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Poésie

Posts Tagged ‘glorieux’

Quels sentiments s’emparent de toi (Carl Gustav Carus)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: David Caspar Friedrich
    
Quels sentiments s’emparent de toi
lorsque gravissant le sommet des montagnes,
tu contemples de là-haut la longue suite des collines,
le cours des fleuves et le spectacle glorieux qui s’ouvre devant toi ?

— tu te recueilles dans le silence,
tu te perds toi-même dans l’infinité de l’espace,
tu sens le calme limpide et la pureté envahir ton être,
tu oublies ton moi.

Tu n’es rien,
Dieu est tout.

(Carl Gustav Carus)

 

Recueil: Neuf Lettres sur la peinture de paysage
Traduction:
Editions:

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Vis de toutes tes forces (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2017




    
Vis de toutes tes forces, aime, souffre et pleure,
saigne s’il le faut, mais vis et sois grand,
et que pendant un instant,
— oh! que ce soit ton orgueil!
— par la magie du rêve ou la splendeur de tes passions,
le néant de ton âme puisse être, comme le Néant universel,
glorieux, sublime, magnifique et divin !

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Sois bon, sois doux, sois aimant (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2017




    
Sois bon, sois doux, sois aimant.

Aie l’âme pleine de pitié devant la douleur des êtres.

Puisque la vie est un combat,
et que l’odieuse loi du plus fort est la loi de l’univers entier,
aie compassion des faibles, des petits qui succombent,
recueille les blessés, adoucis leurs souffrances, console leurs misères ;
aime comme le Boudha ou Jésus.

Et sois poète aussi, crée de glorieux mensonges.
Parle du bien, proclame la splendeur du beau :
— n’évite quelque fois que de parler du vrai.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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La Nature brûle comme une amante (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017




    
La Nature brûle comme une amante.
Le Soleil de baisers la couvre,l’étouffe, la tue;
elle le veut encore, toujours et sans fin le rappelle.

— Aimez donc tous, aimez ainsi :
lèvres des amants, unissez-vous;
brûlez ainsi, chairs des amants.

Ayez votre heure d’illusion,
votre part du glorieux mensonge;

un instant dans vos bras mortels,
enfermez, pressez, étreignez
l’immortelle beauté du néant !

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Pourquoi le dernier désir (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017



Illustration: Frida Kahlo

    

Pourquoi le dernier désir de ceux qui aiment
avec passion ou, jusqu’au vertige,
s’enivrent du chant, de la danse ou du vin,
est-il un désir d’anéantissement?

— Quel étrange besoin de se sentir morts,
et de ne se plus réveiller, et, fous de vertige,
de rouler d’abîme en abîme
et de rentrer dans l’infini!

Quel besoin glorieux de délivrance !

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Couchant sur l’Hellas (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



Illustration: Emile-Antoine Bourdelle
    
Couchant sur l’Hellas

Tes pas mystérieux d’amante virginale
Erraient près de l’étang que l’Artémis créa.
Le couchant, glorieux comme un cri de cymbale,
Ensanglantait les flots où dort le nymphéa.

Mon rêve rayonna d’une extase inconnue,
Autour de toi rôda mon désir obstiné…
Tu souriais debout et divinement nue,
Plus blanche que Léda, plus blonde que Daphné.

Le soleil, rougissant les cheveux des prêtresses,
Exaspérait l’ardeur de leur corps irrité…
Au lointain hennissaient les noires Centauresses
Dont le rut saccageait les herbes de l’été.

(Renée Vivien)

 

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Vertige (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017




    
Vertige

Après de vains efforts pour atteindre la cime,
Je me vois suspendue au-dessus de l’abîme,
Et me verrai bientôt engloutir par l’abîme…

Je le sens aujourd’hui, c’est en vain que mes mains
S’agrippent dans l’horreur des efforts surhumains…
Malgré moi, malgré moi, se desserrent mes mains…

Et cependant là-haut, très claire, sous l’aurore,
La lune resplendit, glorieuse, et se dore,
O consécration de la nouvelle aurore !

Je croyais bien pouvoir la surprendre aujourd’hui
La cime sur laquelle un beau soleil a lui.
Quand l’atteindrai-je enfin ? Qu’elle est belle aujourd’hui !

Pour l’atteindre, chacun oserait le vertige…
Elle est bleue et pareille à la fleur sur sa tige !
Je l’atteindrai !… Voici que survient le vertige…

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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L’Heure (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Hans Baldung
    
L’Heure

Voilà l’inévitable et terrible moment
Où mon destin s’écrit inévitablement.

Une muette horreur m’envahit et m’accable
Devant le calme front de l’Heure inévitable.

Il ne me reste plus l’élan d’un jeune espoir…
Sans force et sans ardeur, je m’abandonne au soir.

Je n’entends plus le luth ni la musicienne
Ni le jour glorieux… Ah ! que la fin survienne !…

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Sur la robe elle a un corps (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



Sur la robe
elle a un corps

Le corps de la femme est aussi bosselé que mon crâne
Glorieuse
Si tu t’incarnes avec esprit
Les couturiers font un sot métier
Autant que la phrénologie
mes yeux sont des kilos qui pèsent la sensualité des femmes
Tout ce qui fuit, saille avance dans la profondeur
Les étoiles creusent le ciel
Les couleurs déshabillent
« Sur la robe elle a un corps »
Sous les bras des bruyères mains lunules et pistils quand les eaux se déversent
dans le dos avec les omoplates glauques
Le ventre un disque qui bouge
La double coque des seins passe sous le pont des arcs-en-ciel
Ventre
Disque
Soleil
Les cris perpendiculaires des couleurs tombent sur les cuisses

(Blaise Cendrars)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Fabienne Contat

 

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À UNE JEUNE FILLE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2016



 

Alexander Nedzvetskaya (3)

À UNE JEUNE FILLE

Pourquoi, tout à coup, quand tu joues,
Ces airs émus et soucieux ?
Qui te met cette fièvre aux yeux,
Ce rose marbré sur les joues ?

Ta vie était, jusqu’au moment
Où ces vagues langueurs t’ont prise,
Un ruisseau que frôlait la brise,
Un matinal gazouillement.

*

Comme ta beauté se révèle
Au-dessus de toute beauté,
Comme ton coeur semble emporté
Vers une existence nouvelle,

Comme en de mystiques ardeurs
Tu laisses planer haut ton âme.
Comme tu te sens naître femme
A ces printanières odeurs,

Peut-être que la destinée
Te montre un glorieux chemin ;
Peut-être ta nerveuse main
Mènera la terre enchaînée.

*

À coup sûr, tu ne seras pas
Epouse heureuse, douce mère ;
Aucun attachement vulgaire
Ne peut te retenir en bas.

*

As-tu des influx de victoire
Dans tes beaux yeux clairs, pleins d’orgueil,
Comme en son virginal coup d’oeil
Jeanne d’Arc, de haute mémoire ?

Dois-tu fonder des ordres saints,
Etre martyre ou prophétesse ?
Ou bien écouter l’âcre ivresse
Du sang vif qui gonfle tes seins ?

Dois-tu, reine, bâtir des villes
Aux inoubliables splendeurs,
Et pour ces vagues airs boudeurs
Faire trembler les foules viles ?

*

Va donc ! tout ploiera sous tes pas,
Que tu sois la vierge idéale
Ou la courtisane fatale…
Si la mort ne t’arrête pas.

(Charles Cros)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya

 

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