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Nous cherchons du sublime dans la boue (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2022




Quand le soleil palpe les fruits
Et caresse la toiture
Quand les abeilles butinent la lumière
Nous déchiffrons des signes

Quand le pavé résonne dans la ville déserte
Esclaves de la pluie
Nous cherchons du sublime dans la boue
Et dans un au-delà du hasard
Nous abordons l’éternel
Sous le regard de glace
De l’étoile la plus froide.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

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POÈMES DE PETERSBOURG (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2022



POÈMES DE PETERSBOURG

1
Saint-Isaac à nouveau se couvre
D’une parure d’argent fondu.
Le cheval de Pierre le Grand
Se fige, impatient; il menace.

Un vent farouche, qui étouffe,
Emporte les fumées des cheminées…
Ah! le souverain est mécontent
De sa capitale nouvelle.

2
Mon coeur bat d’un rythme égal,
Que me font de longues années!
Nos ombres sont pour toujours
Rue des Galères, sous l’arc.

Sous mes paupières mi-closes
Je le vois, tu es avec moi,
Et ta main tient à jamais
Mon éventail encore fermé.

Parce que nous avons vécu
Ensemble un instant de miracle,
Lorsque sur le Jardin d’été
La lune a ressuscité, rose,
Je n’ai plus besoin d’attentes

Près de cette fenêtre lassante
Ni de rendez-vous ennuyeux.
Ah! L’amour est accompli.
Tu es libre, je suis libre,

Demain est meilleur qu’hier, —
Sur l’eau sombre de la Néva,
Devant le sourire glacé
De l’empereur Pierre le Grand.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Vois comme sur la vaste rivière (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2021




    
Vois comme sur la vaste rivière,
Portés par les eaux réveillées,
Vers l’immense infini de la mer,
Les blocs de glace voguent d’affilée.

Qu’ils s’irisent au soleil éclatant,
Ou bien la nuit, dans les ténèbres,
Tous, fondant inexorablement,
Ils voguent vers un même terme.

Tous ensemble, petits et grands,
Perdant la forme qu’ils avaient jadis
Tous, insensibles et indifférents,
S’en vont rejoindre les fatals abysses.
Ô toi, mirage de notre esprit,

Toi, notre petit
Moi humain,
N’est-ce point là le sens de ta vie,
N’est-ce point là ton vrai destin ?

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

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UN DE PLUS OU DE MOINS (Paul Gilson)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2021



 

miroir brisé

UN DE PLUS OU DE MOINS

Encore un carreau qu’on casse
sans que le vitrier passe

Encore un carreau cassé
voilà l’enfant trépassé

A jouer sans crier grâce
il s’est perdu dans les glaces

Mais chaque soir sur son miroir
coule une larme pour mémoire

(Paul Gilson)

 

 

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Encore toi (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2021



Encore toi, la main tendue
Vers un reflet. La glace
Eclate. Tes doigts saignent.
Une voix t’appelle
Au bout du couloir.
L’escalier monte dans le noir.
Tu es là-haut.
Peut-être.

(Louis Guillaume)

Illustration

 

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POUR BOIRE AUX AMIS (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021



 

POUR BOIRE AUX AMIS

Je boirai en souvenir de la blancheur des montagnes
Je tirerai du vin du bouillonnement de la source
par-delà les hauts lieux glacés
Pour offrir le meilleur aux amis pour les réjouir
il faut n’avoir eu peur de rien
il faut s’être avancé très haut
Pour m’inviter à boire, moi aussi
comme si j’étais devenu mon ami
par la grâce de la blancheur de la source
pour devenir mon ami droit dans les yeux.

(André Frénaud)

 

 

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CONSEILS À UNE PARISIENNE (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2021



CONSEILS À UNE PARISIENNE

Oui, si j’étais femme, aimable et jolie,
Je voudrais, Julie,
Faire comme vous ;
sans peur ni pitié, sans choix ni mystère,
A toute la terre
Faire les yeux doux.

Je voudrais n’avoir de soucis au monde
Que ma taille ronde,
Mes chiffons chéris,
Et de pied en cap être la poupée
La mieux équipée
De Rome à Paris.

Je voudrais garder pour toute science
Cette insouciance
Qui vous va si bien ;
Joindre, comme vous, à l’étourderie
Cette rêverie
Qui ne pense à rien.

Je voudrais pour moi qu’il fût toujours fête,
Et tourner la tête,
Aux plus orgueilleux ;
Être en même temps de glace et de flamme,
La haine dans l’âme,
L’amour dans les yeux.

[…]

Voyez-vous, ma chère, au siècle où nous sommes,
La plupart des hommes
Sont très inconstants.
Sur deux amoureux pleins d’un zèle extrême,
La moitié vous aime
Pour passer le temps.

Quand on est coquette, i1 faut être sage.
L’oiseau de passage
Qui vole à plein coeur
Ne dort pas en l’air comme une hirondelle,
Et peut, d’un coup d’aile,
Briser une fleur.

(Alfred de Musset)


Illustration: Ron di Scenza

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FRISSON D’HIVER (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2021



FRISSON D’HIVER

Les becs de gaz sont presque clos :
Chauffe mon coeur dont les sanglots
S’épanchent dans ton coeur par flots,
Gretchen !

Comme il te dit de mornes choses,
Ce clavecin de mes névroses,
Rythmant le deuil hâtif des roses,
Gretchen !

Prends-moi le front, prends-moi les mains,
Toi, mon trésor de rêves maints
Sur les juvéniles chemins,
Gretchen !

Quand le givre qui s’éternise
Hivernalement s’harmonise
Aux vieilles glaces de Venise,
Gretchen !

Et que nos deux gros chats persans
Montrent des yeux reconnaissants
Près de l’âtre aux feux bruissants,
Gretchen !

Et qu’au frisson de la veillée,
S’élance en tendresse affolée
Vers toi mon âme inconsolée,
Gretchen !

Chauffe mon coeur, dont les sanglots
S’épanchent dans ton coeur par flots.
Les becs de gaz sont presque clos…
Gretchen !

(Emile Nelligan)


Illustration: Delphin Enjolras

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OÙ MEURT LE VENT (Jean-Louis Depierris)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



OÙ MEURT LE VENT

Où meurt le vent
Commence l’ombre

Epineuse elle casse
Les campagnes sans fin
pillées de glace

Et fracasse la vitre
Au château déperdu

Où clématite âcre
La mémoire des races
Lisse
Le plumage du temps.

(Jean-Louis Depierris)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Des souvenirs (Mahamoud M’Saidie)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Des souvenirs

Au jardin de ton enfance, j’ai pris de l’herbe
J’en ai fait des fleurs dont les pétales sont de l’or.
Sur une de tes plages, j’ai ramassé du sable et
Des morceaux de corail, j’en ai construit
Un château sonore.
J’ai quitté ton univers pour des zones d’ombre
Et des champs de glaces.
Des frissons d’enfer ont longtemps brisé mon
Ame et mon épine dorsale.
Je n’ai pas besoin d’un collier de corail pour me
Souvenir de ton grand bleu.

(Mahamoud M’Saidie)


Illustration

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