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Petits Lapons (Georges Fourest)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



Petits Lapons

Dans leur cahute enfumée
Bien soigneusement fermée
Les braves petits lapons
Boivent l’huile de poisson!

Dehors on entend le vent
Pleurer; Les méchants ours blancs
Grondent en grinçant des dents
Et depuis longtemps la mort
Le pâle soleil du nord!
Mais dans la brume enfumée
Les braves petits lapons
Boivent l’huile de poisson…

Sans rien dire, ils sont assis,
Père, mère, aïeul, les six
Enfants, le petit dernier
Bave en son berceau d’osier:
Leur bon vieux renne au poil roux
Les regarde, l’air si doux!

Bientôt ils s’endormiront
Et demains ils reboiront
La bonne huile de poisson,
Et puis se rendormiront
Et puis, un jour, ils mourront!
Ainsi coulera leur vie
Monotone et sans envie…
Et plus d’un poète envie
Les braves petits lapons
Buveurs d’huile de poissons

(Georges Fourest)


Illustration

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Sardines à l’huile (Georges Fourest)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



Sardines à l’huile

Dans leur cercueil de fer-blanc
plein d’huile au puant relent
marinent décapités
ces petits corps argentés
pareil aux guillotinés
là-bas au champ de navets !
Elles ont vu les mers, les
côtes grises de Thulé,
sous les brumes argentés
la Mer du Nord enchantée…
Maintenant dans le fer-blanc
et l’huile au puant relent
de toxiques restaurants
les servent à leurs clients !
Mais loin derrière la nuée
leur pauvre âmette ingénue
dit sa suave chanson
au Paradis-des-Poissons,
une mer fraîche et lunaire
pâle comme un poitrinaire,
la Mer de Sérénité
aux longs reflets argentés
où durant l’éternité,
sans plus craindre jamais les
cormorans ou les filets,
après leur mort nageront
tous les bons petits poissons !…
Sans voix, sans mains, sans genoux
sardines, priez pour nous !…

(Georges Fourest)

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Sardines à l’huile (Georges Fourest)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2015



Dans leur cercueil de fer-blanc
plein d’huile au puant relent
marinent décapités
ces petits corps argentés
pareils aux guillotinés
là-bas au champ des navets!
Elles ont vu les mers, les
côtes grises de Thulé,
sous les brumes argentées
la Mer du Nord enchantée…
Maintenant dans le fer-blanc
et l’huile au puant relent
de toxiques restaurants
les servent à leurs clients!
Mais loin derrière la nue
leur pauvre âmette ingénue
dit sa muette chanson
au Paradis-des-poissons,
une mer fraîche et lunaire
pâle comme un poitrinaire,
la Mer de Sérénité
aux longs reflets argentés
où durant l’éternité,
sans plus craindre jamais les
cormorans et les filets,
après leur mort nageront
tous les bons petits poissons!…

Sans voix, sans mains, sans genoux*
sardines, priez pour nous!…

* Tout ce qu’il faut pour prier (note de l’auteur)

(Georges Fourest)

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