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Poèmes d’un rescapé (Matsuo Atsuyuki)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020



Illustration: Roger Somville    
    
Poèmes d’un rescapé
1965

La tumeur
de mon bras a eu
vingt ans cet été

Mes globules blancs
suffisent à peine
C’est l’été dirait-on

Libellules au ciel
Dans ma tête les enfants
qui ne vieilliront jamais

Lauriers-roses dans la ville
Criant dans les rues je défile
cette année encore

Comme à l’ordinaire
les érables rougissent où
sont les cendres des enfants

Pour le nouvel an
couper une branche de prunier au
cimetière des enfants

Seule chose au monde en
quoi je puis croire cette
pierre que je caresse

(Matsuo Atsuyuki)

In Je ne peux le croire
Fukushima Nagasaki, Hirosghima, haïkus & tankas, 2018.
Traduits du japonais par Kemmoku Makoto et Patrick Blanche.

Recueil: Courage Dix variations sur le courage et un chant de résistance
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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LES ZOOLOGIES (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018


 


 

Igor Morski -9 [1280x768]

LES ZOOLOGIES

Un poisson nage au fond de ma poitrine,
Un oiseau plane au creux de mon cerveau.
Je me soumets à leurs libres critiques :
Ils ont la grâce éclatante des mots
Venus tout droit de leurs zoologies.

Ce manuscrit, qu’en dirait le coyote,
Et ce roman, plairait-il au lézard ?
Cette musique, est-ce toi qui la portes
Ou l’hirondelle ou le sage cafard ?
Et si mon corps n’était que faune et flore !

Jamais genette ici ne put survivre.
Les animaux fiancés à la mort,
En s’enfermant dans leurs prisons de cuivre
Ont fait chanter mon âme un peu plus fort.
Je les aimais du fond de mes élytres.

Zèbre ici-bas de pampas se contente
Et zèbre ailleurs marche au fond de la mer.
Un rouge-gorge est un bijou qui chante,
Une prunelle un oiseau toujours vert
Et chaque lèvre un frisson d’eau dormante.

Ils sont tous là : aigles, poissons, virgules
Et double V, redoutable animal.
Tout leur cortège en ma phrase circule,
Un cri s’élève : amour est le fanal,
Je suis gardé par ses tendres globules.

Il n’est qu’ara pour parler de contrainte,
Il n’est que lièvre à dévorer le vent.
Je me soumets, animaux, à vos plaintes.
Toute douleur est préface du chant,
Vivez en moi, frères venus des limbes.

Imprimez-vous en ma peau, lettres vives,
Et gardez-moi d’oublier vos pelages.
Qu’un livre soit le jumeau, le sosie
Des animaux échappant à nos cages.
Un tigre d’or circule dans mes phrases,
La coccinelle est au bout de ma ligne,
Tout livre est jungle où la parole est libre.

(Robert Sabatier)

Illustration: Igor Morski

 

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Nous sommes sur un globule rouge (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018




    
Nous sommes sur un globule rouge
de dieu malade qui se soigne
et n’arrive pas à guérir.

(Jean Cocteau)

 

Recueil: Le Cap de Bonne-Espérance suivi de Discours du Grand Sommeil
Traduction:
Editions: Gallimard

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