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Poésie

Posts Tagged ‘goémon’

La contrebande d’un été (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



graffiti de goémon,
esquisse de petit crabe
au crayon orange,
esprits de bois flotté,
serments de cordages,
ton pas crissant
dans les coquillages
soulève des breloques,
des colliers,
l’écume des grottes,
la contrebande d’un été.

(Katell Antoine)


Illustration

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L’amour la mer (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



 

Illustration: Kurt Arrigo
    
L’amour la mer

Je voudrais être l’eau de mer quand vous nagez
Vous ensevelir entière dans le sel
L’iode et le goémon Le bleu qui ne peut pas finir
Pour vous couvrir je voudrais être drap des algues
Votre corps archipel serait mien Totalité
De matière qui se souvient et ohaque mouvement
Chaque esquisse de vous des bras des jambes
Serait appartenance à mon statut océanique
Vous sur la balance de la vague divagante
Tout le corps allégé l’âme liège qui flotte
La bouche respire au rebord La peau reprend en boucle
Partition de l’eau le corps enfin s’y raccorde
Et l’eau qui compose la chair se change en souffle
Fente d’air pur passage à l’extrême de soi
L’ oeil rame avec la vue Le coeur en battant crawle
À longs brassages de ressac et de cadences
L’amour la mer soudés profond en voyance scellés
Pour le voyage illuminé des revoyures.

Sans jamais recommencer
la mer est autre rive à la pensée
l’immense est un appel en vous.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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Oceano Nox (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



Jacques Philippe de Loutherbourg_q85

Oceano Nox

Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
Combien ont disparu, dure et triste fortune !
Dans une mer sans fond par une nuit sans lune,
Sous l’aveugle océan à jamais enfouis !

Combien de patrons morts avec leurs équipages !
L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages,
Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots !
Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée.
Chaque vague en passant d’un butin s’est chargée ;
L’une a saisi l’esquif, l’autre les matelots !

Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus.
Oh ! que de vieux parents, qui n’avaient plus qu’un rêve,
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus !

On s’entretient de vous parfois dans les veillées.
Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées,
Mêle encor quelque temps vos noms d’ombre couverts
Aux rires, aux refrains, aux récits d’aventures,
Aux baisers qu’on dérobe à vos belles futures
Tandis que vous dormez dans les goëmons verts !

On demande : – Où sont-ils ? sont-ils rois, dans quelque île ?
Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile ? –
Puis votre souvenir même est enseveli.
Le corps se perd dans l’eau, le nom dans la mémoire.
Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli.

Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
L’un n’a-t-il pas sa barque et l’autre sa charrue ?
Seules, durant ces nuits où l’orage est vainqueur,
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
Parlent encor de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur coeur !

Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,
Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
Dans l’étroit cimetière où l’écho nous répond,
Pas même un saule vert qui s’effeuille à l’automne,
Pas même la chanson naïve et monotone
Que chante un mendiant à l’angle d’un vieux pont !

Où sont-ils les marins sombrés dans les nuits noires ?
O flots ! que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds, redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir quand vous venez vers nous !

(Victor Hugo)

Illustration: Jacques Philippe de Loutherbourg

 

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DÉRIVE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



 

Jacek Yerka  4 [1280x768]

DÉRIVE

Je n’ouvrirai pas la porte d’écume
Qui scelle les creux bariolés de la mer
Ni les dunes bourdonnantes
Le soleil navigue dans les ramures méduse perdue
Une main se tapit dans l’ombre de mon bras
Ma voix frôle des voix têtues
C’est l’écorce de l’eau qui m’emprisonne
Toutes ses clés rouillées qui ferment ma gorge
Tous ses goémons sur le coeur
Pour me sauver
Je retranche mon enfance de ma vie
Mes premiers pas brodés d’herbe
Mes jeux dociles
Je vis avec lenteur.

(René Guy Cadou)

Illustration: Jacek Yerka

 

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Dans les brisants (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Dans les brisants,
Dans les cris des goélands,
Dans l’écume qui retombe en eau,
Dans la marée qui commence à monter,
Dans le goémon qui s’accroche aux rochers,

Je me convie.
Je m’y retrouve.

(Guillevic)


Illustration

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J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2017



 Georgia O'Keeffe

J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline

J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline.
Dans l’âpre escarpement qui sur le flot s’incline,
Que l’aigle connaît seul et seul peut approcher,
Paisible, elle croissait aux fentes du rocher.
L’ombre baignait les flancs du morne promontoire ;
Je voyais, comme on dresse au lieu d’une victoire
Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil,
À l’endroit où s’était englouti le soleil,
La sombre nuit bâtir un porche de nuées.
Des voiles s’enfuyaient, au loin diminuées ;
Quelques toits, s’éclairant au fond d’un entonnoir,
Semblaient craindre de luire et de se laisser voir.
J’ai cueilli cette fleur pour toi, ma bien-aimée.
Elle est pâle, et n’a pas de corolle embaumée,
Sa racine n’a pris sur la crête des monts
Que l’amère senteur des glauques goémons ;
Moi, j’ai dit: Pauvre fleur, du haut de cette cime,
Tu devais t’en aller dans cet immense abîme
Où l’algue et le nuage et les voiles s’en vont.
Va mourir sur un coeur, abîme plus profond.
Fane-toi sur ce sein en qui palpite un monde.
Le ciel, qui te créa pour t’effeuiller dans l’onde,
Te fit pour l’océan, je te donne à l’amour. –
Le vent mêlait les flots; il ne restait du jour
Qu’une vague lueur, lentement effacée.
Oh! comme j’étais triste au fond de ma pensée
Tandis que je songeais, et que le gouffre noir
M’entrait dans l’âme avec tous les frissons du soir !
(Victor Hugo)

Illustration: Georgia O’Keeffe

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Le lichen sur la pierre grise (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2016



Le lichen
Sur la pierre grise.

Lequel était
Sécrétion de l’autre ?

Lequel
Chevauchait l’autre ?

On sentait bien
Que leur histoire
Etait interminable,

Rejoignait quelque part
L’épopée du goémon.

(Guillevic)

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Carnac (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2016



Carnac

Et toujours le vent, le soleil, le sel,
L’humus un peu honteux, le goémon séché,

Tous ensemble et séparément luttent
Avec l’époque des menhirs

Pour être dimension.

(Guillevic)

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DERIVE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2016



DERIVE

Je n’ouvrirai pas la porte d’écume
Qui scelle les creux bariolés de la mer
Ni les dunes bourdonnantes
Le soleil navigue dans les ramures méduse perdue
Une main se tapit dans l’ombre de mon bras
Ma voix frôle des voix têtues
C’est l’écorce de l’eau qui m’emprisonne
Toutes ses clés rouillées qui ferment ma gorge
Tous ses goémons sur le coeur
Pour me sauver
Je retranche mon enfance de ma vie
Mes premiers pas brodés d’herbe
Mes jeux dociles
Je vis avec lenteur.

(René Guy Cadou)

Illustration

 

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On est toujours au bord (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016



On est toujours au bord,
Même quand le bord n’est pas visible,

Qu’on ne voit pas de haie,
D’orée, de liseré, de muret, de muraille,
De garde-fou, de goémon séché,
De coquillages morts.

S’il n’y a pas de bord
Tu en fais pour te dire

Que tu es arrêté.

(Guillevic)

Illustration: ArbreaPhotos

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