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Nous n’étions pas pareils (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2019



Nous n’étions pas pareils

Nous n´étions pas pareils,
Moi, l´enfant du soleil
Et toi, fille des brumes.
Tu avais la peau claire
Plus blanche que l´hiver,
Moi, j´avais la peau brune.
Ta valise à la main,
Tu venais de très loin,
Peut-être de Norvège.
Moi, je venais d´ailleurs,
D´un pays où les fleurs
Ne craignent pas la neige.

Nous n´étions pas pareils.
Comment brume et soleil
Pouvaient-ils se comprendre?
Notre Tour de Babel,
C´était un vieil hôtel,
Quatre murs d´une chambre.
Nous avons parcouru
Chaque petite rue
De la carte du Tendre
Et nous avons dormi
Des mille et une nuits
Plus belles que la légende.

Nous n´étions pas pareils,
Moi, l´enfant du soleil
Et toi, fille de brumes.
Si je venais chez toi,
J´aurais beaucoup trop froid,
J´attraperais un rhume.
Chez moi, si tu venais,
Tu serais étonnée
De ne pas voir la neige,
Mais il neige en mon cœur
Des pétales de fleurs
Qui viennent de Norvège.

Nous n´étions pas pareils,
Moi, l´enfant du soleil
Et toi, fille des brumes.

(Georges Moustaki)

Illustration: Katarina Smuraga

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Nous sommes deux (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



George Clair Tooker 1920-2011 - American Magic Realist painter - Tutt'Art@ (41)

Illustration: George Clair Tooker
    
Nous sommes deux

Nous sommes deux
Nous sommes deux
Huit heures vont bientôt sonner.
Eteins la lampe, le gardien frappe

Ce soir ils reviendront nous voir.
L´un va devant, l´un va devant
Et les autres suivent derrière
Puis le silence et puis voici
La même chanson qui revient

L´un va devant, l´un va devant
Et les autres suivent derrière
Puis le silence et puis voici
La même chanson qui revient

Il frappe deux
Il frappe trois
Il frappe mille vingt et trois
Tu as mal, toi
Et j´ai mal, moi
Qui de nous deux a le plus mal?
C´est l´avenir qui le dira

Nous sommes deux
Nous sommes trois
Nous sommes mille vingt et trois
Avec le temps, avec la pluie
Avec le sang qui l´a séché
Et la douleur qui vit en nous
Qui nous transperce et qui nous cloue

Nous sommes deux
Nous sommes trois
Nous sommes mille vingt et trois
Avec le temps, avec la pluie
Avec le sang qui l´a séché
Et la douleur qui vit en nous
Qui nous transperce et qui nous cloue.

Notre douleur nous guidera
Nous sommes deux
Nous sommes trois
Nous sommes mille vingt et trois

(Georges Moustaki)

 

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Eldorado (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

Alena Plihal -  (14) [1280x768]

Eldorado

Gens de partout,
Sages et fous,
écoutez bien la ballade
De celui-là
Qui s´en alla
Pour trouver l´Eldorado.

Comme autrefois
Princes et rois
S´en allaient pour les croisades,
Il a laissé
Tout son passé
Pour trouver l´Eldorado.

Crinière au vent,
Le mors aux dents
En folle cavalcade,
Que cherchait-il
Vers cet exil,
Là-bas en Eldorado?

Sur mon cheval,
Sous les étoiles
Et le soleil en cascade
Pour que demain
Brille en nos mains
Tout l´or de l´Eldorado.

Il a traîné
Comme un damné
De mirage en mirage.
Il a vieilli
Jour après nuit
Sans trouver l´Eldorado.

Mais la mort
Qui l´avait suivi
En fidèle camarade
Lui a dit : « Viens,
Je connais bien
La terre d´Eldorado. »

On l´a trouvé,
Le front brûlé
Par le soleil et le sable
Sur le chemin
Qui va sans fin,
Là-bas, en Eldorado.

La nuit, parfois,
Chante une voix :
C´est son âme en ballade
Qui cherche encore
La poudre d´or
Quelque part en Eldorado. {x4}

(Georges Moustaki)

Illustration: Alena Plihal

 

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Déclaration (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



Didier Delamonica - French Mystical Fantasy painter -    (37) [1280x768]
Illustration: Didier Delamonica
    
Déclaration

Je déclare l´état de bonheur permanent
Et le droit de chacun à tous les privilèges.
Je dis que la souffrance est chose sacrilège
Quand il y a pour tous des roses et du pain blanc.
Je conteste la légitimité des guerres,
La justice qui tue et la mort qui punit,
Les consciences qui dorment au fond de leur lit,
La civilisation au bras des mercenaires.
Je regarde mourir ce siècle vieillissant.
Un monde différent renaîtra de ses cendres
Mais il ne suffit plus simplement de l´attendre :
Je l´ai trop attendu. Je le veux à présent.
Que ma femme soit belle à chaque heure du jour
Sans avoir à se dissimuler sous le fard
Et qu´il ne soit plus dit de remettre à plus tard
L´envie que j´ai d´elle et de lui faire l´amour.
Que nos fils soient des hommes, non pas des adultes
Et qu´ils soient ce que nous voulions être jadis.
Que nous soyons frères camarades et complices
Au lieu d´être deux générations qui s´insultent.
Que nos pères puissent enfin s´émanciper
Et qu´ils prennent le temps de caresser leur femme
Après toute une vie de sueur et de larmes
Et des entre-deux-guerres qui n´étaient pas la paix.

Je déclare l´état de bonheur permanent
Sans que ce soit des mots avec de la musique,
Sans attendre que viennent les temps messianiques,
Sans que ce soit voté dans aucun parlement.

Je dis que, désormais, nous serons responsables.
Nous ne rendrons de compte à personne et à rien
Et nous transformerons le hasard en destin,
Seuls à bord et sans maître et sans dieu et sans diable.

Et si tu veux venir, passe la passerelle.
Il y a de la place pour tous et pour chacun
Mais il nous reste à faire encore du chemin
Pour aller voir briller une étoile nouvelle.

Je déclare l´état de bonheur permanent.

(Georges Moustaki)

 

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Nous jouons tous les deux (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

BENQ DIGITAL CAMERA

Nous jouons tous les deux
Et l´amour est un jeu
Dangereux
On joue à se frôler
On joue à s´embrasser
On joue sans s´avouer
Que l´on ne fait que jouer
On triche quelques fois
On se ment à mi-voix
C´est la Loi

On cherche la couleur
Qui nous rendra vainqueur
Mais à la moindre erreur
On y laisse son cœur

Nous jouons tous les deux
Et l´amour est un jeu
Dangereux
On joue à s´embrasser
On joue à se blesser
On joue sans s´avouer
Que l´on ne sait pas jouer
Quand tu joues avec moi

Moi je suis contre toi
Dans tes bras

Heureux d´être imprudent
Heureux d´être perdant
Car si j´y perds mon cœur
L´amour est le vainqueur

(Georges Moustaki)

Illustration: Abdalieva Akzhan

 

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Matin (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

Eugeniusz Zak ect [1280x768]

Matin

Matin de rose et de jasmin,
Matin d´amour et de lumière,
Matin de miel et de prière,
Matin comme tous les matins,
Matin de soleil et d´azur,
Matin de paix et d´abondance,
Matin de musique et de danse,
Matin qui guérit les blessures,

Matin de l´oiseau et du vent,
Matin comme une récompense,
Matin de fortune et de chance,
Matin qui naît comme un enfant,
Matin sur la brume du Jardin,
Matin sur la ville endormie,
Sur le visage de l´ami,
Matin de soie et de satin,

Matin de la première nuit,
Matin qui réveille la terre,
Matin banal et légendaire,
Matin de ce bel aujourd’hui,
Matin de rose et de jasmin,
Matin d´amour et de lumières,

Je t´attendais depuis hier,
Je t´attendrai jusqu´à demain.
{x5}

(Georges Moustaki)

Illustration: Eugeniusz Zak

 

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Chanson pour elle (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

Lisa G. -   - (22)

Chanson pour elle

Elle ne fait pas l´amour
Elle aime
Elle ne marche pas
Elle danse
Elle ne parle pas
Elle chante
Elle ne fait pas l´amour
Elle aime

La la la la la…

Elle ne fait pas l´amour
Elle aime
Elle ne se prête pas
Elle s´offre
Elle ne pleure pas
Elle souffre
Elle ne fait pas l´amour
Elle aime

La la la la la…

Elle ne fait pas l´amour
Elle aime
Elle ne rêve pas
Elle plane
Elle ne fait pas semblant de vivre
Elle ne demande pas
Elle prend

La la la la la…

(Georges Moustaki)

Illustration: Lisa G.

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Je ne sais pas ou tu commences (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



 

Albena Vatcheva G

Je ne sais pas où tu commences

Tu portes ma chemise
Et je mets tes colliers.
Je fume tes gitanes,
Tu bois mon café noir.
Tu as mal à mes reins
Et j´ai froid à tes pieds.
Tu passes mes nuits blanches
Et j´ai tes insomnies.

Je ne sais pas où tu commences,
Tu ne sais pas où je finis.

Tu as des cicatrices
Là où je suis blessé.
Tu te perds dans ma barbe,
J´ai tes poignets d´enfant.
Tu viens boire à ma bouche
Et je mange à ta faim.
Tu as mes inquiétudes
Et j´ai tes rêveries.

Je ne sais pas où tu commences,
Tu ne sais pas où je finis.

Tes jambes m´emprisonnent,
Mon ventre te retient.
J´ai ta poitrine ronde,
Tu as mes yeux cernés.
Ton souffle me réchauffe
Et j´étouffe tes cris.
Je me tais quand tu m´aimes,
Tu dors quand je le dis.

(Georges Moustaki)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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La marche de Sacco et Vanzetti (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



 

Sacco et Vanzetti 1923

La marche de Sacco et Vanzetti

Maintenant Nicolas et Bart
Vous dormez au fond de nos cœurs
Vous étiez tous seuls dans la mort
Mais par elle vous vaincrez!

{reprise 5x}

(Georges Moustaki)

Original de Joan Baez

 

 

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Pour un ami (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



 

Salvador Dali __ Portrait du violoncelliste Ricardot Pichot  1920 [1280x768]

Pour un ami

Pour un ami qui souffre, pour l´enfant qui dort,
Pour un chagrin d´amour, qui ne veut pas finir,
Pour une nuit d´hiver en Méditerranée,
Pour un verre de vin partagé à plusieurs,
Pour que dansent les vagues captives dans le port,
Pour que chantent les filles à la tombée du jour,
Et pour que le silence semble plus léger,
Je joue cette musique qui traînait dans la rue.
Elle vient de quelque part, je ne sais plus très bien,
J´ai visité le monde et j´en suis revenu.
J´ai gaspillé mon âme et j´ai perdu le nord
Je joue cette musique pour ne penser à rien.

(Georges Moustaki)

Illustration: Salvador Dali

 

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