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Poésie

Posts Tagged ‘girouette’

Millepertuis (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



Millepertuis

Le temps a dissipé la blonde silhouette
De mes châteaux de sable aux créneaux sans danger.
De ces châteaux d’enfant j’étais la girouette
Quand je ne savais pas que le temps peut changer.

Mais s’il peut te changer, me changer et me prendre
Ma jeunesse d’hier et notre heure aujourd’hui,
Il n’empêchera pas les saisons de nous rendre
L’iris et l’anémone et le millepertuis.

La jonquille au printemps, l’automne en chrysanthème,
La rose de toujours, la tubéreuse blême,
La sauge en plein été, l’ellébore en hiver,
L’étoile clématite en la nuit qui se sauve,
La glycine de mai dont les larmes sont mauves
Et ce qui se défeuille et ce qui reste vert.

(Louise de Vilmorin)

Illustration

 

 

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Dimanches (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



Louis Tytgadt 31 [800x600]

Dimanches

Morne l’après-midi des dimanches, l’hiver,
Dans l’assoupissement des villes de province,
Où quelque girouette inconsolable grince
Seule, au sommet des toits, comme un oiseau de fer !

Il flotte dans le vent on ne sait quelle angoisse !
De très rares passants s’en vont sur les trottoirs :
Prêtres, femmes du peuple en grands capuchons noirs,
Béguines revenant des saluts de paroisse.

Des visages de femme ennuyés sont collés
Aux carreaux, contemplant le vide et le silence,
Et quelques maigres fleurs, dans une somnolence,
Achèvent de mourir sur les châssis voilés.

Et par l’écartement des rideaux des fenêtres,
Dans les salons des grands hôtels patriciens
On peut voir, sur des fonds de gobelins anciens,
Dans de vieux cadres d’or, les portraits des ancêtres,

En fraise de dentelle, en pourpoint de velours,
Avec leur blason peint dans un coin de la toile,
Qui regardent au loin s’allumer une étoile
Et la ville dormir dans des silences lourds.

Et tous ces vieux hôtels sont vides et sont ternes ;
Le moyen âge mort se réfugie en eux ;
C’est ainsi que, le soir, le soleil lumineux
Se réfugie aussi dans les tristes lanternes.

Ô lanternes, gardant le souvenir du feu,
Le souvenir de la lumière disparue,
Si tristes dans le vide et le deuil de la rue
Qu’elles semblent brûler pour le convoi d’un Dieu !

Et voici que soudain les cloches agitées
Ébranlent le Beffroi debout dans son orgueil,
Et leurs sons, lourds d’airain, sur la ville au cercueil
Descendent lentement comme des pelletées !

(Georges Rodenbach)

 Illustration: Louis Tytgadt

 

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La voix de l’éclair te parle (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -  (1)

La voix de l’éclair te parle,
Renoue avec le passé
sous l’averse et la tempête
dans la nuit des girouettes
en prose et cristal français
tu ne comprends pas sa flamme.
Invente pour chaque image
l’énigme au double visage :
du dehors ou du dedans
lequel est le plus prenant ?

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Un Ordre existe au-delà (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018


ordre

Ce Monde n’est pas Conclusion.
Un Ordre existe au-delà –
Invisible, comme la Musique –
Mais réel, comme le Son –
Il attire, et il égare –
La Philosophie – ne sait –
Et par une Enigme, au terme –
La Sagacité doit passer –
Son concept, échappe aux savants –
Sa conquête, à des Hommes
A valu le Mépris de Générations
Et la Crucifixion –
La Foi glisse – rit, et se reprend –
Rougit devant témoin –
S’accroche à un fétu d’Evidence –
Et sur la Girouette, s’oriente –
Gesticulations en Chaire –
Grondements d’Alléluias –
Nul Opium ne peut calmer la Dent
Qui ronge l’âme –

(Emily Dickinson)

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La Dent (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Ce Monde n’est pas une Conclusion.
Il y a une Vie au-delà –
Invisible – comme la Musique –
Mais positive – comme le Son –
Elle fait signe, elle déconcerte –
La Philosophie – connaît pas –
Et, à travers une Enigme, enfin –
La Sagacité finit par se faufiler –
La deviner tourmente les clercs –
Pour l’avoir, les Hommes ont enduré
Le mépris des Générations
Et la Crucifixion montré du doigt –
La Foi glisse – et rit reprend des forces –
Rougit, devant témoin –
Tire sur une brindille de Preuve –
Demande à une Girouette, le chemin –
Des grands Gestes, de la Chaire –
Roulent de puissants Alléluias –

Aucun Narcotique pour calmer la Dent
Qui grignote l’âme –

(Emily Dickinson)

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Girouette (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018


Girouette

Beaucoup d’amour, peu d’espoir,
Le vent tourne mal, Gustave.
Mieux vaut glisser dans ton noir,
Dans ta mine, dans ta cave.

Mieux vaut glisser dans ta mine,
La fille a le coeur pourri
Et l’espoir que tu rumines
S’enfuit comme une souris.

Mais le vent tourne, Gustave
Et ce bel épi fauché,
C’est la fille au coeur suave
Qui, près de toi, vient coucher.

— Trop tard ; le vent a viré,
L’amour est mort, dit Gustave,
Est mort de faim dans la cave !
I1 est mort et enterré.

(Norge)

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FLUTERIE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



FLUTERIE

Ce petit air de flûte s’enfonçait très bien dans le paysage.
On glissait, on flottait, on effleurait des girouettes.
C’était paisible comme une odeur de buis ;
tout un jardin s’ouvrait pour faire plaisir au coeur.
Le temps ? Mais il durait mieux.
Et la petite flûterie continuait à l’ombre d’une vigne.

(Norge)


Illustration: Henryk Hector Siemiradzki

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Un ami (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018


ami

Un ami Frais – pour les jours Torrides –
Est plus facile à trouver –
Qu’un ami de plus haute température
Pour l’Hiver – de l’Esprit –

La Girouette pointant un peu vers l’Est –
Effraie – les âmes de Mousseline –
Si les Coeurs de Drap sont plus solides –
Que ceux en Organdi –

A qui la faute ? Au Tisserand?
Ah, quel fil déroutant!
Les Tapisseries du Paradis –
Sont d’une main – si obscure!

(Emily Dickinson)

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Retrouver les cachettes dans le mur (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2018




    
Retrouver les cachettes dans le mur
Les pépites des vitraux
Le soldat de l’horizon
Et sa tunique bleue froissée
Les caillots crèvent le chemin,
Une latte d’espoir au poteau de torture
Pour donner l’illusion d’une croix
Mais tout est truqué
Jusqu’au salut de la girouette,
Aux feux de joie dans le camp.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Jeunes mortes (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




Illustration: Lionel Valot
    
Jeunes mortes

Par-delà la tiédeur enivrante des choses
il y a le doux froid, vois la ville des girouettes
les lits caressés de jeunesse fleurante dorment dans l’aube,
l’acier de l’innocence perce les coeurs adolescents
le pic-vert d’amour veille les nénuphars et tremble
les chevelures étranges montent des puits lourdes de songe,

Dans l’aube sonne et dans le sang le premier son des cloches
dans l’aube et dans le sang des cloches de vos gorges
soeurs mes sources solitaires prisonnières de toiles
l’ombre du rossignol pleure sur vos quinze ans
mortes givreuses mortes de satin blanc
mais la pierre est moins rude que l’étreinte de l’homme.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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