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Poésie

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Quand se met à souffler ce vent d’automne (Kokinrokujô)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



Quand se met à souffler ce vent d’automne
qui nous glace le coeur
On jugererait qu’il est de ces choses
qui n’ont pas de couleur

(Kokinrokujô)


Illustration: Egon Schiele

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TU DAMNES PAR LES IMAGES (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



Illustration: Jean-Jacques Henner
    
TU DAMNES PAR LES IMAGES

Pourquoi les apparences passent-elles?

Si je te touche, belle, tu glaces d’horreur,
Tu montres l’idée nue et, plus cruelle,
Avant que rien m’ait détrompé,
Déjà tu m’as lié à d’autres peines.
Pourquoi crées-tu, pensée, en corrompant?

Pourquoi persévéré-je à t’écouter?

Quel éternel secret
Me hantera toujours en toi?

Je te traque, je te recherche,
Je regravis la pente, sans répit,
Et toujours, inlassable en la tempête
Ou désarmant les rocs,
Tu damnes par les images.

Silences frémissants, élans infinis,
Courses, brûlures jalouses, faux pas,
Rires, tourments, frissons, lèvres inquiètes,
Délirante clameur,
Abandon écumant,
Impérieuse gloire,
Solitude sans nombre,

Votre lumière, je le sais, n’est pas la vraie,

Mais vivrait-on sans tes métamorphoses,
Faute heureuse?

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le troupeau (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2019



Illustration: Patrick Mahieu
    
Le troupeau

En bas de la colline
dans l’herbe glacée
j’entends les hennissements
de la lumière
le ciel est un reflet
je me retourne
mes yeux fouillent
les ratures du paysage
distinguent un troupeau
de fenêtres sauvages

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Encore une approche manquée… (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019




    
Encore une approche manquée…

Trop de mots, décidément.
Trop de mots tonitruants.

Elle n’hésite plus, désormais,
à se montrer au grand jour,
au creux de la main,
au fond de la gorge,
la faucheuse…
Il n’est plus temps de jouer
à déclarer mille fois son amour.
La terre, jusqu’à nouvel ordre,

n’a rien d’un théâtre
où se déploie le merveilleux.
Seul le froid s’invite dans l’air,
s’infiltre, se resserre,
épaissit le silence.
Il m’accompagne depuis l’enfance
ce silence glacé
dans le calme accablant
du noir.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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Amour en même instant m’aiguillonne et m’arrête (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



 

Karol Bak arachnoid

Amour en même instant m’aiguillonne et m’arrête,
M’assure et me fait peur, m’ard et me va glaçant,
Me pourchasse et me fuit, me rend faible et puissant,
Me fait victorieux et marche sur ma tête.

Ores bas, ores haut, jouet de la tempête,
Il va comme il lui plait mon navire élançant :
Je pense être échappé quand je suis périssant,
Et quand j’ai tout perdu, je chante ma conquête.

De ce qui plus me plait, je reçois déplaisir ;
Voulant trouver mon coeur, j’égare mon désir ;
J’adore une beauté qui m’est toute contraire ;

Je m’empêtre aux filets dont je me veux garder :
Et voyant en mon mal ce qui me peut aider,
Las! je l’approuve assez, mais je ne le puis faire.

(Philippe Desportes)

Illustration: Karol Bak

 

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Dans la nuit. Dans le froid. Dans le vent. (Charlotte Delbo)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



Louis Mitelberg 3 [800x600]

Il faudra rester des heures
immobiles
dans le froid
et dans le vent.

Nous ne parlons pas.

Les paroles
glacent sur nos lèvres.

Le froid
frappe de stupeur
tout un peuple de femmes
qui restent debout immobiles.

Dans la nuit.
Dans le froid.
Dans le vent.

(Charlotte Delbo)

Illustration: Louis Mitelberg

 

 

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Le bleu-clarté (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019




    
Le bleu-clarté du ciel-cristal
invente le mot radieux
Le soleil mélangé au froid
brûle et glace à tue-tête
Un lézard passe pensée furtive
ll fait beau comme un éclair calme

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Impossible de simuler (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



agonie

 

J’aime un regard d’Agonie,
Car je sais qu’il est vrai –
On ne singe pas, la Convulsion,
On ne feint pas, des Affres –

L’Oeil se glace d’un coup – et c’est la Mort –
Impossible de simuler
Les Perles sur le Front
Par la fruste Angoisse enfilées

(Emily Dickinson)

Illustration: Egon Schiele

 

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HEURES TERNES (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

Euan Macleod   56 [1280x768]

HEURES TERNES

Voici d’anciens désirs qui passent,
Encor des songes de lassés,
Encor des rèves qui se lassent;
Voilà les jours d’espoir passés!

En qui faut-il fuir aujourd’hui!
Il n’y a plus d’étoile aucune;
Mais de la glace sur l’ennui
Et des linges bleus sous la lune.

Encor des sanglots pris au piège!
Voyez les malades sans feu,
Et les agneaux brouter la neige;
Ayez pitié de tout, mon Dieu!

Moi, j’attends un peu de réveil;
Moi, j’attends que le sommeil passe;
Moi, j’attends un peu de soleil
Sur mes mains que la lune glace.

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Euan Macleod 

 

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CHANSON DE VENDANGES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Daniel Ridgway Knight
    
CHANSON DE VENDANGES

L’automne sourit au flanc des coteaux
En le rouge orgueil des grappes vermeilles,
Allons les beaux gas ! Hotte sur le dos !
Filles, emportez serpes et corbeilles
Et, tout en chantant, bras dessus dessous
Dans les vignes d’or prenez la volée.

Refrain
Allez en vendange et dépêchez-vous
(Les raisins sont mûrs, les raisins sont doux)
N’attendez pas la gelée,
N’attendez pas la gelée.

Mordant ou frôlant les raisins rosés,
Les lèvres ont l’air de raisins farouches
Allons les beaux gas ! Cueillez des baisers,
Filles, pour cela, tendez-leur vos bouches ;
Et vers le bonheur d’au-dessus de nous
Vendangeurs d’amour prenez la volée.

Le temps de vendange et celui d’amour
Durent dans la vie une nuit de rêve,
Hélas les beaux gas ! Le bonheur est court
Filles ! La jeunesse est encor plus brève !
Et l’hiver blanc, fils des automnes roux,
Glace le baiser qui prend sa volée.

(Gaston Couté)

 

 

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