Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Gérard Le Gouic)’

De quoi sera faite la nuit ? (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2020



De quoi sera faite la nuit ?
Je m’en vais solitaire
au bras de mon parapluie.

Un chat noir et malin
sort d’un pommier en fleur
et coupe mon chemin.

De quoi sera faite la nuit ?
La femme qui m’aimait
sur les épaules m’a lancé
sa haine et son balai
et comme une casserolée d’eau sur la nuque
le sang déjà fané de sa blessure.

De quoi sera faite la nuit
si elle n’est plus la forêt
où l’on pouvait s’étendre
dans des cabanes de ténèbres ?

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Partir le coeur vide (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2020



Partir
le coeur vide
la tête sans mémoire,

sur les paumes
le tracé des cols
la pente des fleuves,

dans le poing
l’emplacement des ports.

Partir
nu,
n’emporter que soi
sur les épaules.

(Gérard Le Gouic)

Illustration: Alberto Giacometti

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Regardez (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2020



Gérard Le Gouic  l

Regardez
de quoi vit un poète :
d’un paquet de cigarettes,
de huit heures de sommeil,
d’une demi-bouteille de vin par repas.

Regardez
comment il s’habille,
comment il marche
et fait l’amour,

écoutez
sa conversation avec un parent,
avec un terrassier.

Regardez aussi
comment s’arrête un poète :
si vous croyez qu’il meurt
d’un cancer ou d’un infarctus,
d’une collision sur la route,
en réalité l’emporte
un accident de jeunesse
passé la septantaine
ou bien l’usure à peine atteint vingt années.

(Gérard Le Gouic)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

J’écris parfois (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



J’écris
parfois sur mes paupières
« fermé pour cause de rêve ».

J’écris
parfois sur mes lèvres
« fermé pour cause d’ennui ».

J’écris
parfois sur mes mains
« fermé pour cause de guerre ».

J’écris
souvent sur ma boutique
« fermé pour cause de poésie ».

J’écris
parfois sur ma poitrine
« fermé pour cause d’amour ».

(Gérard Le Gouic)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sentir en soi (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



Sentir
en soi la vie
comme un caillou
qui aurait vécu
sur une autre planète,

le sang
comme du sable
qui se déposerait à chaque ronde
dans les tempes
et dans la mémoire,

sentir
en soi la mort
comme une lumière
sans morsure,
comme un feu
où nulle sève ne brûle.

(Gérard Le Gouic)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Femmes qui m’aimez (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Femmes qui m’aimez
ouvrez de nuit vos rideaux
et regardez le ciel où je chemine
lentement vers vous comme une étoile.

Femmes qui m’aimez
lancez à l’eau votre image
afin que je vous retrouve le soir
dans la plaine du Dniepr,
dans la secrète vallée du Scorff.

Femmes qui m’aimez, tuez-moi
pour que je ne devienne point
celui que vous n’aimerez plus.

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je demande (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Je demande qu’il y ait en Bretagne
dans chaque primevère un breton,
je demande pour ce pays
d’humus et de colère
un breton dans chaque maison,
dans chaque ferme ou moulin,
un breton à chaque porte ou croisée.

Je demande un breton
dans tous les arbres de Bretagne,
un breton dans les haies et les rivières,
je demande pour cette terre
comme une poitrine qui ne parle
qu’en jurons ou en prières
un breton au coeur de chaque pierre.

Je demande qu’il y ait en Bretagne
un breton par bâton,
un breton par moissonneur,
par faucille ou par filet de pêche
et s’il le faut un breton par facteur.

Je demande qu’il y ait un breton
dans le cri de chaque breton.

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Te souvient-il (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



Tronoën [800x600]

Te souvient-il
de cette maison à vendre
qui nous plaisait tant ?

De ses fenêtres nues
nous apercevions Tronoën,
hache émoussée sortant de terre,
et par-dessus d’autres maisons basses
un pollen d’écume sur la mer.

Nous baignions dans une lumière
que nous buvions les yeux fermés,
que nous aspirions par l’oreille,
par le nez
comme le parfum d’une prairie coupée,
par les paumes
comme la tiédeur d’une hanche.

Te souvient-il
de cette maison à vendre
qui nous plaisait tant ?
Je ne sais plus pourquoi
nous ne l’avons pas achetée.
Ah si !
Nous n’avions pas l’argent.

Ici le ciel prend toute la fenêtre
où passent des oiseaux
et de silencieux aéronefs.
J’y reçois des amours
douces puis amères,
j’y loge mes amis poètes
et quand je m’assois pour écrire
j’aperçois la cathédrale de Quimper
dans son bateau vert.

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Le perroquet (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2020




    
Le perroquet

Si je te dis :
il est fier Jacquot,
tu répètes un ton plus haut :
il est fier Jacquot.

Si je te chante :
Allons-z’enfants de la patrie,
tu chantes aussi :
Allons-z’enfants de la patrie.

Mais si je t’annonce devant la fenêtre :
le ciel est bleu aujourd’hui,
tu me réponds sans lever la tête :
le ciel bleu d’une cage est toujours gris.

(Gérard Le Gouic)

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le chat (Gérard le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le chat

Quand le chat s’allonge
Dans le fauteuil de ma chambre,
La nuit devient plus sereine.

Dans les ténèbres veille
La flamme sans sommeil
De sa vigilance secrète.

Je ne perçois pas son souffle,
Ni ses griffes sur le tissu,
Que son âme légère répandue

Comme un parfum qui me rassure
Puis rapidement m’endort.

(Gérard le Gouic)

 

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :