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Poésie

Posts Tagged ‘glaise’

BLANC (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



BLANC

Terreuse
cette peur
cette terreur
du masque de glaise
et de vers
sur ton visage.

Mais le masque
n’est qu’une image.
Ton visage
de larmes et de neige
se désagrège
au passage.

Si tu consens
à la candeur
du mouvement
qui t’efface
le oui de la lumière
est ta demeure.

(Jean Mambrino)


Illustration

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Les pas (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018


 

Les pas entendus
le corps, les visages, les mains
se fondent au village
à grands arbres sculptés.
Il n’y a plus de temps à perdre
répète une voix.
Ce sont pourtant les mêmes pas
que dans la glaise des matins
où brillaient le cuivre et l’étain.
L’avenir se cache dans les plis
des rideaux figés
le pain fait la chair.

(Jean Follain)

Illustration

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CIMETIÈRE MONTPARNASSE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018



 

Andrée Chedid   rl

CIMETIÈRE MONTPARNASSE

Sous un rectangle de pierre
Je me fondrai dans la glaise
De Paris

Mon lot de poussière
S’unira à ce sol
Tant parcouru
Tant chéri.

(Andrée Chedid)

 

 

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VESTIGE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

papier peint chardons

VESTIGE

Je me reconstruis.
Ou, de ce peu de voix
qui ne se désagrège pas,
je te parle.

De ce qu’
un mot aurait pu vivre
sans moi,
dans la rotondité d’un oeil
qui s’ouvre et se ferme.
Et de ce que signifie être découvert.

Je me reconstruis.
Je me dépouille de ce qui reste
de ma voix.

Cette maison,
croulant sous les tiges
de chardon blanc, dans la glaise
qui éclate
dans la lumière
des bouches.

Mon à jamais,
toujours uni au tien.

(Paul Auster)

 

 

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Je prétends à la vie (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018



    
Je prétends à la vie
Et ne supporte pas
Qu’on me tienne enfermé
Dans les pages d’un livre

Hors des mots seulement
Je palpite et je suis
Pareil à cette image
Inconnue de moi-même

Si quelqu’un veut toucher
Mon coeur qu’il s’agenouille
Et creuse lentement
Le coeur chaud de la terre

Qu’il soulève en ses mains
La glaise et le terreau
L’humus qui garde encor
Une odeur de châtaigne

Qu’il aille plus profond
Dans la nuit des racines
Là où le feu commence
A mordiller le grain

Qu’il me saisisse enfin
Alors que je dérive
Inlassablement nu
Vers un pays certain.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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L’AVENTURE N’ATTEND PAS LE DESTIN (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018



 

Illustration: Jacek Malczewski
    
L’AVENTURE N’ATTEND PAS LE DESTIN

Peut-être bien
Que tout au bout de cette vie il n’y a rien
Que c’est comme le dos du mur de l’hospice
Des détritus
Ou trois cents mètres de précipice
Dans la glaise du temps difficile à manier
L’Aine fait un tout petit peu de fumée
Il y a l’herbe l’os blanchi et le vieux casque
La cinquième roue d’une destinée restée en panne

Dressé sur le hors-bord qui fourrage la nuit
Il reste malgré tout l’espoir d’une aventure
Le goût sur et salé d’un matin de printemps
Quand dans le soubresaut félin de la voilure
S’insinue la caresse immédiate du vent

On est porté plus loin que son épaule même
Immergé comme un boeuf au beau milieu des eaux
On a soudain du caractère et l’on s’élève
Miraculeusement à son propre niveau.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Que m’importe (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



Illustration
    
Que m’importe que dans mon poème ton corps
soit un soleil en forme de femme
si ton corps de glaise et de sang
reste aussi loin que l’astre dont je te pétris.

Que m’importe le poème
s’il n’est que mots sur l’absence.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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La maison d’Hélène (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017




    

La maison d’Hélène

II a suffi du liseron du lierre
Pour que soit la maison d’Hélène sur la terre
Les blés montent plus haut dans la glaise du toit
Un arbre vient brouter les vitres et l’on voit
Des agneaux étendus calmement sur les marches
Comme s’ils attendaient l’ouverture de l’arche
Une lampe éparpille au loin son mimosa

Très tard les grands chemins passent sous la fenêtre
II y a tant d’amis qu’on ne sait plus où mettre
Le pain frais le soleil et les bouquets de fleurs
Le sang comme un pic-vert frappe longtemps les cœurs
Ramiers faites parler la maison buissonnière
Enneigez ses rameaux froments de la lumière
Que l’amour soit donné aux bêtes qui ont froid
À ceux qui n’ont connu que la douceur des pierres

Sous la porte d’entrée s’engouffre le bon vent
On entend gazouiller les fleurs du paravent
Le cœur de la forêt qui roule sous la table
Et l’horloge qui bat comme une main d’enfant

Je vivrai là parmi les roses du village
Avec les chiens bergers pareils à mon visage
Avec tous les sarments rejetés sur mon front
Et la belle écolière au pied du paysage.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Du côté de Belmont (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017




    
du côté de Belmont

ah ! glaise, boue, chemin
bleu des montagnes vert à croquer
partout dans ce pur matin
paroles d’herbes et de baies

fleurs jaune d’or qui éclosent
gros yeux d’une grenouille
combien sommes-nous ainsi joyeux
buvant penchés cette eau clairette

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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L’heure exacte (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



 

Valentine Hugo

L’heure exacte
A Valentine Hugo.

L’heure exacte marque la rage
Aux dents de singe
Vingt-quatre couchera de soleil
Sur un horizon ridicule
Vingt-quatre couchers de province
Aux joues exquises
Ont fini de délibérer

Et mille lieues de fuite à débrider
Rayon maigre innocent
Et la spirale de lanières qui s’écroule
Au seuil des plaies au seuil du baume

Mal funèbre mal d’encre
Caché par des doigts purs
La glaise de l’automne alourdit le feuillage
Le cheval arrivé ne dépassera pas
La corde pour se pendre
L’horloge enfarinée dit l’heure du départ
Mais elle est arrêtée.

(Paul Eluard)

Illustration: Valentine Hugo

 

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