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Comment la confiance peut-elle vivre ? (Karyn Boyle)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



Comment la confiance peut-elle vivre ?

Autour de nous tout s’effondre
et s’effondrera plus encore
jusqu’à ce qu’il ne reste pas pierre
pour soutenir notre pied.
Comment peux-tu croire encore,
toi qui n’as pas d’objet de foi ?
Comment la confiance peut-elle vivre
ainsi, sans aucune racine ?

Est-elle elle-même racine ?
Est-elle elle-même la graine
et l’arbre du monde lui-même croît-il
d’elle ?
En ce cas notre destin réside
chez les cœurs taciturnes.
Pour l’amour de leur silence
le jour peut poindre de nouveau.

Pour l’amour de leur plénitude
le chaos peut fleurir
de la puissance des merveilles – qui se taisent
mais veulent être crues.
Tout peut être brisé.
Il guérira de nouveau
tant que reste vivant
notre germe le plus intime.

Venez, tout ce qui croît intégralement
dans une transparente évidence,
à nous, nous qui comptons
et sommes sur nos gardes,
apprenez-nous que ce jour
où nous cesserons de compter
sera l’accomplissement de notre vie
et notre puissance d’avenir !

(Karyn Boyle)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

 

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Dans le moyeu la coquille implose (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



 

Dans le moyeu la coquille implose,
survit comme un jeu de mots de terreau et rocaille,
se dressant tel un bâton, pour envahir, chasser
le bavardage qui emplissait son corps
pour jaillir, attendre les coups
à venir — ville en germe, de fait, non surgie, même hors
de la ville. Va-t’en. La roue
fut une tromperie. Elle ne peut tourner.

(Paul Auster)

Illustration

 

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Le silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018


deep silence

Le silence, dites-vous,
est un concept
Et si le concept était un germe
issu du silence

(Michel Camus)

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LA MORT D’UN CHÊNE (Victor de Laprade)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



 

Caspar David Friedrich  chene_neige

LA MORT D’UN CHÊNE
[…]

Ne penche plus ton front sur les choses qui meurent ;
Tourne au levant tes yeux, ton coeur à l’avenir.
Les arbres sont tombés, mais les germes demeurent ;
Tends sur ceux qui naîtront tes bras pour les bénir.

Poète aux longs regards, vois les races futures,
Vois ces bois merveilleux à l’horizon éclos ;
Dans ton sein prophétique écoute les murmures ,
Écoute ! au lieu d’un bruit de fer et de sanglots,

Sur des coteaux baignés par des clartés sereines,
Où des peuples joyeux semblent se reposer,
Sous les chênes émus, les hêtres et les frênes,
On dirait qu’on entend un immense baiser.

(Victor de Laprade)

Illustration: Caspar David Friedrich

 

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AVÈNEMENT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
AVÈNEMENT

Un souffle d’éternité
Investit nos paroles
Tandis que l’homme se hâte
De vivre et de mourir

Brève parade des saisons
Flux et reflux des ombres
Précarité du chant

Nos mots chancellent
Nos raisons s’égrènent
Nos sentiers s’épuisent
Nos rêves en sourdine
Récusent l’horizon

Nous cédons
Aux gouffres impassibles
En exil d’espérance
Nous rayons l’avenir

Pourtant
Ni corps Ni coeurs
N’ont dévoilé leurs arcanes

Un monde en germe
Nous invite
A d’autres semailles
D’autres labours
D’autres récits.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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Printemps (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



    

Printemps

C’est le printemps tout à l’heure
Qui naîtra par les bois gris
Où l’hiver lointain se pleure,
Où l’espoir proche sourit,

Car sous les branches dolentes,
Malgré leur morne torpeur,
Les bois ont un air d’attente,
L’air d’attendre du bonheur.

Une sève neuve emmielle
Les bourgeons tout vernissés
Où fuit un premier bruit d’aile
Qu’à peine on entend glisser.

Puis c’est, interrogative
Dans sa troublante douceur,
Soudain la chanson des grives
Qui roule en bémol mineur.

Et toi que pourchasse l’heure,
Attarde au bord des taillis,
Dans l’incertaine demeure,
Hôte un moment accueilli,

Tes pas! Jouis, coeur misérable,
Conscient pour peu d’instants,
De tout cet inexprimable
Charme d’un soir de printemps,

Participe au grand mystère;
Gonfle-toi, ô fleur de chair,
Comme les bourgeons dans l’air,
Comme les germes sous terre.

(Marie Dauguet)

 

 

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Spectacle rassurant (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017



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Spectacle rassurant

Tout est lumière, tout est joie,
L’araignée au pied diligent
Attache aux tulipes de soie
Ses rondes dentelles d’argent.

La frissonnante libellule
Mire les globes de ses yeux
Dans l’étang splendide où pullule
Tout un monde mystérieux !

La rose semble, rajeunie,
S’accoupler au bouton vermeil ;
L’oiseau chante plein d’harmonie
Dans les rameaux pleins de soleil.

Sa voix bénit le Dieu de l’âme
Qui, toujours visible au coeur pur,
Fait l’aube, paupière de flamme,
Pour le ciel, prunelle d’azur !

Sous les bois, où tout bruit s’émousse,
Le faon craintif joue en rêvant ;
Dans les verts écrins de la mousse
Luit le scarabée, or vivant.

La lune au jour est tiède et pâle
Comme un joyeux convalescent ;
Tendre, elle ouvre ses yeux d’opale
D’où la douceur du ciel descend !

La giroflée avec l’abeille
Folâtre en baisant le vieux mur ;
Le chaud sillon gaîment s’éveille,
Remué par le germe obscur.

Tout vit, et se pose avec grâce,
Le rayon sur le seuil ouvert,
L’ombre qui fuit sur l’eau qui passe,
Le ciel bleu sur le coteau vert !

La plaine brille, heureuse et pure ;
Le bois jase ; l’herbe fleurit.
– Homme ! ne crains rien ! la nature
Sait le grand secret, et sourit.

(Victor Hugo)

Illustration: ArbreaPhotos

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Les germes (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017



   
    
Les germes, souvent presque invisibles, ne semblent rien,
et cependant ils portent en eux déjà leur splendeur ou leur malédiction futures,
en eux, dans cette force interne, mystérieuse,
qui les appelle à vivre, les fait monter vers la lumière, leur impose une forme,
— la forme d’où naîtra leur destinée à venir, leur joie et leur orgueil,
ou leur indicible misère, la joie, l’orgueil d’Hélène et de Cléopâtre,
ou la misère du pauvre, de l’idiot, du lépreux, du scrofuleux couvert d’ulcères.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Boire la nuit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017




Boire la nuit
jusqu’à la lie

Avant que pousse l’arbre du jour

Boire la nuit
jusqu’aux racines
Racines de nuit
racines de suie
Broyant la chair
grignotant l’os
Crevant d’amour
jusqu’à l’oubli

Avant qu’éclosent les fleurs du jour

Boire la nuit
jusqu’à la lie
Sol initial
où tout se lie
Où germe est terme
et terme germe
Abîme est cime
et cime abîme

Avant que tombent les feuilles du jour

(François Cheng)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Gao Xingjian

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S’abaisser jusqu’à l’humus (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2017



    

S’abaisser jusqu’à l’humus où se mêlent
Larmes et rosées, sangs versés
Et source inviolée, où les corps suppliciés
retrouvent la douce argile,
Humus prêt à recevoir frayeurs et douleurs,
Pour que tout ait une fin et que pourtant
rien ne soit perdu.

S’abaisser jusqu’à l’humus où se loge
La promesse du souffle originel. Unique lieu
De transmutation où se frayeurs et douleurs
Se découvrent paix et silence. Se joignent alors
Pourri et nourri, ne font qu’un terme et germe.
Lieux du choix : la voix de mort mène au néant,
Le désir de vie mène à la vie. Oui, le miracle a lieu,
Pour que tout ait une fin et que pourtant
toute fin puisse être naissance.

S’abaisser jusqu’à l’humus, consentir
A être humus même. Unir la souffrance portée
Par soi à la souffrance du monde ; unir
Les voix tues au chant d’oiseau, les os givrés
Au vacarme des perce-neige !

(François Cheng)

 

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