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Je rêve à des planètes mortes (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Quand les bureaux et les usines
Par le peuple sont désertés,
Et que Paris semble en gésine
D’une trop vaste humanité,

Alors que l’homme au rire bête
Et son épouse aux airs penchés
Croient égayer ce jour de fête
Parce qu’ils sont endimanchés,

Mon âme, loin des foules grises,
Dont le tumulte est odieux,
Se recueille, avant tout éprise
De la solitude des dieux.

Sur le monde fermant la porte
Et tisonnant mon poêle éteint,
Je rêve à des planètes mortes
Comme à des paradis lointains.

(Jean de la Ville de Mirmont)

 

 

 

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Toute phrase est gésine (Philippe Jones)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



Toute phrase est gésine
une vague à venir
et sans terme certain
à la croisée des sens
elle est graine porteuse
et selon la rencontre
elle sera ce fruit
et sa propre semence

(Philippe Jones)

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Pour chaque jour (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration
    
Pour chaque jour

Pour chaque jour une enfance de mots.
La longue phrase est celle d’une vie.
Si l’écriture est un monde en gésine,
elle est la voix du jour ressuscité.

Rêver d’Icare abrège notre chute
et la prolonge en cet autre dessein
de cheminer entre la terre et l’ombre
pour y semer des graines de pensée.

A tant cueillir des étoiles tragiques,
à tant mener cet étrange combat,
nous déroulons l’écharpe de lumière
pour la poser sur notre ultime jour.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Comme nous elles naissent opaques (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2015



Comme nous
elles naissent opaques
et d’un matériau commun
pour arriver parfois au diamant
et taillées par un art amoureux
retrouver les éclats
d’une étoile
dont nous sommes restés
les
orphelins obscurs et douloureux

Comme nous
elles sont constituées surtout
de vide
et dorment d’un sommeil animal
autant que végétal
mais sans doute moins inquiet
et plus profond

Comme nous
elles possèdent des membres
des poumons et des paupières
quelles agitent moins souvent
moins brutalement
et avec une extrême discrétion

Elles se parfument
mais d’essences plus subtiles
où entrent des rappels d’alambics
immémoriaux et soufrés

Elles aiment les caresses
et s’usent volontiers
vers des courbes et des rondeurs
familières de nuques et de hanches

Elles se montrent gourmandes
mais d’épices
dont les ardeurs montent plus haut
plus loin dans les vertiges
de la durée
et les sargasses cosmiques
de la création
dans les frayères glauques
des premières vapeurs
des gésines gazeuses du néant

(Werner Lambersy)

Illustration

 

 

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