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Poésie

Posts Tagged ‘geste’

Le silence (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2021



Il se pourrait

Que le silence impose, inspire
Certains gestes, certains actes,

A qui vient
Pour le respecter,

Pour accueillir
A travers lui.

(Guillevic)

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La brume flotte sur la mer (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2021



La brume flotte sur la mer
Tu relèves tes cheveux sur le front
Pour mieux voir
Et ton geste est comme une moisson de lumière.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Nous restons figés parfois… (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2021




Illustration: Robert Doisneau
    
Nous restons figés parfois…

Nous restons figés parfois
au milieu d’une rue,
d’un mot
ou d’un baiser,
les yeux immobiles
comme deux longs verres d’eau solitaire,
la vie immobile
et les mains inertes entre un geste et celui qui aurait suivi,
comme si elles n’étaient plus nulle part.
Nos souvenirs alors sont d’un autre
dont à peine nous nous souvenons.

C’est comme si nous prêtions notre vie pour un temps,
sans l’assurance qu’elle nous sera rendue
et sans que personne nous l’ait demandée,
mais en sachant qu’elle sert alors
à quelque chose qui nous concerne plus que tout.

La mort n’est-elle un prêt, elle aussi,
au milieu d’une rue
d’un mot
ou d’un baiser ?

***

Nos quedamos a veces detenidos
en medio de una calle,
de una palabra
o de un beso,
con los ojos inmóviles
como dos largos vasos de agua solitaria,
con la vida inmóvil
y las manos quietas entre un gesto y el que hubiera seguido,
como si no estuvieran ya en ninguna parte.
Nuestros recuerdos son entonces de otro,
a quien apenas recordamos.

Es como si prestásemos la vida por un rato,
sin la seguridad de que nos va a ser devuelta
y sin que nadie nos la haya pedido,
pero sabiendo que es usada
para algo que nos concierne más que todo.

¿No será también la muerte un préstamo,
en medio de una calle,
de una palabra
o de un beso?

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Poésie verticale
Traduction: Traduit de l’espagnol (Argentine) par Roger Munier
Editions: Points

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L’APHRODITE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2021



Illustration: Alexandre Cabanel
    
L’APHRODITE

Infante de l’Amour enfantée par

l’écume de la mer et du vent
l’écume de la vague et du sang
l’écume des amours naissants
l’écume des désirs languissants
l’écume des émois rougissants
l’écume des gestes caressants
l’écume des corps soupirants
l’écume des bouches salivantes
l’écume des lèvres pantelantes
l’écume des étreintes haletantes
l’écume des houles langoureuses
l’écume des foules luxurieuses

l’écume du monde séducteur.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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EMPÉDOCLE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2021



 
    

EMPÉDOCLE

«J’ai rêvé d’un suicide où dans la conquête et le dépassement de la mort
il me serait loisible de regretter pour la première fois le monde, de poursuivre mon geste
avec la certitude qu’il est absurde et vain.
Je devine, en mes chairs, un fourmillement d’êtres oisifs qui n’attendent que ma mort pour naître. »

Quarante ans de méditation ont conduit Empédocle dans le cratère du Stromboli.
À cet instant, pour la première fois,
il a vu un volcan, un ciel bleu, une fumée sulfureuse,
une mort apprise chaque jour et enfin récitée dans le feu de la terre.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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Puisse mon amour… (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    

Puisse mon amour…

Puisse mon amour des dessins changeants
des corps, des eaux et des vents de ce monde
avec les martinets voler encore ce soir
certitude d’un instant dans la joie
d’une vie d’un coup d’aile dépliée
comme si dans le geste de s’ouvrir
il y avait une braise éternelle –

Reviens près de ces pierres
où quelques mots respirent –
écoute-les de toute ta nuit
tout le poids de l’oubli courbé
sur un feu qui consent aux gris
lumineux et fragiles de ces cendres –
poignée de semences
que dispersent les vents –

(Lorand Gaspar)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Derrière le dos de Dieu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il arrive un temps (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2021



Il arrive un temps où même ceux figés
en leurs froidures renouent, à leur insu,
avec des gestes perclus d’étoiles.

(Bernard Montini)

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HAMLET (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




    

HAMLET

Il y a un moment, avant le réveil, où
rêve et réalité se confondent. Certaines fois,
le sommeil empêche de faire cette distinction ;
d’autres, nous nous jugeons engagés
dans la vie sans savoir que nous ne sortons pas encore
des limbes nocturnes. Dans tous les cas,
émotions et sentiments saisissent
le corps; nous nous déplaçons d’un bord à l’autre
avec l’angoisse de cette double existence; en rien,
nous ne dominons les actions que, cependant,
nous subissons comme si quelque chose nous avait
arrachés
à notre lit. Pendant le petit déjeuner, en y
pensant, il reste déjà peu de chose
de la nuit. Ni les personnes, ni les mots,
ni les images ne nous tourmentent avec l’intensité
de naguère. Pourtant, c’est comme s’il manquait
une partie de nous-mêmes. Et, le jour, nous répétons
des gestes dont nous ignorons les destinataires;
nous entendons des phrases dont nous ne comprenons
le sens. Et nous ne savons pas, de fait,

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Un objet déplacé (Robert Roman)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2021



Illustration: Christen Dalsgaard
    
Un objet déplacé
Une galaxie de secondes
Un geste d’adieu
Toute une vie

(Robert Roman)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Recueil: Pensées Ultérieures
Traduction:
Editions: Le Contentieux

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Orange (Diana Burazer)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2021



    

Orange
(ou poème d’amour)

Grosse et mûre, je la prends dans ma main gauche,
je la caresse de la droite,
mon index effleure presque tous ses plis.
Les noeuds,
où demeure sa tristesse durcie,
me surprennent toujours par leur taille.
De mes ongles, je fais une première incision.
Pas de résistance particulière,
pas de révolte.
En silence
une larme jaune
marque notre consentement
mutuel au pénible processus qui s’ensuit
et annonce le début.
Le reste en découle:
je lui dénude une épaule,
puis l’autre.
Ensuite la taille.

Bientôt entièrement nue
dans une fine chemisette transparente,
elle tremble devant nos yeux.

Vas-y, partage-la, elle a l’air bonne —
en attendant à une distance d’où
tout a l’air bon.
Je retarde mes derniers gestes
car je sais
qu’une fois nue et partagée
il sera difficile de garder
ne fût-ce que la mémoire
de sa beauté intégrale.

(Diana Burazer)

Traduit du croate par Vanda Miksic

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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