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DANSE DE SINGE (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



orgue de barbarie 2

DANSE DE SINGE

Aux sons d’une petite musique narquoise, sautillante,
Essoufflée, — tandis qu’il pleut, tandis qu’il pleut de la pluie pourrie,
Saute, saute, mon âme, vieux singe d’orgue de Barbarie,
Petit vieillard pelé, sournois, animal romantique et tendre.

Avec ta queue d’automne effeuillée, prétentieusement tordue
En point d’interrogation sur le vide ciel du crépuscule,
Essuie tes pleurs, singe galant, mélancolique et ridicule,
Singe galeux de l’amour mort, singe édenté des jours perdus.

Encore un air, encore un air ! Celui qui sent les tabagies,
Le faubourg lépreux, la foire d’automne et les fritures aigres
Pour faire rire les filles mal nourries, — ô sale, affreux, maigre,
Piteux, épileptique singe, animal pur des nostalgies !

Encore un air, hélas ! le dernier ! — Et que ce soit cette sourde
Valse de jamais, requiem des voleurs morts, musique en échos
Qui dit : adieu les souvenirs, l’amour et la noix de coco…
— Tandis que la pluie pauvre fait glouglou dans la boue vieille et lourde.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Illustration

 

 

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AUX SONS D’UNE MUSIQUE (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

Aux sons d’une musique endormie et molle
Comme le glouglou des marais de la lune,
Enfant au sang d’été, à la bouche de prune Mûre ;

Aux sons de miel de tes chevrotantes paroles
Ici, dans l’ombre humide et chaude du vieux mur
Que s’endorme la bête paresseuse Infortune.

Aux sons de ta chanson de harpe rouillée,
Tiède fille qui luis comme une pomme mouillée,
— (Ma tête est si lourde d’éternité vide,
Les mouches d’or font un bruit doux et stupide
Qui prennent tes grands yeux de vache pour des fenêtres),
Aux sons de ta dormante et rousse voix d’été.
Fais que je rêve à ce qui aurait pu être
Et n’a pas été…

Quels beaux yeux de n’importe quel animal tu as,
Blanche fille de juin, grande dormeuse !
Mon âme, mon âme est pluvieuse.
D’être et de n’être pas je suis tout las.

Tandis que ta voix d’eau coule comme du sable
Que je m’endorme loin de tout et loin de moi
Entre les trois bouteilles vides sous la table.

— Noyé voluptueux du fleuve de ta voix…

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

 

 

 

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C’est irrésistible (Israël Eliraz)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018




    
C’est irrésistible le glouglou du présent

(Israël Eliraz)

 

Recueil: Août, à la limite des choses perdues
Traduction:
Editions: José Corti

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La chaîne (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2015


Les Temps modernes

 

 

La chaîne cliquette en dépliant ses vertèbres.
Cloc ! l’homme assis serre un écrou.
Cloc ! Cloc ! et l’écrou fait glouglou,
telles des gouttes d’eau tombant dans les ténèbres.

Cloc ! Cloc ! Glouglou. Cloc ! Cloc ! la chaîne se déploie
cueillant au vol le geste à faire
pour que l’écrou héréditaire
saute sur le boulon qu’on lui promet en proie.

(Pierre Béarn)

 

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