Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘glaise’

Comme un art poétique (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022




    
Comme un art poétique

Un poème toujours se cherche en toi
Qu’il sorte de ta main
Qu’il sorte de la glaise
Qu’il sorte de ton sang
Qu’il sorte de nos rêves

Un poème toujours trouve son chemin
Qu’il naisse de ta sève
Qu’il naisse de ton pain
Qu’il naisse des vieux temps
Qu’il renaisse demain

Un poème toujours craquèle sa coquille
Qu’il éclate à l’aurore
Qu’il éclate au creux du soir
Qu’il éclate en traîne d’espoir
Qu’il éclate en poussière d’étoiles

Un poème toujours couve sous la cendre
Qu’il brûle comme brindille
Qu’il brûle comme bûcher
Qu’il brûle en ses méandres
Qu’il brûle en gerbe d’or
Nervures de la terre feu ciel amor
Le poème est en marche c’est la fin de la mort

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Glaise, humus, gravier (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2022


herbes-glaise-marais

Glaise, humus, gravier,
laisse-toi conduire
par la marche équitable.

(Pierre Dhainaut)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | 4 Comments »

TOUJOURS (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



 

An He 5

TOUJOURS

Tu peux bien m’enfermer
Dans la neige et les fleurs
Me défendre d’aimer
Une saison nouvelle
Je regarde le ciel
Et je te porte en moi

Tu sauves les vergers
Ton rire mieux qu’une aile
Apprivoise en passant
Une étoile égarée
Les lièvres les oiseaux
Boivent dans tes prunelles

Tu es toute la vie
La glaise et le feuillage
Si j’écarte le vent
Je trouve ton visage
Dormant comme un ruisseau
Plein de frai lumineux

Ta main va se poser
Sur ma plus haute branche
Tu plantes des bleuets
Tout autour de mes yeux
L’océan accompagne
Au loin ta robe blanche

(René Guy Cadou)

Illustration: An He

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

INFIMUS INFIMI (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



INFIMUS INFIMI

Ce point en toi
qui respire
qui souffre et jouit
qui voit

enfoui
dans l’eau de la chair
la glaise du corps
où il s’abrite

perdu parmi
l’abîme étoilé
des cellules
en chacune en nulle

glissant à travers
la vie la mort
l’avenir
déjà passé

pour le contenir
seule est assez petite
l’éternité.

(Jean Mambrino)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Que ne t’atteigne pas l’air, l’aurore, la nuit (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019



Que ne t’atteigne pas l’air, l’aurore, la nuit,
mais seulement la terre, et la vertu des grappes,
et la pomme qui pousse en entendant l’eau pure,
la résine et la boue de ta terre odorante.

Depuis Quinchamali où tes yeux furent faits
jusqu’à tes pieds créés pour moi sur la Frontière
tu es la glaise obscure et que je reconnais :
tout le blé je le touche à nouveau sur tes hanches.

Et peut-être l’ignorais-tu, mon Araucane,
lorsque avant de t’aimer j’oubliai tes baisers
qu’il nie restait au coeur mémoire de ta bouche

et j’allai par les rues pareil à un blessé
pour comprendre à la fin que j’avais découvert
mon territoire, amour, de baisers, de volcans.

***

No te toque la noche ni el aire ni la aurora,
sólo la tierra, la virtud de los racimos,
las manzanas que crecen oyendo el agua pura,
el barro y las resinas de tu país fragante.

Desde Quinchamalí donde hicieron tus ojos
hasta tus pies creados para mí en la Frontera
eres la greda oscura que conozco :
en tus caderas toco de nuevo todo el trigo.

Tal vez tú no sabías, araucana,
que cuando antes de amarte me olvidé de tus besos
mi corazón quedó recordando tu boca

y fui como un herido por las calles
hasta que comprendí que había encontrado,
amor, mi territorio de besos y volcanes.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

BLANC (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



BLANC

Terreuse
cette peur
cette terreur
du masque de glaise
et de vers
sur ton visage.

Mais le masque
n’est qu’une image.
Ton visage
de larmes et de neige
se désagrège
au passage.

Si tu consens
à la candeur
du mouvement
qui t’efface
le oui de la lumière
est ta demeure.

(Jean Mambrino)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les pas (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018


 

Les pas entendus
le corps, les visages, les mains
se fondent au village
à grands arbres sculptés.
Il n’y a plus de temps à perdre
répète une voix.
Ce sont pourtant les mêmes pas
que dans la glaise des matins
où brillaient le cuivre et l’étain.
L’avenir se cache dans les plis
des rideaux figés
le pain fait la chair.

(Jean Follain)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CIMETIÈRE MONTPARNASSE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018



 

Andrée Chedid   rl

CIMETIÈRE MONTPARNASSE

Sous un rectangle de pierre
Je me fondrai dans la glaise
De Paris

Mon lot de poussière
S’unira à ce sol
Tant parcouru
Tant chéri.

(Andrée Chedid)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 1 Comment »

VESTIGE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

papier peint chardons

VESTIGE

Je me reconstruis.
Ou, de ce peu de voix
qui ne se désagrège pas,
je te parle.

De ce qu’
un mot aurait pu vivre
sans moi,
dans la rotondité d’un oeil
qui s’ouvre et se ferme.
Et de ce que signifie être découvert.

Je me reconstruis.
Je me dépouille de ce qui reste
de ma voix.

Cette maison,
croulant sous les tiges
de chardon blanc, dans la glaise
qui éclate
dans la lumière
des bouches.

Mon à jamais,
toujours uni au tien.

(Paul Auster)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je prétends à la vie (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018



    
Je prétends à la vie
Et ne supporte pas
Qu’on me tienne enfermé
Dans les pages d’un livre

Hors des mots seulement
Je palpite et je suis
Pareil à cette image
Inconnue de moi-même

Si quelqu’un veut toucher
Mon coeur qu’il s’agenouille
Et creuse lentement
Le coeur chaud de la terre

Qu’il soulève en ses mains
La glaise et le terreau
L’humus qui garde encor
Une odeur de châtaigne

Qu’il aille plus profond
Dans la nuit des racines
Là où le feu commence
A mordiller le grain

Qu’il me saisisse enfin
Alors que je dérive
Inlassablement nu
Vers un pays certain.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :