Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘glycine’

IMITATION DES FLEURS (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2019



 

IMITATION DES FLEURS

Puisque l’on vous dit
que les fleurs parlent
n’écoutez plus les gigolos
Imitez donc les abeilles
les papillons les coccinelles

Les lilas sont infidèles
bien plus que les artichauts
les chardons et les résédas
Imitez donc la glycine tendre
comme la poitrine d’un oiseau

Votre emblème n’est-il pas la pensée
coeur clairvoyant fleur sincère
aussi fragile qu’une larme
mais après les fleurs de la terre
acceptez toutes les fleurs du ciel
qui chantent le jour rêvent la nuit

(Philippe Soupault)

Illustration: Nita Bertaudière

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Que ne suis-je peintre (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Que ne suis-je peintre
pour dire les couleurs,
la légèreté,
la lumière,
la transparence
des fleurs de mon jardin…

Coquelicot,
rouge éclatant
mais si fragile,
lumineux,
jupe gitane dansant
dans la brise.

Iris,
mauve pâle
long, élégant,
gracieux,
peint par Van Gogh
et par Maman
si joliment.

Chaque jardin a une histoire.
Il est un peu notre mémoire.
Nostalgie et tendresse
pour nos aînés,
pour nos aimés.

Jacinthes de Roubaix,
enfance de mon père.
Iris et lilas d’Alfortville,
enfance de ma mère.

Iris, jacinthes,
lilas et jonquilles,
et glycine au délicieux parfum,
mon enfance.

Mon enfance réveillée
chaque matin de printemps,
mon enfance toujours
émerveillée.

Et gentil coqu’licot, Mesdames,
Gentil coqu’licot nouveau.

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

Illustrations amicalement envoyées par l’auteure


 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

VERLAINE (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018



 

VERLAINE

Je ne puis te donner fruit ni fleur. Feuille ou branche,
Si. Feuille d’orme, non, ni d’agreste glycine.
Feuille de la forêt, parfumée de résine,
A ta gloire apportant la rosée du matin.

(Manuel Bandeira)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Glycine (Bernard Delvaille)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018


glycine

La neige
est simple
singulière
poudre
de tes cils
origine
et fuite
Ah le mot
manque
ce sera
glycine
oreiller
ton désir
inconnu

(Bernard Delvaille)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 6 Comments »

AU PRIME TEMPS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018




AU PRIME TEMPS

Des trilles de pluie, de pleurs,
Ça giboule par les traboules,
Le ciel s’éclaire de pâleurs
Fièvre du nuage qui roule,

Battent les averses vernales
Syncopées de coups de soleil.
Noctuelles en saturnales,
Chats en ravaud, vaches, remeils.

La terre aux seins froids de rosées,
Les anges étendus de long
Et les filles bien reposées
Qui vont dansant sur leurs talons,

La redondance des glycines,
Les pampres frileux des lilas,
Puis la jonquille qui dessine
Ses lacs d’or sous les entrelacs

Et ces matins de coeur battant
Plus doux que le duvet des songes,
Caresses lentes des printemps
D’où l’on sort vif comme des plonges

Plus doux que le duvet des oies
— Les pêchers fleuris dans tes yeux
Qui se levaient, me disaient « Toi… » —
Et pourtant, que je t’aime mieux

Depuis que tu dors sous mon toit
Où se sont aimés tant de dieux.

(Maurice Fombeure)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tout ce bleu (Lise Cassin)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Pour un ciel habillé de mousseline hortensia
Concerto d’une fugue de Loire « Outremer »
Céramique indigo enchâssée dans l’or des sables.

Comme une coulée d’encre,
le toit d’ardoise
s’égoutte vers les fenêtres aux transparences de jade.

La glycine enlace la maison de granit.
Une fille en jupe pervenche a traversé le pont.
La lumière estompe la flamme de ses jambes.

Le vent fait vivre sur ta peau, la soie marine
de ta chemise.
Mais, tes yeux d’océan gardent leur mystère.

Parfum des lavandes…
J’ai le cœur « ébleui »

(Lise Cassin)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ces vagues des glycines (Yamabe no Akahito)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



 

PIC00380.JPG

Ces vagues des glycines
Que j’ai plantées dans mon jardin,
Pour en faire un souvenir de vous
Quand j’aurai par trop de nostalgie,
Voici qu’elles sont maintenant en fleur

(Yamabe no Akahito)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Les quatre saisons – Le printemps (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



 

Albena Vatcheva    (14)

Les quatre saisons – Le printemps

Au printemps, c’est dans les bois nus
Qu’un jour nous nous sommes connus.

Les bourgeons poussaient vapeur verte.
L’amour fut une découverte.

Grâce aux lilas, grâce aux muguets,
De rêveurs nous devînmes gais.

Sous la glycine et le cytise,
Tous deux seuls, que faut-il qu’on dise ?

Nous n’aurions rien dit, réséda,
Sans ton parfum qui nous aida.

(Charles Cros)

Illustration: Albena Vatcheva

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

QUAND QUELQUE CHOSE DOUCEMENT (Gottfried Benn)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



QUAND QUELQUE CHOSE DOUCEMENT

Quand quelque chose doucement dans un murmure t’enveloppe,
semblable à la splendeur de la glycine sur ce mur
vient alors l’heure de ce deuil
de ne pas te savoir riche et inépuisable,

comme les fleurs ou comme la lumière :
venant en rayons, se métamorphosant,
oeuvrant à des dessins semblables
que n’entrelace tous que l’une des ivresses,

que l’un des velours où reposent les choses
coulant ainsi et ainsi compactes,
qui tracent les frontières, retiennent les heures
et ne font rien en ce deuil.

(Gottfried Benn)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UN TON SOUS L’IRONIE (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



UN TON SOUS L’IRONIE

Le notaire qui certifie au-delà de sa mort…
La ménagère parcourue de frisson
à voir, décongelée, la viande qui auréole…
L’écolier déjà moins qu’un figurant…
Le vieillard à qui le coiffeur passe
un miroir derrière la nuque…
Un peu partout, les pas affolés…

Et malgré tout ça : les dimanches
où la glycine profite, les souvenirs
avec vue sur la mer, les carrefours
violonistes de génie, les records
pour qu’on les batte, les hasards
qui vous apportent, les nuits
au grand coeur… Le mot coloriage.

(Gérard Noiret)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :