Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘girandole’

CHANSONS INNOCENTES II (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



    

CHANSONS INNOCENTES
II
petit arbre
petit arbre de Noël silencieux
tu es si petit
tu ressembles davantage à une fleur

qui t’a trouvé dans la verte forêt
et as-tu eu de la peine de le quitter?
viens je vais te consoler
parce que tu sens si bon

je vais embrasser ton écorce fraîche
et te serrer très fort contre moi
tout comme le ferait ta mère,
seulement n’aie pas peur

regarde les paillettes
qui dorment toute l’année dans une boîte noire
en rêvant de sortir et de pouvoir briller,
les boules les girandoles rouge et or les guirlandes duveteuses,

lève tes petits bras
et je vais tout te donner à porter
chaque doigt aura son anneau,
et il n’y aura pas le moindre endroit sombre ou malheureux

alors quand tu seras tout habillé
tu te mettras à la fenêtre pour que tout le monde te voie
et comme ils t’admireront!
oh mais tu seras très fier

et ma petite soeur et moi nous prendrons la main
et regardant notre bel arbre
nous danserons et chanterons
« Noël Noël »

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: XLI Poèmes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Nerthe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon coeur avait en lui les douleurs de Venise (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2016



 

Mon coeur avait en lui les douleurs de Venise
Une ville déchue, une ville qui meurt,
Une ville où le soir lentement s’éternise
La voix d’or du passé dont s’éteint la rumeur,

Une ville de rêve où des canaux prolongent
Leur chemin de silence et de froide douleur
Entre des quais de pierre abandonnés qui songent.
Et mettent dans l’eau sombre un peu de leur pâleur.

Mais voici que, soudain, la cité de mon Ame
A reconquis son faste et son orgueil ancien
Quand vous avez relui, faits d’amour et de flamme,
Soleil roux, toison d’or, drapeau vénitien !

Et mes rêves, baignés du feu des girandoles,
Ont repincé le luth sous la lune en halo,
Et j’ai senti le soir des fuites de gondoles
Qui passaient sur mon coeur étoilé comme l’eau !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Roger Suraud

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :