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Poésie

Posts Tagged ‘glorifier’

On a noyé tous les dieux (Sergueï Stratanovski)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021




    

On a noyé tous les dieux
et dans notre kolkhoze spirituel
Des jeunes filles bien proprettes
récoltent le lin au milieu des champs
Les rivières débordent de lait
et les poissons volent dans les airs
Glorifiant plaines et montagnes
et la nouvelle harmonie cosmique

***

Потопили богов,
и живем мы в колхозе духовном
Чистотелые девушки
лен убирают в полях
Реки полны молока,
и летают по воздуху рыбы
Славят равнины и горы
и новый космический лад

(Sergueï Stratanovski)

 

Recueil: Les ténèbres diurnes
Traduction:Traduit du russe par Henri Abril
Editions: Circé

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Ton regard me défie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2020



Ton regard me défie.
Le souffle de l’embrun
Caresse ton sein brun
Que mon chant glorifie.

L’étreinte ratifie
L’entente entre nous.
Je t’honore à genoux
Et je te déifie.

A toi je le confie
Mon grand péché mortel
Et sur son bel autel
L’amour nous sanctifie

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: André Masson

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Où les donzelles bouclées s’en vont-elles (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Où les donzelles bouclées s’en vont-elles,
portant sur les épaules leurs amphores pleines,
elles dont le pas si ferme est si léger;
et dans le fond une vallée qui s’ouvre
en vain attend les belles
qu’ombrage une vigne sur la tonnelle
dont oscillent pendantes les grappes.
Le soleil qui monte au ciel,
les coteaux entrevus
n’ont point de teintes: dans le doux
instant la nature foudroyée
fixe les poses de ses heureuses
créatures — mère, non marâtre — en des formes légères.
Monde qui dort, ou monde qui se glorifie
d’immuable existence, qui le peut dire?
homme qui passes, toi aussi donne-lui
de ton jardin le rameau le meilleur.
Puis continue: dans cette vallée
ombre et lumière ne s’alternent.
Bien loin d’ici te conduit ton chemin,
point d’asile pour toi, tu es trop mort :
de tes étoiles poursuis le cours.
Adieu donc, infantes toutes bouclées, pour toujours,
portez sur les épaules vos amphores pleines.

***

Dove se ne vanno le ricciute donzelle
che recano le colme anfore su le spalle
ed hanno il fermo passo si leggero;
e in fondo uno sbocco di valle
invano attende le belle
cui adombra una pergola di vigna
e i grappoli ne pendono oscillando.
Il sole che va in alto,
le intraviste pendici
non han tinte : nel blando
minuto la natura fulminata
atteggia le felici
sue creature, madre non matrigna,
in levità di forme.
Mondo the dorme o rondo che si gloria
d’immutata esistenza, chi può dire?,
uomo the passi, e tu dagli
il meglio ramicello del tuo orto.
Poi segui : in questa valle
non è vicenda di buio e di luce.
Lungi di qui la tua via ti conduce,
non c’è asilo per te, sei troppo morto :
seguita il giro delle tue stelle.
E dunque addio, infanti ricciutelle,
portate le colme anfore su le spalle.

(Eugenio Montale)


Illustration: Jean-Auguste-Dominique Ingres

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Quand je caresse mon amie (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2019




    
Quand je caresse mon amie, mes yeux magnifient son regard,
mon tact habille et exalte sa peau qui glorifie la mienne.

L’ego vit et vaut de créer de l’ego chez autrui qui, alors,
peut le rendre au premier au décuple, en vie et en valeur.

(Michel Serres)

 

Recueil: Biogée
Traduction:
Editions: Dialogues

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Le même fleuve de vie (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019




    
Le même fleuve de vie qui court à travers mes veines nuit et jour
court à travers le monde et danse en pulsations rythmées.
C’est cette même vie qui pousse à travers la poudre de la terre
sa joie en innombrables brins d’herbe, et éclate en fougueuses vagues de feuilles et de fleurs.
C’est cette même vie que balancent flux et reflux dans l’océan-berceau de la naissance et de la mort.
Je sens mes membres glorifiés au toucher de cette vie universelle.
Et je m’enorgueillis, car le grand battement de la vie des âges,
c’est dans mon sang qu’il danse en ce moment.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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La souveraine réussite (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

Shoji Ueda

La souveraine réussite

Il avait réussi le travail de ses mains. Ce travail était louangé.
Il avait exprimé le dehors et le dedans de son corps d’homme.
Pour cela on l’avait louangé.
Il avait oeuvré longuement sur l’oeuvre des hommes avec ses mains et son esprit.
Et il avait bien oeuvré. On le glorifiait.
Mais l’homme recevait la louange et n’en était pas glorieux.
La souveraine réussite n’était point en lui. Il savait qu’il ne savait pas vivre.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Shoji Ueda

 

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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE LES MENUISIERS (Miguel Angel Asturias)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE LES MENUISIERS

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
l’étoile assoupie,
et bien peu m’importent
la hache qui fend
et la scie qui mord
de ses dents de chienne,
la griffe, la gouge !

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
la pluie éveillée,
non, rien ne m’importe,
galope, galope
sur moi ta varlope !

Changement minime !
Qui était ton toit,
ta table, ta chaise ?
Qui était ton lit ?

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
la pluie éveillée,
j’ai eu sur mes branches
l’étoile assoupie !

(Miguel Angel Asturias)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Présent, Passé, Avenir (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Présent, Passé, Avenir

Un instant, au passé, mon œil vague s’adresse.
Le présent le poursuit. Il ne peut se poser
Sur de vieux souvenirs. Non, il ne peut oser.
Le présent qui revient le tourmente sans cesse.

Le présent, le présent… toujours me tient en laisse.
Partout il me coudoie ! Je le vois aiguiser
Ses épines, hélas… promptes à m’inciser.
Il m’ôte tout espoir. Il me met en détresse.

Mais malgré la torture, il ne peut me ravir.
– Tout s’accomplit comme il est écrit – l’avenir!
L’avenir m’aidera sur mon chemin d’épines.

En l’avenir se glorifie l’être souffrant.
Me montrant le chemin, c’est toi qui m’illumines,
Avenir! Tous les deux, nous irons de l’avant.

(Attila Jozsef)

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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE L’OISEAU MAÏS (Miguel Angel Asturias)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE L’OISEAU MAÏS

Libre et prisonnier dans la cage de la brise,
tu te nourris de rire,
de maïs de rire !
Une araignée s’esquive :
ton coup de bec est redoutable,
et te suit la fourmi,
te suivent l’agouti, le lapin, l’écureuil
qui vivent de ta ruse.
Tu te nourris de rire,
de maïs de rire,
libre et prisonnier dans la cage de la brise !

(Miguel Angel Asturias)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Entre les seins (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Alain Bonnefoit
    
entre les seins
de la sauvage
Marj reposent des hommes aux larges
épaules qui glorifient

le corps caressable aux angles arrondis
de Marj de ces hommes
les doigts balancent des coffres
déplacent des sacs roulent des barils ils

nouent
l’amour
autour
de bières

le monde possède
les mains de ces hommes mais leur
grand corps picoleur
appartient à

Marj
la verteplate bourse duquel –
visage s’ouvre
sur un grasgarnid’or

***

between the breasts
of bestial
Marj lie large
men who praise

Marj’s cleancornered strokable
body these men’s
forgers toss trunks
shuffle sacks spin kegs they

curl
loving
around
beers

the world has
these men’s hands but their
bodies big and boozing
belong to

Marj
the greenslim purse of whose
face opens
on a fatgold

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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