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SOEURS ENNEMIES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



 

soeurs ennemies

SOEURS ENNEMIES

La femme à la langue vitrifiée
lasse d’égrener l’exil

La femme à la langue scellée
lasse d’annoncer les ghettos
Surprennent dans l’oeil de leurs fils
l’aiguillon de la haine
et les fièvres du talion

Pourtant
dans la sagesse de leur sang millénaire
dans l’assurance d’un sang pour vivre
dans les promesses d’un sang d’avenir
S’ébranle le fleuve des alliances
Se modèle la barque qui portera
tous leurs enfants.

Dans le silence d’elles-mêmes
A l’écoute d’un même sang
où s’abreuvent mêmes racines

Elles vont elles iront
dans le futur qu’elles portent
Ces femmes des deux frontières
au présent martelé.

(Andrée Chedid)

 

 

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L’AUBERGE « À LA PETlTE ÎLE » (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

VIncent Van Gogh

L’AUBERGE « À LA PETITE ÎLE »

La nuit, pour calmer un âpre combat,
d’autant plus féroce qu’il se passe en moi seul,
je pense à des luttes plus lointaines : je pense à Lissa,

aux Balkans, à Trieste, au vieux ghetto ;
enfin je me réfugie dans une taverne;
de son seul souvenir j’attends le sommeil.

Déserte tout au long de la chaude journée,
elle a sur ses murs une petite île peinte,
vert émeraude, et tout autour la mer et ses poissons.

Mais de fumée et de chants à la nuit elle est pleine ;
un Dalmate tient contre lui la fille la plus dévêtue ;
le matelot retrouve la sirène.

Moi j’écoute et la compagnie me plaît,
il me plaît de ne pas penser à un paradis
trop différent de cette allégresse

qui s’enroue dans les choeurs et enflamme le visage.

(Umberto Saba)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

 

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TRANSFUSION (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

transfusion  0

TRANSFUSION

Incandescence de four. Ou immense
jet
d’hémoglobine —

: le blasphème
de leur parole vouée à la mort, gisant
dans le sang même
que ton coeur ouvert
prodigue toujours.

Pulsation —
et puis ce qui — (puis
quoi ?) — perce sous le crâne
du sphinx de ghetto — qui met au jour
l’ignominie
et la fièvre de ceux
qui ont renoncé. (Comme toi,
ils errent toujours, toujours
affamés, enfermés dans le pain
de la chair de personne, toujours se font
sentir) :
comme si, dans l’espace entre
le coucher et le lever du soleil,
une main
avait recueilli ton âme
et l’avait pétrie avec les pierres
dans le levain
de la terre.

(Paul Auster)

Illustration : Sandrine Genet

 

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Ici (Lucie Albertini)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2017



Ici
Graphite pur
Ou diamant hors cristal

Inertie primordiale
Du ghetto viscéral

Néant
Vide noir vivant
D’un espace agissant

(Lucie Albertini)

Illustration: Béatrice Hunckler

 

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Soeurs ennemies (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2015



Soeurs ennemies

La femme à la langue meurtrie
Lasse d’égrener l’exil
La femme à la langue scellée
Lasse de prévoir les ghettos
Surprennent dans l’exil de leurs fils
L’aiguillon de la haine
Les fièvres du talion

Pourtant
Dans la sagesse de leur sang millénaire
Dans l’espérance d’un sang pour vivre
Dans le secret d’un sang
Où s’abreuvent mêmes racines
S’ébranle le souffle de l’alliance
Et des promesses à venir

Elles vont Elles iront
Dans le futur qu’elles nomment
Ces femmes sans frontières
Au présent dévasté.

(Andrée Chedid)


Illustration

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LA RUMEUR (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2015



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LA RUMEUR

La terre émerge des brumes, les épis craquent comme du pain frais, une grappe d’abeilles se pend à un prunier.
L’âme s’évase pour accueillir fa joie des hommes qui s’enracine dans le vent.
Mais le vent rebrousse la laine du bonheur ;
une ignoble cicatrice témoigne : des hommes raturés par les hommes, leur rumeur d’essaim jusqu’à l’horrible du cri et de la salve.
Sur leurs bouches ouvertes s’effondrent les murailles du ghetto de Varsovie.

(Gaston Puel)

Illustration

 

 

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