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Poésie

Posts Tagged ‘glissant’

Pâle la lune (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018




Debout sur la lande boisée
Au soir, fatigué du chemin,
Là où fleurit l’oeillet rouge
Et la rose.

Sombre et reclus,
Entouré par la pinède nocturne,
Une sauvage et haute vision
Passe devant moi en glissant.

Un doux tintement de cloches
S’élève de la vallée ;
Est-ce un moine qui mélancoliquement
Tire la corde pour sonner ?

Est-ce avec nostalgie qu’il regarde
Le voyageur fatigué
Qui dans le crépuscule
Rougeoie comme un saint ?

Je me suis assis sur un rocher
Des heures durant
M’efforçant d’entendre dans mon souvenir
Une pleine volée de cloches.

Suis-je le moine, ou le voyageur,
Jamais plus je ne l’ai su.
Sur les cimes passait en glissant
Pâle la lune.

(Friedrich Nietsche)

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Escalier raide et glissant (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018




    
escalier raide et glissant
vers une crique
un carrelet sans filet
grince
on descend

petite plage grise au vent
on fait face

on n’a rien à se dire

la mer n’a pas d’yeux

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Peau
Traduction:
Editions: Tarabuste

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Frais ô ruisseau du regard (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



    

Frais ô ruisseau du regard glissant sur nous
Où brille vive ablette un temps nouveau comme
Le premier rire de l’été vers les rives.
Qui dira si la vasque se nommait hasard
Moins rencontre dans le jeu que souterrain désir
Ou si par la nuit l’ordre était écrit.
Que longtemps se poursuive en nous secret l’accord
Et que luise au-delà un silence rêvé.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le ciel est gris (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Etienne-Maurice Falconet
    
Le ciel est gris

Le ciel est gris. Des poèmes s’envolent.
Sur l’autre rive une flûte accompagne
le chant des eaux. Des insectes se meurent,
des diamants fondent parmi les herbes.
Tu dis : le monde est beau, le monde est beau,

et moi vêtu je me sens traître au jour.
Nu, voilà : nu ! Il faudrait être nu
et si discret, glissant comme une plume,
être une palme, exiler la pensée
pour devenir un rêve d’écriture
par le seul corps, cette encre de l’aurore.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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LES SOMNAMBULES (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



somnambules

LES SOMNAMBULES

Quand on est amoureux, on vit
A la façon des somnambules
Qui vont, plus légers que des bulles,
Sur le bord des toits, l’œil ravi.

Le bord glissant comme de l’huile
Est sûr et ferme sous leurs pas.
Le gouffre est là, qu’ils ne voient pas,
Au bout de la dernière tuile.

Ils marchent les bras en avant
Comme s’ils priaient leurs étoiles,
Et ne sentent pas dans leurs moelles
Monter le vertige énervant.

Débarrassés des lois physiques,
Un aveugle instinct les conduit.
Les précipices de la nuit
Ont pour eux de douces musiques.

La brise qui leur parle bas
A n’avoir pas peur les engage.
L’infini leur tient un langage
Que le monde ne comprend pas.

Soutenus par un souffle étrange
Ils cheminent, silencieux,
Gomme s’il allaient dans les cieux
Partir avec des ailes d’ange.

Ils vont ainsi jusqu’au moment
Où, d’un cri perçant leur oreille,
Quelqu’un qui les voit les réveille,
Et rompt le charme brusquement.

L’ange s’enfuit! Reste la bête,
Qui, soûle encor d’avoir rêvé,
Chancelle, et va sur le pavé,
Sanglante, se casser la tète.

(Jean Richepin)

 

 

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MÉLOPÉE (Paul Van Ostaijen)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



 

MÉLOPÉE

Sous la lune glisse la longue rivière
sur la longue rivière glisse lasse la lune
sous la lune sur la longue rivière
le canot glisse vers la mer
Le long des hauts roseaux
le long des prairies basses
le canot glisse vers la mer

le canot glisse et passe
avec la glissante lune lasse vers la mer
ainsi l’homme la lune le canot
glissent-ils glissants compagnons vers la mer
pourquoi la lune et l’homme glissent-ils ensemble dociles
sur la rivière vers la mer

(Paul Van Ostaijen)

Illustration: Adam Colonia

 

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Oublier (Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2016



Oublier
Abandonner au fleuve aux temps glissants et noirs
Ce qui fit que la chair était nue dans le temps
Quitter a chaque jour l’édifice brillant
Les salles illustrées de la mémoire.

(Jean Jouve)

 

 

 

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Pollens de lumière (Jean Aron)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2015


diffuspollen

 

Saura-t-on capter,
un soir de sombre songerie,
ce ruissellement de matière
glissant au gré des heures
et qui féconde
sur des plis de draps écrus
ses pollens de lumière?

(Jean Aron)

Illustration

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Entre le ciel et l’eau (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2015



Entre le ciel et l’eau

Entre le ciel et l’eau, je suis entre le ciel
Qui est hier fixé dans l’azur du passé
Un ciel qui n’est pas immobile mais qui reste
Le même presque — Et l’eau de l’avenir qui fut
troublante et donne
le vertige, où se reflète le ciel d’hier
pareil, mais pas du tout de la même façon
Instable, comme glissant, d’un pas mal sûr
Inquiet comme se tenant sur une boule,
Et puis aussi selon les ondulations
Changeantes toutefois, plus profond ou plus clair,
Allongé par des bouts et raccourci par d’autres
Très incertain, assurément, très incertain
Et je me tiens ainsi, entre le ciel et l’eau
Appuyé tout contre le ciel sans empêcher
la clarté que je fais irrévocablement
Vers l’eau, vers l’eau mal sûre et pleine
d’inconnu, fascinante parfois ou qui fait peur
Selon que tel reflet s’allonge ou se restreint
prend toute la place ou la laisse à un autre
toujours selon les ondulations.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration

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