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Posts Tagged ‘(Georges Henein)’

CHAMBRE REBELLE A TOUTE DEMEURE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



Roland H. Heyder r9

CHAMBRE REBELLE A TOUTE DEMEURE

Chambre rebelle à toute demeure…
quoi de plus lourd au profil de l’absente que cette écharpe délaissée par le vent…
quoi de plus fidèle à son image que cette empreinte solaire
là où pour la dernière fois se posa son pied lointain…
cette chambre douce comme une haleine à la recherche
d’une joue, découvre soudain — à la proue de toute
existence valable — les lois étranges de l’immobilité…
cette chambre où il ne manque qu’une femme, — mais non
ses gestes établis parmi les meubles en fine poussière de réveil…
où il ne manque qu’un amour, — mais non ses projets
incroyables qui se heurtent librement à tous les murs…
où il ne manque que la volupté de l’hésitation, qu’une simple
marge de faiblesse pour mesurer la vie d’égale à égal, brouillard en tête…
cette chambre appartient au monde des silences que l’on ne rompt qu’une fois…

(Georges Henein)

Illustration: Roland H. Heyder

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Je nommerai désert ce château que tu fus (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



 

Je nommerai désert ce château que tu fus
Nuit cette voix, absence ton visage
Et quand tu tomberas dans la terre stérile
Je nommerai néant l’éclair qui t’a porté.

(Georges Henein)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Edward Okun

 

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Je m’appuie sans réserve au garde-fou de ton souffle (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



 

Je m’appuie sans réserve au garde-fou de ton souffle
qu’il s’interrompe ou s’élance
qu’il me désigne ou m’ignore
et il me semble que pour la première fois
ma dépendance et ma liberté
se toisent sans se haïr

(Georges Henein)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Chelin Sanjuan

 

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« Gardez la monnaie » (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

« Gardez la monnaie »
dit la poussière à l’or
et tout le monde dans la rue se retourna
comme s’il était arrivé quelque chose d’irrémédiable

(Georges Henein)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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Il y a sur une table (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



Il y a sur une table
un objet qui sourit à travers tous les sommeils du monde
C’est un visage
jamais aperçu
jamais oublié
un visage que berce
l’infinissable neige du souvenir

(Georges Henein)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Guido Mocafico

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Quand il entra dans la Cité (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



 

Quand il entra dans la Cité
quelqu’un parla d’hivernage absolu
les maisons se fermèrent comme des trappes
entre l’homme et la femme
il n’y eut plus que l’infime charnière
d’une lame de Tolède
et le déni du pardon
replaça le monde
en des mains immobiles

(Georges Henein)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Arthur Hacker

 

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SONIA ARAQUISTAIN (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



 

suicide

SONIA ARAQUISTAIN

creusez
et il y aura un sourire
un sourire tombal
pour ceux qui prennent la vie au mot
creusez
et la poussière vous montera au coeur
et vous irez le coeur dans la poussière
et l’amour fainéant
immobile à la croisée du refus

creusez
et il y aura le ciel
il y aura peut-être le ciel
peut-être la dispersion des espèces
ou le goût navrant de la pluie
creusez
pour que cette femme déploie l’éventail de sa chute
pour qu’elle gifle à jamais l’indolence de l’espace
pour que de son beau visage de cristal brisé
elle épouse la terre ferme

creusez
et il y aura les yeux les plus seuls du monde
et sur le sol frileux de l’avenue
une étrangère soudain comme une fenêtre
creusez à ces yeux un regard impossible
creusez notre nom dans notre nuit
creusez pour nous.

(Georges Henein)

Illustration

 

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Je nommerai néant l’éclair qui t’a porté (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2015




Je nommerai désert ce château que tu fus
Nuit cette voix, absence ton visage
Et quand tu tomberas dans la terre stérile
Je nommerai néant l’éclair qui t’a porté.

(Georges Henein)

Poète découvert chez Lara ici

Illustration: Anthony Frederick Augustus Sandys

 

 

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PERSPECTIVES (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2015



 

Anita Burnaz 56167

PERSPECTIVES

pourquoi ne pas rencontrer sur une passerelle brusquement
tendue entre deux catastrophes une femme aux yeux de galop
qui vous raconterait son nom plus beau à parcourir
qu’un précipice habillé d’étoffes noires ?

pourquoi ne pas organiser de grands coucher de chevelures
multicolores sur la scène toujours déserte de l’horizon ?

pourquoi ne pas organiser de grands couchers de chevelures
au sexe de radium qui s’uniraient aux paysages et les brûleraient
à chaque étreinte et resteraient seules dans une vertigineuse clarté ?

pourquoi ne pas délivrer d’un seul coup les myriades de miroirs cloués au chevet de la terre ?
pourquoi ne pas rendre la vie habitable ?
pourquoi ne pas déserter les chairs habituelles et les destins suffisamment vécus ?

pourquoi ne pas écarter les paupières des routes maudites
et disparaître dans la nuit la plus insoluble en emportant
pour tout avenir le corps d’une inconnue coupée en menus morceaux
par un rêve à aiguiser sans risque de réveil ?

(Georges Henein)

Illustration: Anita Burnaz

 

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SUICIDE PROVISOIRE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2015


 


 

Cesare Lapini  (1853)

SUICIDE PROVISOIRE

au fond des tiroirs bleus
dont les clés sont parties vers des serrures sauvages
et les lettres égarées dans la foire aux aveux
au fond des tiroirs couleur de lycéenne
entre un cigare flétri et une paire de gifles
datant du dernier scandale
il arrive de ramasser
des lèvres amères
récitant des mots proches
qui descendent comme des cailloux
la pente de la voix

des lèvres rares et brèves
qui s’ouvrent pour laisser passer
un espion déguisé en orchestre
je ne sais plus quelle symphonie
s’agrippe à un cerceau de flammes
et maintenant se dresse la fenêtre
sans âge ni lumière
soeur des lèvres amères
c’est par elle que rentrent les névroses
gantées de mains humaines
qui décapitent les femmes
après l’amour

il y a sur une certaine table
un objet qui sourit à travers tous les sommeils du monde
c’est un visage
jamais aperçu
jamais oublié
un visage que berce
l’infinissable neige du souvenir.

(Georges Henein)

Illustration: Cesare Lapini

 

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