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Poésie

Posts Tagged ‘globe’

PLUS LOIN (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



PLUS LOIN

J’en ai fini du globe avec quatre foulées !
— Lance un hameçon dans le ciel !
Il ne faut pas moins que le ciel
Pour te remplir les mains et fondre dans ta bouche ! —
— Je plonge dans la chair des étoiles, je touche
La nuit avec son long goût d’herbe, je me couche
Sur les nuages de l’été !
— Il ne faut pas moins que l’éternité.

(Marie-Jeanne Durry)

 

 

 

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Il a suffi (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2019



Illustration: Odilon Redon
    
Il a suffi
D’un léger mouvement des paupières
Souples à caresser les globes
Effervescents d’abolir les objets.

(Jean Tortel)

 

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AU CONDITIONNEL (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019



Illustratio: René Magritte
    
AU CONDITIONNEL

Si je savais écrire je saurais dessiner
Si j’avais un verre d’eau je le ferais geler et
je le conserverais sous verre
Si on me donnait une motte de beurre je
la ferais couler en bronze
Si j’avais trois mains je ne saurais où
donner de la tête
Si les plumes s’envolaient si la neige fondait
si les regards se perdaient, je
leur mettrais du plomb dans l’aile
Si je marchais toujours tout droit devant
moi, au lieu de faire le tour du
globe j’irais jusqu’à Sirius et
au-delà
Si je mangeais trop de pommes de terre je
les ferais germer sur mon cadavre
Si je sortais par la porte je rentrerais
par la fenêtre
Si j’avalais un sabre je demanderais
un grand bol de Rouge
Si j’avais une poignée de clous je les
enfoncerais dans ma main
gauche avec ma main
droite et vice versa.

Si je partais sans me retourner, je
me perdrais bientôt de vue.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’allée est droite et longue, et sur le ciel d’hiver (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



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L’allée est droite et longue, et sur le ciel d’hiver
Se dressent hardiment les grands arbres de fer,
Vieux ormes dépouillés dont le sommet se touche.
Tout au bout, le soleil, large et rouge, se couche.
À l’horizon il va plonger dans un moment.
Pas un oiseau. Parfois un léger craquement
Dans les taillis déserts de la forêt muette ;
Et là-bas, cheminant, la noire silhouette,
Sur le globe empourpré qui fond comme un lingot,
D’une vieille à bâton, ployant sous son fagot.

(François Coppée)

Illustration

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Nulle Issue (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Nulle Issue – les Cieux étaient cousus –
Les Colonnes se rapprochaient
La Terre renversa ses Hémisphères –
Je touchai l’Univers –

Mais il se déroba – et seule –
Simple Point sur un Globe –
J’errai à la Circonférence –
Plus loin que Plongeon de Cloche –

***

I saw no Way – The Heavens were stitched
Ifelt the Columns close –
The Earth reversed her Hemispheres –
I touched the Universe –

And back it slid – and I alone –
A speck opon a Ball –
Went out opon Circumference –
Beyond the Dip of Bell –

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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Je me souviens d’une revue (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2018




    
Je me souviens d’une revue
qui s’appelait Je sais tout
et dont le symbole était un homme au corps
en forme de globe terrestre
(n’était-ce pas plutôt un globe terrestre devenu visage?)

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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Envolés les rêves souriants (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




Envolés les rêves souriants,
Envolé le passé,
Le présent est lugubre,
L’avenir confus et lointain.

Je n’ai jamais éprouvé
La joie ni le bonheur de vivre.
Vers des temps anciennement disparus,
Je me tourne avec tristesse.

J’ignore ce que j’aime,
N’ai ni paix ni repos ;
Je ne sais ce que je crois :
Pourquoi vivre encore, à quoi bon ?

Je voudrais mourir, mourir,
Dormir sur la lande verte ;
Les nuages passent au-dessus de moi,
Autour de moi, la solitude de la forêt.

Les roues éternelles de l’univers
Continuent leur cours circulaire;
Le ressort rouillé du globe terrestre
Sans cesse de lui-même se remonte.

Belle occupation que de faire ainsi comme l’air
Le tour du globe qui tourne en rond,
De se glisser dans tous les recoins
De se fondre à l’univers en suspension!

Beau plaisir que d’étreindre le monde
Dans son élan universel,
Et puis d’écrire un article de magazine
Sur les proportions du cosmos.

Au gouffre de mon ventre,
J’ai réduit de force l’infini,
Puis prouvé par mille raisons
Qu’étaient finis monde et temps.

L’homme n’est pas la noble image
De la divinité.

Moi-même de jour en jour plus alambiqué
[…]
C’est à l’instar de mon caractère natif
Que je m’imagine aussi Dieu.

Je fus réveillé de rêves pesants
Par un sourd tintement de cloches.

(Friedrich Nietsche)

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Je suis pris dans le remous (Arthur Bidegain)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



 

je suis pris dans le remous
d’êtres sans scrupule
êtres à plusieurs têtes sans
yeux
mais à globes vitrifiés
dont la langue tournoie
sans cesse demandant
grâce mais
tuant dans le même espace
cube triangle carré

(Arthur Bidegain)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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DE QUI PINÇAIT TES CORDES ÉTRANGÈRES (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



Illustration: Gérard Segear
    
DE QUI PINÇAIT TES CORDES ÉTRANGÈRES

De qui pinçait tes cordes étrangères,
Ce coeur, autant qu’il semble, n’a plus cure :
D’où vient dès lors l’émoi que tu réveilles
En mon esprit chagrin, vieille guitare?

C’est comme si le chaleureux soleil
S’attardait encore au fin fond du val
Après que des nues d’orage et de nuit
En auraient offusqué le globe père.

C’est comme si le miroir du ruisseau
Toujours retenait l’image des saules
Encor que la hache eût de longue date
Couché leurs cheveux d’argent dans la poudre.

Pareillement, guitare, ta magie
A fait jaillir les pleurs, éveillé le soupir,
Enjoint à l’ancien torrent de couler
Quand la source même en était tarie!

***

FOR HIM WHO STRUCK THY FOREIGN STRING

For him who struck thy foreign string,
I ween this heart hath ceased to care;
Then why dost thou such feelings bring
To my sad spirit, old guitar?

It is as if the warm sunlight
In some deep glen should lingering stay,
When clouds of tempest and of night
Had wrapt the parent orb away.

It is as if the glassy brook
Should image still its willows fair,
Though years ago the woodman’s stroke
Laid low in dust their gleaming hair.

Even so, guitar, thy magic tone
Has moved the tear and waked the sigh,
Has bid the ancient torrent flow
Although its very source is dry!

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Où est-elle la face du globe terrestre ? (Haruo Mizuhara)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



Où est-elle la face
du globe terrestre ?
Nuit d’automne en été

(Haruo Mizuhara)

Illustration: Jean Libon

 

 

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