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Poésie

Posts Tagged ‘glaciale’

Vent (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



Vent

Le pouce de l’église
Et la main du village
Agrippent au passage
La robe de la bise

C’est dans le vent fou
Qui passe très bas
Des milliers de bras
Autour de ton cou

Il me jette la nuit
Glaciale au visage
Et comme un voleur fuit
Tout le long du rivage.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Depuis (Mibu no Tadamine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



Depuis que j’ai quitté
Celle qui paraissait glaciale
Comme l’aube qu’éclaire encore la lune,
Il n’y a pour moi de choses plus triste
Que le point du jour!

(Mibu no Tadamine)


Illustration: Hokusaï

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La lune et un escargot (Toti Scialoja)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2016



La lune et un escargot immaculé
avec une glaciale lenteur calculée
passent sur une feuille de chicorée.

(Toti Scialoja)

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Victoire (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Victoire

I
Comme si je voulais
abattre en soufflant une tour de fer.
Comme si j’espérais
entrer dans ses yeux et me sourire.
Comme si j’éprouvais
pour moi l’amour qu’elle n’éprouve pas
et que j’étais elle en train de l’éprouver, à mesure
que mon visage se montrerait aimé.
Six mois d’une telle bataille perdue sans avoir commencé.

II
Non, cet amour n’a pas de sens.
Mon cœur bat le pavé.
Le pavé, en ne répondant pas,
avive mon amour.
Non, cet amour n’a pas de sens.
Six mois enfin révolus
je mérite d’atteindre la bouche
souriante-négative
qui dansonne dans ma poitrine.
Ce fut dans ce couloir.
Ce soir-là. En cette
minute-là sans aucune fleur
entre des panneaux bureaucratiques
de parfait désamour.
Fut-ce concession à la fatigue?
Récompense au mérite?
Allez savoir. L’amour
s’est enivré du baiser
que je lui ai donné et que je me suis donné
sur sa bouche glaciale.
Ce fut rien. Ce fut tout?

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Albert Edelfelt

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Le non-gai savoir (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Le non-gai savoir

La maturité, terrible cadeau
qu’on nous fait, en nous prenant avec elle
toute saveur gratuite de l’offrande
sous la froideur glaciale d’une stèle,

la maturité voit, mais le bandeau
tronque la surprise de la fenêtre,
le cercle vide de son étendue,
qui par le monde est changé en cachot.

La maturité sait le prix exact
des amours, des loisirs, des lassitudes,
mais sans rien pouvoir contre son savoir

ni contre elle-même. L’odorat fin,
l’oeil fin, la main, libérée de tout charme,
se détruisent dans le rêve existence.

(Carlos Drummond de Andrade)

Illustration: La Maturité par Victor Rousseau

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MAISON FERMÉE (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016





MAISON FERMÉE

Je songe à la désolation de l’hiver
Aux longues journées de solitude
Dans la maison morte —
Car la maison meurt où rien n’est ouvert
Dans la maison close, cernée de forêts

Forêts noires pleines
De vent dur
Dans la maison pressée de froid
Dans la désolation de l’hiver qui dure

Seul à conserver un petit feu dans le grand âtre
L’alimentant de branches sèches
Petit à petit
Que cela dure

Pour empêcher la mort totale du feu
Seul avec l’ennui qui ne peut plus sortir
Qu’on enferme avec soi
Et qui se propage dans la chambre

Comme la fumée d’un mauvais âtre
Qui tire mal vers en haut
Quand le vent s’abat sur le toit
Et rabroue la fumée dans la chambre
Jusqu’à ce qu’on étouffe dans la maison fermée

Seul avec l’ennui
Que secoue à peine la vaine épouvante
Qui nous prend tout à coup
Quand le froid casse les clous dans les planches
Et que le vent fait craquer la charpente

Les longues nuits à s’empêcher de geler
Puis au matin vient la lumière
Plus glaciale que la nuit.

Ainsi les longs mois à attendre
La fin de l’âpre hiver.

Je songe à la désolation de l’hiver
Seul
Dans une maison fermée.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration

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Je lance des cailloux transparents (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2015



Je lance des cailloux transparents
Sur la mare que frôle la brise
Où s’ébattent des canards errants
Qui emplissent de cris l’aube grise.

Dans le galop mouillé du vent froid,
Je parcours des nuits aux mains glaciales
Qui sèment de nouvelles étoiles
Dans le sillons du ciel tracés droit.

Je bois longuement l’eau des fontaines
Quand le soleil mire en leur cristal
Ses regards aux prunelles lointaines
Qui fascinent le ciel virginal.

J’écoute le silence des pierres
Quand arrive la chute du jour
Avec un ultime cri d’amour
Sous un lent battement de paupières.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

 

 

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