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Posts Tagged ‘giron’

LE DÉPART (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019




    
LE DÉPART

En face, l’océan de paix,
Fais démarrer l’esquif, ô Timonier.
Tu seras le compagnon éternel,
Accepte, accepte-moi sur ton giron,
Sur le chemin de l’infini s’allumeront
Les rayons de l’étoile polaire.

Délivreur, ton pardon, ta compassion
Seront les deniers de ce périple pérenne.
Que ce qui t’attache à la terre se dissolve ;
Le vaste univers m’accueille dans ses bras.
Que dans le coeur se fasse connaître
L’identité sans crainte du grand Inconnu.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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LA MORT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration
    
LA MORT

Si tu n’étais faite que de vide, ô Mort,
En un clin d’oeil l’univers serait anéanti.
Tu incarnes la Plénitude, sur ton sein et ton giron
Tel un enfant le monde est éternellement bercé.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Métaphores de la métamorphose (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



Métaphores de la métamorphose

I

Becqueter
l’oeuf

déchirer
le voile

naître
à nouveau

de son libre
vol

II

Sortir
du ventre
de la nuit

d’un jet
déboucher
sur le jour

pauvre
giron

tablier
de deuil

Et malgré tout
aimer

téter
goulûment
la vie

***

Metâforas da metamorfose
I

Bicar
o ovo

romper
o véu

nascer
de novo

de seu livre
voo

II

Sair
da barriga
da noite

de jacto
desembocar
no dia

regaço
pobre

avental
de luto

E apesar de tudo
amar

mamar
corn gula
a vida

(Teresa Rita Lopes)


Illustration: Vladimir Kush

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Crépuscule d’automne (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Crépuscule d’automne

A mon cher professeur, Bêla Tettamanti

Sous les flocons neigeux de l’automne expirant,
Le crépuscule brun palpite faiblement.

Mon épaule perçoit ton cou chaud plein de grâce.
Ah! ton baiser lointain qui sur ma lèvre passe!

Le froid gémit et je ne peux mettre à l’abri
Sur ton giron brûlant mon visage meurtri.

Triste est le crépuscule et tu sembles lointaine
Et tombent les flocons… Ils reflètent ma peine.

(Attila Jozsef)


Illustration

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C’ÉTAIT LE SOIR, ET NOS PEAUX SE TOUCHAIENT (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Omar Ortiz    
    
C’ÉTAIT LE SOIR, ET NOS PEAUX SE TOUCHAIENT

C’était le soir. Tombant du ciel d’été.
De fous désirs, ardents comme une flamme,
Intimement m’ont visité.
Ma peau touchait ta peau de femme.
Toute ma vie, alors, pulsait
Sur le petit espace
Où ta peau, soudain, à ma peau se fiançait.

Je le sais à présent, c’est toi qu’il me fallait,
Que je cherchais, lorsque ma raison fit surface.
Vous, lointains inhumains,
Ô vous ! petites fleurs à la fine corolle,
— Aux fins dessins,
Entendez-vous de son doux giron la parole ?
Elle est pour moi trop lourde assurément :
La totalité de la femme!
Telle une abeille bourdonnant,
Dès lors, de tout mon coeur bruissant,
Lanceur de comètes, je clame:

Que sont auprès de toi le vignoble au soleil,
Le céleste animal au pelage d’aurore
Empli de fraîcheur dès l’éveil
Ou bien encore
Le bercement matinal des buissons
Sur les coteaux intacts aux tendres mamelons !
Des baisers de la femme
Bouillonne sous ta peau
Toute la gamme.
Souvent j’ai peur, car nous formons un écheveau
Inextricable ! Et s’il me reste quelques fibres
Qui semblent libres,
Tu t’en saisis. Ô combien nous nous désirons !
Mais si c’est même amour que tous deux respirons,
Je le vis tel un roc dessous lequel j’enrage
Et toi comme un coussin plus léger que nuage.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Chanson pour le voyage (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2018




    
Chanson pour le voyage

c’est tellement calme en chemin
en mon coeur
n’importe la route elle est droite
n’importe il fait beau

où va le chemin il me semble
mon toit le ciel
le soleil chaque jour m’assiste
les étoiles veillent

et que j’arrive tôt ou tard
le but m’attend
que voudrait dire fausse route
Dieu dans ton giron

***

Reiselied

So ruhig geh ich meinen Pfad,
So still ist mir zumut ;
Es dünkt mir jeder Weg gerad
Und jedes Wetter gut.

Wohin mein Weg mich führen mag,
Der Himmel ist mein Dach,
Die Sonne kommt mit jedem Tag,
Die Sterne halten Wach.

Und komm ich spät und komm ich früh
Ans Ziel, das mir gestellt :
Verlieren kann ich mich doch nie,
O Gott, aus deiner Welt !

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

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Elle,enjambant mon giron (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Torii Kiyonaga
    
elle,enjambant mon giron,
s’enclenche(et je suçote chaque ardent téton)
et,s’enfonçant,avec tout le doigté fait pour
l’affamé Visiteur guide les lèvres d’amour
Qui(alors que maintenant elle s’assoit,
de presque en presque accordant son doux poids)
Oh,comme embrassent ces chauds cuissots juteux!
et(d’instant en instant profond)ses yeux
contemplent,à peine vivant,ce magique Festin
goulûment disparaissant moins après moins—
au fond de quel hôte palpitant de vertige
(vif pouce à pouce)se pâme dur l’énorme Convive!
(quand nos ventres se pressant rêvent)pour
qu’invisibles riment les pires secrets de l’amour.

***

she,straddling my lap,
hinges(wherewith I tongue each eager pap)
and,reaching down,by merely fingertips
the hungry Visitor steers to love’s lips
Whom(justly as she now begins to sit,
almost by almost giving her sweet weight)
O,how those hot thighs juicily embrace!
and(instant by deep instant)as her face
watches,scarcely alive,that magic Feast
greedily disappearing least by least—
through what a dizzily palpitating host
(sharp inch by inch)swoons sternly my huge Guest!
until(quite when our touching bellies dream)
unvisibly love’s furthest secrets rhyme.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Prends-moi sous tes ailes (Chaïm Nachman Bialik)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



    

Prends-moi sous tes ailes

Prends-moi, oh ! prends-moi sous tes ailes
Et sois pour moi mère et soeur !
Ton giron pour ma tête un refuge,
Un nid pour mes prières.

À l’heure de grâce, au crépuscule,
Je te dirai le fond de ma tristesse.
On dit que la jeunesse existe,
Où donc est-elle, ma jeunesse?

Et encore un secret, je te dévoilerai :
Dans la flamme mon âme s’est consumée.
On dit que l’amour existe.
Qu’appelle-t-on aimer?

Les étoiles m’ont trahi
J’avais un rêve : il s’est enfui.
Et maintenant, je n’ai plus rien,
Je n’ai plus rien au monde.

Prends-moi, oh ! prends-moi sous tes ailes
Et sois pour moi mère et soeur.
Ton giron pour ma tête un refuge,
Un nid pour mes prières.

(Chaïm Nachman Bialik)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: J. Milbauer
Editions: Gallimard

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Galet parmi les galets (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2016


galet_coeur_

 

Te rappelles-tu l’ancien giron
Rotation des flammes ronde des étoiles
Désir insensé de nage, de vol
Au travers d’inapaisables tempêtes
Jusqu’à cette ultime plage

Où tu étais échoué galet parmi les galets
Désormais tout entier livré
aux inapaisables marées
tel un orphelin égaré
pleurant à l’appel de sa mère

(François Cheng)

 

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De passage (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2016



De passage

Revit-on jamais
Les moissons d’autrefois
Les errances du passé
Les chimères de jadis
La parole écoulée ?

Nos images
Ne sont-elles qu’image
Nos corps
Ne sont-ils que chimie
Nos pensées
Regagnent-elles le giron primordial ?

Ainsi dérivent
Nos figures
Si tributaires
Si dérisoires

Ainsi nous captive
La Vie
Si prodigieuse
Si illusoire

Ainsi s’esquivent
Nos années
Sitôt vécues
Et consommées.

(Andrée Chedid)

Illustration: Gustav Klimt

 

 

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