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Poésie

Posts Tagged ‘glisser’

Parle, parle (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019


 


 

Jeanie Tomanek againtowardmorning

Parle, parle dans la lande de la nuit.
Des métros complets de cafard roulent dans ton crâne.
Tu plonges la main dans les corps comme dans un bocal
pour remonter l’étincelle à hauteur de tes prunelles.
Mais les âmes glissent comme des poissons dans ta main.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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Les yeux brûlés de n’avoir pas dormi (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2019




    
Les yeux brûlés de n’avoir pas dormi
J’ai juste le droit d’écouter
Le silence de la rue
À travers le vacarme du sang
Qui bout dans mes oreilles

Les autos glissent
Le vent se tait
Les platanes effeuillés
N’ont rien à dire

Il me vient un désir
D’offenser cette paix
Par l’envol brisé
D’un corps

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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On le sait (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019



Illustration: Vladimir Kush
    
On le sait

On le sait par cette écume
où frissonnent nos poitrines
par ce phare qui s’allume
cette voile qui s’incline

le vent glisse sur la toile
bruit de sable qui s’écoule
on le sait qu’on va chez toi
l’acharnée où mon sang roule

sur la côte tremble un feu
on le sait qu’on nous attend
vague à vague creux par creux
que s’affale cet élan.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Et puis il y a ces draps (Farah-Martine Lhérisson)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



 

Jacques Damville (7)

Et puis il y a ces draps
qui font glisser
mes souvenirs
cette lampe de chevet s’en va
mais … reviens
je la veux l’image du tableau
d’en face
je la porterai en écharpe
elles se sont perdues mes
croisières

(Farah-Martine Lhérisson)

Illustration: Jacques Damville

 

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La source de l’homme c’est l’impossible (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



Lorsque tu disais
la source de l’homme c’est l’impossible
il y avait du ciel qui glissait
des mots s’ouvraient
sur des fenêtres
pour voir
simplement pour voir

(Christian Viguié)

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Bonheur, étouffe-moi pendant une seconde (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



Illustration
    
Bonheur, étouffe-moi pendant une seconde

Bonheur, cause entendue,
Cause perdue,
J’aimerai le premier visage,
Je vous appellerai ma sœur,
Passante, mettez-vous entre le monde et moi,
Je tomberai de rue en rue,
Cueilli dans les filets
Qui me retiendront tout le soir ;
Et dans le buisson des lumières,
Couteaux aigus visant au cœur,
Je dormirai peut-être sur les pierres,
Je dormirai peut-être sur le vide
Je dormirai aux portes du matin,
Une épaule nue glisse avec la nuit,
Est-ce la vague qui se creuse
Et se soulève et prend un corps
Qui doit mourir ?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le bonheur était au grenier (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019




    
le bonheur était au grenier
paré de toiles d’araignées
par la lucarne entrait la lune
et le frisson par l’escalier

on avait peur d’être surpris
par un fantôme ou bien par une
grand-mère folle au regard gris
la bougie s’éteignait la lune

glissait sur un meuble branlant
nos mouvements devenaient lents
pendant que nos coeurs palpitaient

l’un de nous ouvrait la lucarne
sur les mystères de l’été
qui nous déléguaient la lucane

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Gens sérieux s’abstenir
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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ON ENTEND ENCORE LA MER (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019



Illustration: Sabin Balasa
    
ON ENTEND ENCORE LA MER

Depuis plusieurs nuits déjà on entend encore la mer,
glisser en va-et-vient sur le sable fin.
Écho d’une voix enfermée dans l’esprit
qui remonte le temps, mais aussi cette
plainte assidue des mouettes : d’oiseaux
des tours peut-être, qu’avril
pousse vers la plaine. Par cette voix
déjà tu m’étais proche,
et je voudrais que te parvienne aussi,
à présent, un écho de mémoire de moi,
comme cet obscur murmure de la mer.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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Il n’existe qu’un chemin (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Il n’existe qu’un chemin :
Celui de ta main légère ;
Comment trouver autrement
Le pays qui m’est si cher ?

Pour que je vogue sans heurt
Vers mon rivage là-bas,
porte ta main vers mes lèvres
Et ne la retire pas.

Les doigts minces sont tremblants
Et le corps frêle s’anime —
Mon esquif glisse au-dessus
Des eaux, de leur calme abîme.

***

(Ossip Mandelstam)

 

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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MARAIS DE YEUN ELEZ (Xavier Grall)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



 

MARAIS DE YEUN ELEZ

MARAIS DE YEUN ELEZ

Parmi les chiens bleus
je partirai sans dire rien
dans les marais de Yeun Elez

Je laisserai glisser toute chair
dans la terre triste de Botmeur
les larmes lisseront pierres

Je partirai sans maudire rien
muet, inutile, sans paupières
dans l’inutilité des tourbes

Lasses sont les âmes
de trop aimer sans recevoir
fourbues les pluies de féconder rien

Peuple errant des maudits
crapauds clabaudant aux étangs
sonnent les glas à Brennilis

Passion selon l’Ankou
les poètes aux enfers descendent
fous les vents sur les collines

Dans les marais de Yeun Elez
l’archange ne répond pas aux mourants
crient les landes à minuit

Plaisirs mauvais qui me crucifient
c’est fini, je m’en vais aux marais
traînant ma plainte et ma légende

(Xavier Grall)

 

 

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