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LES PETITS VOYOUS (Georges L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2022



LES PETITS VOYOUS

Les petits voyous s’en vont à l’école.
Ils ramassent des cailloux pointus pour rayer les voitures.
Les plus belles, le plaisir est plus fort.
Les pardessus des petits voyous sont trop courts.
La mère est manoeuvre à l’usine.
Elle taille dans les vieux effets,entre onze heures et minuit.
La baraque est froide. Ses doigts sont gourds.
Les enfants sont couchés dans le même lit.
Ils ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre la misère.
A force, la misère, elle met des pierres dans les mains.

(Georges L. Godeau)

Illustration

 

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La même chose (Georges L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2022




    

La même chose

J’écris des poèmes, des poèmes,
et mon frère fait des paniers, des paniers.
Dans le monde, il y a des cimetières, des cimetières
et dans les cimetières des morts.
Il y a des morts qui faisaient des paniers comme lui
et d’autres des poèmes comme moi.
Il y a encore de vieux paniers qui vont à la cueillette des cerises
et de vieux poèmes qui vont à l’école.
Un beau poème, un beau panier,
c’est la même chose.

(Georges L. Godeau)

Recueil: Pff! ça sert à quoi la poésie ?!
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Isolement (Georges L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2022


grillage

Ils ont porté ce projet de maison si longtemps dans leur tête
et tant souffert pour le réaliser
qu’aujourd’hui qu’elle est là,
solide et close comme un coffre à bijoux,
ils n’en sortent plus sauf pour aller au travail,
au pain ou rentrer la poubelle.
Ils passent en courant d’air, ils lèvent la main
et disent par-dessus le grillage:
« Pas moyen de se voir.
On tâchera un jour… »

Les arbres qui poussent
font des haies et tout en reste là.

(Georges L. Godeau)

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LE COLLECTIF (Georges-L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2021




    
LE COLLECTIF

Nous habitons au faîte d’un collectif.
Le soir, dans l’escalier, ton souffle devient court. Je prends le
sac à provisions et nous continuons à monter, côte à côte.

parfois, une porte s’ouvre violemment. Un enfant roule sur le
palier. Il pleure. Parfois, c’est une femme qui roule.

Il y a huit paliers. À chacun quatre portes.
Trente-deux inconnues.
Tu es toujours très pâle quand tu cherches ta clé.

(Georges-L. Godeau)

 

Recueil: Les poètes et la ville
Traduction:
Editions: Le cherche midi

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Le dimanche du paysan (Georges-L Godeau)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2016



Le dimanche, au village,
les tracteurs dorment.
Lucas n’a pas de tracteur,
pas de dimanche.
Seul, dans la plaine,
il travaille.
C’est la saison de préparer la terre.
De temps à autre,
l’attelage s’arrête.
Lucas regarde au loin.
Il attend, c’est vrai.
Les voilà,
sa femme et sa fille,
en robes claires.
Elles viennent par la traverse.
On dirait deux sœurs.
Elles apportent le pique-nique.
Dimanche aussi pour Lucas.

(Georges-L Godeau)

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SPÉCIALISTE (Georges L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2015



feu t [800x600]

SPÉCIALISTE

Les feux verts que tu manipules sur le trottoir sont plus lourds que toi.
Pourtant, tu les hisses à l’épaule et tranquille
tu les mets en place, tu les visses, tu les synchronises.
J’ai envie de rester jusqu’au bout pour comprendre.
Moins la mécanique des feux que la tienne.
Car tu vins en ville à trente ans sans l’idée d’un métier.
Quelle marche dans l’ombre as-tu faite pour ce droit de dresser au soleil
et tout seul un carré de machines qui fonctionnent au micron ?

(Georges L. Godeau)

 

 

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