dernier feuillage de mon poème
Et la gymnastique savante de mes mots
Te couronnera de fables en habits musiciens
Je te protègerai de mes mains innombrables
Qui se posent sur toi en bouquets allumés
Et déposent tes rêves dans l’ordre de la terre
Et je tisserai dans le ciel de ma poitrine
Une toile tintante de miel
Où ton coeur se prendra.

(Georges Drano)

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Le pain des oiseaux (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2020


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Si tu viens
Je t’ouvrirai la barrière du pré
Nous irons cueillir les cris des oiseaux dans les campagnes
et tu t’émerveilleras de la fuite d’une fontaine sur la feuillée
et tu me parleras du pays de ton premier âge
dans une odeur de tilleul et de cueillette de romarin.

Si tu viens
ta joie triomphera sur les cris de ma douleur
Dans l’odeur épanouie du pain chaud dans le matin
Dans le parfum de foins coupés
dans l’eau légère et fraîche que l’on boit dans la main
Je retrouverai la fête vivante qui brillait dans tes yeux

Viens
A l’heure où le ciel et la terre se partagent les étoiles
nous danserons encore sur les dunes
en souvenir des chansons assises sur le rivage
et nous irons jusqu’au dernier village
où longtemps le sable chanta dans mes mains
avant de retourner à la terre.

(Georges Drano)

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Pierres (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019


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Pierres de parement
au devant du mur
Parures du chemin et de la vigne
qui veillent dans l’humus
Hermétique adresse d’un lieu
qui attend.

(Georges Drano)

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Intérieurement (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019


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Intérieurement
nous parlions du mur en termes confus,
à peine vêtu de pierres
nous l’imaginions venu à nous
pour retenir la terre,
avec sa propre clarté.

Il appelait en nous un chant obscur
pour gagner le jour.

Nous le pensions au-dessus,
hors d’atteinte,
accordé au temps.

(Georges Drano)

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Escaliers ouverts (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019



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Escaliers ouverts
dans l’être du dedans
Couloirs qui tiennent
à leurs racines.
Nous allons vers les angles
d’une histoire qui se ferme
Sans savoir où nous sommes.

(Georges Drano)

Illustration: Maurits Cornelis Escher

 

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Le mur (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019


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Le mur ne retient
ni la lumière
ni la nuit
Il es le corps de l’ombre

Il sépare ce que nous savons
de ce que nous sommes.

(Georges Drano)

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JOURS FERMES (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



JOURS FERMES

Il y a quelqu’un d’hésitant en soi
une face qui hésite en face de soi
et ne disparaît pas aux angles
une histoire d’avant
en haut, au-dessus, une histoire appelée hier et encore

une terre organique près de soi
un voyage contre la surface de soi
contre le réseau
une réduction par le dedans
un parler dans le sillage de soi
et en avant
il y a l’action toute prête en soi et qui n’a pas lieu
l’histoire sans histoire d’être venu et de parler.

(Georges Drano)

 

 

 

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N’importe quoi (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



N’importe quoi
sur ce qui est dit d’encouragements
de migrations, de départs à demi prononcés
Quelqu’un prend le temps d’hésiter
d’accueillir un silence
le temps : de tout prendre
La terre : d’être un lieu-dit
Une consolation pour quelques jours de plus.

(Georges Drano)

 

 

 

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Les maisons sont abandonnées (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018



Les maisons sont abandonnées
une patience inconnue remplit la journée
la nuit le temps
nous reconnaissons un ensemble de bruits discrets
mal situés
un moment où l’on ne parle pas
Le jeu infini peut se joindre à l’espace
où chaque silhouette est l’histoire qu’elle se donne
close unie
d’un texte entier
sans autre action que le premier regard posé
sur le sol et la page.

(Georges Drano)

Illustration: Edward Hopper

 

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Hier sans volonté (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018



Hier sans volonté
portant l’erreur d’un paysage
forêt que le temps marque
comme fut le temps en d’autres lieux
simulacre d’un jour ou la guerre
ou le travail
ou le hasard
Se chauffant ici et là
quelqu’un dit je vais parler
et rien ne change.

(Georges Drano)

Illustration: Michael Page

 

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