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Poésie

Posts Tagged ‘gesticuler’

UNE HEURE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019




    
UNE HEURE

Voici des cerveaux voici des cours
voici des paquets sanglants
et des larmes vaines et des cris
des mains retournées
Voici tout le reste pêle-mêle
tout ce que regrette l’agonie
Le vent peut bien souffler furieusement
en gesticulant
ou siffler doucement comme un animal rusé
et le temps s’abattre
comme un grand oiseau gris
sur ce tas où naissent des bulles
Il ne reste après tout
que cette cendre sur les lèvres
ce goût de cendre dans la bouche
pour toujours

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Suite ininterrompue… (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



Suite ininterrompue…

Le ciel ouvre son oeil-de-boeuf
Derrière lequel le soleil gesticule dans des contrées de bruine
Je regarde déguerpir le paysage et se dissiper le clocher
Je découvre le port sous le soleil laiteux d’un ciel nébuleux
Où les mouettes ricanent au-dessus du lancinant tangage des barques
Je parcours ces grèves grises d’herbe salée
Le long de rus obscurs
Jusqu’à cet horizon hermétique
De terres sans fin

Une meute de nuages assaille le rivage salutaire
Je guette une éclaircie pour découvrir des dunes indolentes
Que frôlent d’infimes faisceaux de lumière opaline

À travers un ciel vaporeux
Je pénètre au cœur des forêts clémentes sous de sombres futaies
Où la végétation étouffe le sol

Jour neige ou jour pluie en absence de soleil
Gouttes ou flocons léthargiques et légers
Qui se précipitent et s’alourdissent
Sur la campagne désolée

Les oiseaux s’enfuient
L’eau galope dans les rigoles
L’éclat tendre de l’aube tarde
Au début de cet instant
J’en vis la fraîcheur

J’accompagne l’onde dans la clarté fauve du midi
Jusqu’à cette brume bleue sur la mer
À travers ce bosquet enveloppé de vapeur
Sur ce mystérieux sentier de sable

Je découvre les coloris qu’arborent les parfums
Un brisant d’écume aux arêtes marquées
D’un vert qui est celui d’une vague sertie
Dans une émeraude de la plus belle eau

(Jean-Baptiste Besnard)

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PRUNES (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration
    
PRUNES

Voilé le ciel,
rôdeurs les souffles,
émues les branches.

Soudain la colère des nuées.
La pluie se jette sur les arbres.
Les frondaisons gesticulent.

Et soudain l’averse en fuite,
le verger jonché de prunes
bleues, bouffies, talées, fendues.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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APOTHEOSE DU POINT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

point et virgule

APOTHEOSE DU POINT

« Foin de tout ce qui n’est pas le Point ! »
Dit le Point, devant témoins.
« Sans Moi, tout n’est que baragouin ! »
Quant à la Virgule !
Animalcule, qui gesticule
Sans nul besoin,
Je lui réponds à brûle-pourpoint :
« Qui stimule une Majuscule ?
Fait descendre les crépuscules ?
Qui jugule ? Qui férule ?
Fait que la phrase capitule ?
Qui ?

Si ce n’est
Le Point !

Bref, toujours devant témoins :
Je postule et stipule
Qu’un Point, c’est TOUT ! »
Dit le Point.

(Andrée Chedid)

 

 

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Oui je vous aime (Arthur Bidegain)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



 

oui je vous aime
vous les humains qui
gesticulez
éperdus et seuls
face aux bras qui vous
aiment

(Arthur Bidegain)

Illustration: Jean Paul Avisse

 

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Poème du Fou (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




    
Poème du Fou (fagus: ancien du hêtre)

1
toi
qu’on appelait fou
hêtre

dont le nom
sonne
comme
l’être
nous sommes frères
car je suis
aussi
fou
que
toi

2
hêtre de l’hiver
dans le vent aigre
et bougonneur

penché
du côté
ascendant

être mien
dans les bois
qui penche du côté
du fou
du côté
ascendant

3
avec pour compagnon
le hêtre
— hors
la raison —
dans un pays
plus grand

plus grand
ô oui
où je ne rencontre
personne
que ces élans
de sève

4
fou qui s’incline
devant quel maître ?
fou dans la clarté
du matin
fou sous la pluie

jusqu’aux limites
où l’on ne voit
plus
les fumées
des maisons
humaines

5
gesticulant
sur ce chemin
sacrant
chantant

ah mes compagnons
les hêtres
me regardant
aller vers eux

6
j’écoute leur
murmure de
fou

leur babil de
feuilles
sur la route
des vents

leur chant
océanique

7
fous et fougères
autour
de moi

quelle terre haute
quel ciel ardent
émergent

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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Vaciller (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



Illustration: Tyler Shields
    
Vaciller. Plonger.
Tomber. Nue. Ouverte.
Pourrir. Hurler. Être personne
qui hurle. S’abat. Gesticule.

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: Pourquoi ce corps que je n’ai pas
Editions: Fissile

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Child wife (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017



Vous n’avez rien compris à ma simplicité,
Rien, ô ma pauvre enfant !
Et c’est avec un front éventé, dépité
Que vous fuyez devant.

Vos yeux qui ne devaient refléter que douceur,
Pauvre cher bleu miroir
Ont pris un ton de fiel, ô lamentable soeur,
Qui nous fait mal à voir.

Et vous gesticulez avec vos petits bras
Comme un héros méchant,
En poussant d’aigres cris poitrinaires, hélas !
Vous qui n’étiez que chant !

Car vous avez eu peur de l’orage et du coeur
Qui grondait et sifflait,
Et vous bêlâtes vers votre mère – ô douleur ! –
Comme un triste agnelet.

Et vous n’aurez pas su la lumière et l’honneur
D’un amour brave et fort,
Joyeux dans le malheur, grave dans le bonheur,
Jeune jusqu’à la mort !

(Verlaine)

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Il s’en passe des choses dans ma cité (Guy Foissy)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2016



Il s’en passe des choses dans ma cité.
Il n’y a qu’à regarder.
moi, un jour, j’ai dit: “J’arrête, je regarde.”
J’ai posé par terre mes deux sacs.
Je me suis assis. J’ai regardé.

Les gens venaient
Les gens marchaient
Les gens passaient
Les gens tournaient
Les gens filaient
Les gens glissaient
Les gens dansaient
Les gens parlaient
Gesticulaient
Les gens criaient
Les gens riaient
Les gens pleuraient
Disparaissaient.

Il s’en passe des choses dans ma cité.
Il n’y a qu’à regarder.
On voit de tout, on peut tout voir.
mais ce qu’on ne voit jamais dans ma cité, c’est un regard.
Un regard qui vous regarde et qui s’attarde.

Les gens naissaient
Les gens vivaient
Les gens mourraient.

Et moi, je restais sur mon banc de pierre, encadré par mes deux sacs.
Je regardais.
C’est merveilleux: partout où il y a des femmes, partout où il y a des hommes,
Partout il y a la vie.

J’aurai dû me lever. Leur tendre la main.
Leur dire: “Salut. Bonjour! J’existe.
Et vous? Vous existez?”
Je suis resté assis.

Le plus souvent, c’est ainsi que les choses se passent.

(Guy Foissy)

 

 

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Voici venir les baladins (Jim Morrison)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2016



 

René Julien_Chagall

Voici venir les baladins
Regardez leurs sourires
Observez-les bondir tels des Indiens.
Regardez leurs mimiques
Avec quel aplomb
Ils gesticulent devant nous.
Mots perfides
Mots ricanent
Mots qui guident comme des cannes.
Semez-les ils croîtront
Observez-les osciller sous le vent.
Je serai toujours un homme de mots
Plus qu’un homme-oiseau.

(Jim Morrison)

Découvert chez Lara ici

Illustration: René Julien

 

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