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CONSEILS À UNE PARISIENNE (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2021



CONSEILS À UNE PARISIENNE

Oui, si j’étais femme, aimable et jolie,
Je voudrais, Julie,
Faire comme vous ;
sans peur ni pitié, sans choix ni mystère,
A toute la terre
Faire les yeux doux.

Je voudrais n’avoir de soucis au monde
Que ma taille ronde,
Mes chiffons chéris,
Et de pied en cap être la poupée
La mieux équipée
De Rome à Paris.

Je voudrais garder pour toute science
Cette insouciance
Qui vous va si bien ;
Joindre, comme vous, à l’étourderie
Cette rêverie
Qui ne pense à rien.

Je voudrais pour moi qu’il fût toujours fête,
Et tourner la tête,
Aux plus orgueilleux ;
Être en même temps de glace et de flamme,
La haine dans l’âme,
L’amour dans les yeux.

[…]

Voyez-vous, ma chère, au siècle où nous sommes,
La plupart des hommes
Sont très inconstants.
Sur deux amoureux pleins d’un zèle extrême,
La moitié vous aime
Pour passer le temps.

Quand on est coquette, i1 faut être sage.
L’oiseau de passage
Qui vole à plein coeur
Ne dort pas en l’air comme une hirondelle,
Et peut, d’un coup d’aile,
Briser une fleur.

(Alfred de Musset)


Illustration: Ron di Scenza

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FRISSON D’HIVER (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2021



FRISSON D’HIVER

Les becs de gaz sont presque clos :
Chauffe mon coeur dont les sanglots
S’épanchent dans ton coeur par flots,
Gretchen !

Comme il te dit de mornes choses,
Ce clavecin de mes névroses,
Rythmant le deuil hâtif des roses,
Gretchen !

Prends-moi le front, prends-moi les mains,
Toi, mon trésor de rêves maints
Sur les juvéniles chemins,
Gretchen !

Quand le givre qui s’éternise
Hivernalement s’harmonise
Aux vieilles glaces de Venise,
Gretchen !

Et que nos deux gros chats persans
Montrent des yeux reconnaissants
Près de l’âtre aux feux bruissants,
Gretchen !

Et qu’au frisson de la veillée,
S’élance en tendresse affolée
Vers toi mon âme inconsolée,
Gretchen !

Chauffe mon coeur, dont les sanglots
S’épanchent dans ton coeur par flots.
Les becs de gaz sont presque clos…
Gretchen !

(Emile Nelligan)


Illustration: Delphin Enjolras

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OÙ MEURT LE VENT (Jean-Louis Depierris)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



OÙ MEURT LE VENT

Où meurt le vent
Commence l’ombre

Epineuse elle casse
Les campagnes sans fin
pillées de glace

Et fracasse la vitre
Au château déperdu

Où clématite âcre
La mémoire des races
Lisse
Le plumage du temps.

(Jean-Louis Depierris)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Des souvenirs (Mahamoud M’Saidie)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Des souvenirs

Au jardin de ton enfance, j’ai pris de l’herbe
J’en ai fait des fleurs dont les pétales sont de l’or.
Sur une de tes plages, j’ai ramassé du sable et
Des morceaux de corail, j’en ai construit
Un château sonore.
J’ai quitté ton univers pour des zones d’ombre
Et des champs de glaces.
Des frissons d’enfer ont longtemps brisé mon
Ame et mon épine dorsale.
Je n’ai pas besoin d’un collier de corail pour me
Souvenir de ton grand bleu.

(Mahamoud M’Saidie)


Illustration

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Le sommeil du condor (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



 

Le sommeil du condor

Par-delà l’escalier des roides Cordillères,
Par-delà les brouillards hantés des aigles noirs,
Plus haut que les sommets creusés en entonnoirs
Où bout le flux sanglant des laves familières,
L’envergure pendante et rouge par endroits,
Le vaste Oiseau, tout plein d’une morne indolence,
Regarde l’Amérique et l’espace en silence,
Et le sombre soleil qui meurt dans ses yeux froids.

La nuit roule de l’est, où les pampas sauvages
Sous les monts étagés s’élargissent sans fin ;
Elle endort le Chili, les villes, les rivages,
Et la mer Pacifique, et l’horizon divin ;
Du continent muet elle s’est emparée :
Des sables aux coteaux, des gorges aux versants,
De cime en cime, elle enfle, en tourbillons croissants,
Le lourd débordement de sa haute marée.

Lui, comme un spectre, seul, au front du pic altier,
Baigné d’une lueur qui saigne sur la neige,
Il attend cette mer sinistre qui l’assiège :
Elle arrive, déferle, et le couvre en entier
Dans l’abîme sans fond la Croix australe allume
Sur les côtes du ciel son phare constellé.
Il râle de plaisir, il agite sa plume,
Il érige son cou musculeux et pelé,

Il s’enlève en fouettant l’âpre neige des Andes,
Dans un cri rauque il monte où n’atteint pas le vent,
Et, loin du globe noir, loin de l’astre vivant,
Il dort dans l’air glacé, les ailes toutes grandes.

(Leconte de Lisle)

 

 

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L’amandier sous la lune (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021




    
L’amandier sous la lune

La semence nocturne a mûri dans ma tête,
dans mon nom j’ai scellé l’inconnu sans visage.
Croyant saisir le fruit, l’insecte, l’arc-en-ciel,
et sucer dans le roc l’huile vierge ou le miel,
j’ai glissé vers la nuit sur le miroir des sons :
l’écureuil encagé tourne seul sur sa roue,
au fond du puits rit le silence
où l’abîme s’ébroue.

Sur l’infime épaisseur des mots nous patinons
à reculons depuis l’enfance;
nous chantons, nous dansons
vers l’infini sans regard et sans nom.
A peine un éclair sur la glace,
dans une poésie est inscrite la trace
de l’oiseau qui raya la fragile surface.

***

(Claude Vigée)

Recueil: Anthologie
Traduction: Traduit en langue corénne par Madame Holl Han Kaa
Editions: Revue Arts et Littérature de Corée

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OBSTACLE AILÉ (Gueorgui Konstantinov)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Kurdish, Bangla, Irish, Serbian, Macedonian, Armenian

Poem of the Week Ithaca 674 « Titel », GUEORGUI KONSTANTINOV, Bulgaria 1943

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

OBSTACLE AILÉ

La liberté s’envole
sur les ailes de l’automne –
au-delà de l’horizon,
très loin vers le sud…
La chaîne de montagnes
pèse lourd à mes yeux.
Un nuage neigeux
glisse tel un rideau de fumée …
Je ne crains pas la solitude glacée.
Je n’envie pas l’infini
du vol de l’oiseau.
Car même l’oiseau n’est pas libre –
l’essaim est son frein.

(Gueorgui Konstantinov)

Traduction Elisabeth Gerlache

***

GEVLEUGELDE KLUISTER

De vrijheid vliegt weg
op de vleugels van de herfst ─
voorbij de horizon,
ver weg naar het zuiden …
De bergketen
blijft zwaar in mijn ogen wegen.
Een sneeuwachtige wolk
glijdt als een rookgordijn neer …
Ik vrees de koude eenzaamheid niet.
Ik benijd de oneindigheid niet
van de vogel zijn vlucht.
Want zelfs de vogel is niet vrij ─
de zwerm is zijn kluister.

Vertaling Lujdmila Kolechkova – Germain Droogenbroodt

***

ALADO SOMETIMIENTO

La libertad vuela
sobre las alas de otoño ─
más allá del horizonte,
lejos, hacia el sur…
La cordillera
sigue pesando en mis ojos.
La nube nívea
desciende como una cortina de humo…
No temo la fría soledad.
Ni envidio la infinidad
del vuelo del pájaro.
Tampoco el pájaro es libre ─
la bandada es su sometimiento.

Traducción Rafael Carcelén

***

WINGED BONDAGE

Freedom flies away
On autumn wings—
Beyond the horizon,
Far away to the south …
The mountain range
Weighs heavily on my eyes.
The snowy cloud
Glides downward like a smoke screen …
I do not fear the cold loneliness.
I do not envy the infinity
Of the bird’s flight.
Even the bird is not free—
The flock is its bondage.

Translated by Lujdmila Kolechkova – Stanley Barkan

***

Schiavitù alata

La libertà vola via
sulle ali dell’autunno –
oltre l’orizzonte,
lontano, verso sud…
La catena montuosa
continua a gravare nei miei occhi.
Nuvole cariche di neve
scivolano in basso come uno schermo di fumo …
Non temo la fredda solitudine.
Non ho invidia per l’infinito
volare degli uccelli.
Anche l’uccello non è libero –
Lo stormo è la sua schiavitù.

Traduzione di Luca Benassi

***

GEFLÜGELTE FESSEL

Die Freiheit fliegt
auf herbstlichen Flügeln davon ─
über den Horizont hinaus,
weit weg in den Süden…
Die Bergkette
wiegt schwer in meinen Augen.
Die schneebeladene Wolke
gleitet herab wie ein Rauchvorhang …
Ich fürchte die kalte Einsamkeit nicht.
Ich beneide die Unendlichkeit
des Vogelflugs nicht.
Denn selbst der Vogel ist nicht frei ─
der Schwarm ist seine Fessel.

Übersetzung Wolfgang Klinck

***

SUBMISSÃO ALADA

A liberdade voa
nas asas do Outono ─
para além do horizonte,
para longe, para o Sul…
A cadeia de montanhas
pesa longamente nos meus olhos.
A nuvem de neve
desliza como uma cortina de fumo…
Não temo a solidão fria.
Não invejo a infinitude
do voo do pássaro.
Nem o pássaro é livre ─
No bando, está a sua submissão.

Tradução portuguesa – Maria do Sameiro Barroso

***

ALATA SCHIAVITUTINI

La libbirtà s’abbula
Cu ali d’autunnu–
Oltri l’orizzonti,
Luntanu, versu sud…
La catina di muntagni
Mi pisa assai supra di l’occhi
Li nevuli annivati
Calanu lentamenti comu na curtina di fumu

Jo non mi scantu di la fridda solitutini.
Non ci mmidiu l’infinità
Di lu volu a l’aceddi.
Puru l’aceddu non è libbiru—
Lu sbardu è la so schiavitutini.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

ROBIE ÎNARIPATĂ

Se duce libertatea în zbor
Pe aripi autumnale –
Trece de orizont,
Departe înspre sud.
Lanțul montan
Îmi atârnă greu în ochi.
Norul înzăpezit
Alunecă în adânc, un paravan de fum…
Nu mă înspăimântă însingurarea rece.
Nu invidiez nemărginirea
Din zborul păsării.
Nici libertatea ei nu e deplină –
O ține stolul în robie strânsă.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

SKRZYDLATE ZNIEWOLENIE

Wolność odlatuje
na jesieni skrzydłach –
gdzieś ku morzu,
gdzieś na południe.
A górski łańcuch
przytłacza
moje oczy.
I chmura śniegu
Opada jak dymna kurtyna…
Nie lękam się zimowej samotności.
I nie zazdroszczę bezkresu
ptasiego lotu.
Nawet ptak nie jest wolny –
Stado jest jego zniewoleniem.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka

***

ΚΛΟΥΒΙ ΜΕ ΦΤΕΡΑ

Ελευθερία που πετά μακριά
στα φτερά του φθινοπώρου
πέρα απ’ τον ορίζοντα
μακριά κάπου στο νότο
βουνοσειρά που διατηρεί το βάρος
πάνω απ’ τα μάτια μου.
Σύνεφο γεμάτο χιόνι
κυλά σαν καπνισμένος καθρέφτης
η παγωμένη μοναξιά δεν με φοβίζει
μα δεν ζηλεύω το ατέλειωτο των πουλιών ταξίδι
ακόμα και το πουλί έχει
το κουβί του που λέγεται κοπάδι

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

有翅膀的束缚

自由在秋天的
翅膀上飞走了——
飞出了地平线,
飞到遥远的南方……
崇山峻岭
在我眼里持续沉重。
那雪云
像一幕烟滑下来……
我不怕这冷孤独。
我不羡慕那鸟儿
飞翔的无限。
即使鸟儿也不自由——
集群是它的束缚。

英 译:卢杰德米拉·科列奇科娃
汉 译: 中 国 周道模 2021-3-10
Translation into Chinese by William Zhou

***

عبودية مجنحة

تحلق الحرية بعيدا
على أجنحة الخريف
فيما وراء الأفق،
بعيدا نحو الجنوب…
صوب سلسلة الجبال
فمازالت كبيرة في نظري.
تنسدل غيمة الثلج كسحابة دخان
لا أخاف البرد في وحدتي.
ولا أحسد الطيور لأنها
تحلق في فضاء لا متناه.
فحتى الطائر ليس حرا-
ورباط السرب قيده أبداً.

ترجمته عن الإنجليزية سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Slim

***

पंखों वाला दासता

स्वतंत्रता उड़ जाती है
शरद ऋतु के पंखों पर –
क्षितिज के पार,
दूर दक्षिण में …
पर्वत श्रृंखला

मेरी आंखों में भारी वजन रखता है।

बर्फीला बादल
स्क्रीन की तरह नीचे की ओर…

एक धुआँ

मुझे ठंड के अकेलेपन का डर नहीं है।
मैं अनंत से ईर्ष्या नहीं करता
चिड़िया की उड़ान से।
यहां तक कि पक्षी भी मुक्त नहीं है –
झुंड इसका बंधन है।

इथाका -674 के ज्योतिर्मय ठाकुर द्वारा हिंदी अनुवाद l
Hindi Translation by Jyotirmaya Thakur

***

翼のある束縛

自由は秋の翼に乗って飛び去る
地平線を越えて
遠く南の彼方へ
山々の連なりは
わたしの目に重く
雪のような白い雲は
煙幕のように滑り落ちる
寒々とした孤独をわたしは恐れない
いつまでも飛ぶことのできる鳥を羨まない
鳥でさえ自由ではないのだ
群は束縛である

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

اسارت بالها

آزادى پرواز مى‌کند
روی بالهای پاییز
ماوراء افق،
به سوى دور دست‌های جنوب..
رشته کوه
وزنش روی چشمانم سنگینی می‌کند.
ابر برفی
مانند صفحه‌یی دودی به سمت پایین سُر مى‌خورَد.
من تنهایی سرد نمی‌ترسم.
وبه جاودانگی‌ پرواز
پرنده حسادت نمی‌کنم.
حتی پرنده آزاد نیست
گله ی پرندگان اسارتش‌ست.

گیورگی کنستانتینو، بلغارستان، ۱۹۴۳
ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

КРИЛАТО РОБСТВО

Свободата отлита
на есенни криле –
някъде към морето,
някъде на юг.
А планинската верига
остава да тежи
в очите ми.
И снежен облак се спуска –
като димна завеса …
Не се страхувам
от зимната самота.
И не ревнувам
безкрая на птичия полет.
Даже птицата не е свободна.
Ятото
е нейното робство.

GUEORGUI KONSTANTINOV

***

VÆNGJUÐ ÁNAUÐ

Frelsið flýgur burt
á haustvængjum –
út yfir sjónbaug,
óraveg til suðurs…
Fjallgarðurinn
vegur enn þungt í augum mínum.
Snjóskýið
sígur eins og reyktjald…
Ég óttast ekki kalda einsemd.
Ég þrái ekki eilífðina
í flugi fuglsins.
Ekki einu sinni fuglinn er frjáls –
flokkurinn er hans ánauð.

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Lujdmilu Kolechkovu
Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

КРЫЛАТАЯ ТЮРЬМА

Свобода улетает далеко –
на крыльях осени
за горизонт
на юг…
Горные пики
мне отяжеляют глаз.
Снежная туча

проскользнула мимо, распыляя дым…
Безжизненного одиночества я не боюсь.
Но не завидую и бесконечности

полета птиц.

И птица тоже несвободна –
Ведь ее стая – и ее тюрьма.

Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

ALIPING MAY PAKPAK

Kalayaan ay lumilipad
Sa pakpak ng taglagas –
Lampas sa naabot ng tanaw,
Malayo sa katimugan…
Ang saklaw ng bundok

Patuloy na nagpapabigat sa aking mga mata

Ang malaniyebeng ulap
Nagpapadulas pababa tulad ng malausok na tabing…
Hindi ko kinatatakutan ang malamig na mapag-isa
Hindi ko kinaiingitan ang kawalang hanggang

paglipad ng mga ibon.

Kahit na ang mga ibon ay hindi malaya-
ang kawan ang umaalipin sa mga ito.

Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

שעבוד של כנפיים / גיאורגי קונסטנטינוב

הַחֹפֶשׁעָףהַרְחֵק
עַלכַּנְפֵיהַסְּתָו–
מֵעֵבֶרלָאֹפֶק,
הַרְחֵקהַרְחֵקאֶלהַדָּרוֹם…
רֶכֶסהֶהָרִים
מַמְשִׁיךְלְהַכְבִּידבְּתוֹךְעֵינַי.
הֶעָנָןהַמֻּשְׁלָג
גּוֹלֵשׁמַטָּהכְּמוֹמָסַךְעָשָׁן…
אֵינֶנִּיפּוֹחֵדמֵהַבְּדִידוּתהַקָּרָה.
אֵינֶנִּימְקַנֵּאבָּאֵינְסוֹפִיּוּת
שֶׁלמְעוֹףהַצִּפּוֹר.
אֲפִלּוּהַצִּפּוֹראֵינֶנָּהּחָפְשִׁיָּה–
הַלַּהֲקָההִיאשִׁעְבּוּדָהּ.

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

MERBENDÊN BASKANÎ

Serbestî li ser
baskên payîzê di paş
asoyê re difire,
dûr berv başûrê…
Rêzên çiyan
li ber çehvên min giran dibin.
Ewrên bi berfê barkirî
jordanî dadikevin wek perdeyeke temanî…
Ez ji sariya tenêtiyê natirsim.
Ez dexsê bi nedawiya
firîna balindeyan nakim.
Her balinde bi xwe jî ne serbest e –
ref merbenda wî ye.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

ডানাময় বন্ধন

স্বাধীনতাউড়েযায়
শরৎ এর ডানায়-
দিগন্তের বহুপরে,
অনেকদূরহতে দক্ষিণায়নেরপথে…
পর্বতমালা
আমারনয়নযেভারিহয়েআসে ।
তুষারচ্ছন্ন মেঘোমালা
ধোয়াআবৃতচিত্রেরমতধীরেডানাময় বন্ধননিচেভেসেযায় …
আমিমেঘমালারএকাকীত্বকেভয়পাইনা।
আমিচিরন্তনকেকরিনাঈর্ষা
পাখিরউড়েযাওয়া ।
তবুসেতোনয়মুক্ত-

Translation into Bangla by Shagufta Tabassum Tahmina

***

DAOIRSE na nÉAN

Éalaíonn an tsaoirse
Ar sciatháin an fhómhair –
Thar imeall na spéire,
I bhfad ó dheas…
Luíonn a híomhá
Go trom ar mo shúil.
Anuas amhail brat deataigh
Sleamhnaíonn néal bán…
Ach níl faitíos orm roimh an gcumha.
Nílim in éad le saoirse
Na n-éan;
Ní hionann saoirse is eitilt –
Nach daoirse freisin a n-ealta?

Rua Breathnach a d’aistrigh go Gaeilge
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

DUBINE VREMENA

Kada sunce otera noć
i crta novi dan tamom I svetlom,
ono pokušava da odgonetne znake
što oblaci slikaju na nebu

I kad noć
zatvori umorne oči danu
I osvetli zvezde,
razmišlja o tome šta to dođe
i šta nestade
u dubine vremena.

Са енглеског превела С. Пиксиадес
Translation into Serbian by S. Piksiades

***

КРИЛАТО ЗАЛОЖНИШТВО

Слободата одлетува
На крилјата на есента –
Над хоризонтот,
Далеку од тука, на југ…
Планинскиот венец
Продолжува да тежи во моите очи.
Снежниот облак
Се лизга надолу како димна завеса…
Не се плашам од студената осаменост.
Не ѝ завидувам на бесконечноста
на летот на птицата.
Дури и птицата не е слободна –
Јатото е нејзино заложништво.

Превод од англиски: Даниела Андоновска-Трајковска
Translation from English: Daniela Andonovska-Trajkovska

***

Թևավորստրկություն

Թռչնիթևերով
Հորիզոնիցանդին
Ազատությունըթռչում է դեպիհեռուհարավ…
Լեռնաշղթանծանրանում է աչքերիսվրա
Սահումէներքևամպը ձնառատ,
ինչպեսծխապատէկրան…
Չեմ վախենում սառը մենությունից,
Չեմ նախանձում անսահմանությանը
թռչնի թռիչքի,
Անգամ թռչունն ազատ չէ.
երամը ստրկությունն է նրա:

Translation into Armenian by Armenuhi Sisyan

(Gueorgui Konstantinov)

 

Recueil: Ithaca 674
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
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France: https://arbrealettres.wordpress.com
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Le chat et le miroir (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2020




    
Le chat et le miroir

Philosophes hardis, qui passez votre vie
À vouloir expliquer ce qu’on n’explique pas,
Daignez écouter, je vous prie,
Ce trait du plus sage des chats.
Sur une table de toilette
Ce chat aperçut un miroir ;
Il y saute, regarde, et d’abord pense voir
Un de ses frères qui le guette.
Notre chat veut le joindre, il se trouve arrêté.
Surpris, il juge alors la glace transparente,
Et passe de l’autre côté,
Ne trouve rien, revient, et le chat se présente.
Il réfléchit un peu : de peur que l’animal,
Tandis qu’il fait le tour, ne sorte,
Sur le haut du miroir il se met à cheval,
Deux pattes par ici, deux par là ; de la sorte
Partout il pourra le saisir.
Alors, croyant bien le tenir,
Doucement vers la glace il incline la tête,
Aperçoit une oreille, et puis deux… à l’instant,
À droite, à gauche il va jetant
Sa griffe qu’il tient toute prête :
Mais il perd l’équilibre, il tombe et n’a rien pris.
Alors, sans davantage attendre,
Sans chercher plus longtemps ce qu’il ne peut
Comprendre,
Il laisse le miroir et retourne aux souris :
Que m’importe, dit-il, de percer ce mystère ?
Une chose que notre esprit,
Après un long travail, n’entend ni ne saisit,
Ne nous est jamais nécessaire.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Si un jour de réminiscence (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2020



Si un jour

de réminiscence
le froid te désoeuvre
fais de sa glace
le feu de ton silence

(Bernard Montini)

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Je salue et souris en passant (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



A dix heures du matin la jeune femme
va et vient en robe de chambre derrière
les murs de bois de la maison de son mari.
Je passe solitaire en voiture.

Puis elle revient au bord de la route
pour appeler le marchand de glace, le poissonnier, et debout
timide, sans corset, elle range
des mèches rebelles, et je la compare
à une feuille tombée.

Les roues silencieuses de ma voiture
avancent et font craquer
les feuilles sèches je salue et souris en passant.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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