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Posts Tagged ‘gomme’

LES ÉCOLIERS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018



LES ÉCOLIERS

Sur la route couleur de sable
En capuchon noir et pointu,
Le « moyen », le « bon », le « passable »
Vont, à galoches que veux-tu
Vers leur école intarissable.

Ils ont dans leur plumier des gommes
Et des hannetons du matin,
Dans leurs poches, du pain, des pommes,
Des billes, ô précieux butin
Gagné sur d’autres petits hommes.

Ils ont la ruse et la paresse
— Mais l’innocence et la fraîcheur
Près d’eux les filles ont des tresses
Et des veux bleus couleur de fleur
Et de vraies fleurs pour la maîtresse.

Puis, les voilà tous à s’asseoir
Dans l’école crépie de lune,
On les enferme jusqu’au soir
Jusqu’à ce qu’il leur pousse plume
Pour s’envoler. Après, bonsoir !

Ça vous fait des gars de charrue
Qui fument, boivent le gros vin,
Puis des ménagères bourrues
Dosant le beurre et le levain.
Billevesées, coquecigrues,
Ils vous auront connues en vain

Dans leurs enfances disparues !

(Maurice Fombeure)

Illustration: Robert Doisneau

 

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Le lichen sur la pierre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



Le lichen sur la pierre, vrilles
de gomme verte, trame
le plus ancien des hiéroglyphes,
Il étire l’écriture
de l’océan
sur la roche ronde.
Le soleil la lit, les mollusques la mordent,
et les poissons glissent
de pierre en pierre comme des frissons.
Dans le silence l’alphabet
complète peu à peu les signes submergés
sur la hanche claire de la côte.

Le lichen tisserand avec son écheveau
va et vient et monte et monte
en tapissant la grotte d’air et d’eau
pour que la vague seule y danse,
pour que rien n’y arrive que le vent.

(Pablo Neruda)

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CARACTÈRES ALTÉRÉS (Daigaku Horiguchi)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



 

 

CARACTÈRES ALTÉRÉS
Uso JI

Mon coeur
Écolier de primaire á la vie
Tu as encore altéré des caractères
Dans un carnet il suffit d’effacer les caractères altérés mais
Il y a des souvenirs que la gomme n’efface pas

(Daigaku Horiguchi)

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La gomme (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018




    
La gomme à t’effacer les heures.
La gomme à t’effacer les rêves.
La gomme à t’effacer les chemins des chasseurs.
La gomme à t’effacer les rides.
Masque en cheveux de nos douleurs.

(Max Jacob)

 

Recueil: Le Cornet à dés
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHANSON DE CHARME (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



 

CHANSON DE CHARME

Chérie viens près de moi
Ce soir je veux chanter
Une chanson pour toi.

Une chanson sans larmes
Une chanson légère
Une chanson de charme.

Le charme des matins
Emmitouflés de brume
Où valsent les lapins.

Le charme des étangs
Où de gais enfants blonds
Pêchent des caïmans.

Le charme des prairies
Que l’on fauche en été
Pour pouvoir s’y rouler.

Le charme des cuillères
Qui raclent les assiettes
Et la soupe aux yeux clairs.

Le charme de l’oeuf dur
Qui permit à Colomb
Sa plus belle invention.

Le charme des vertus
Qui donnent au péché
Goût de fruit défendu.

J’aurais pu te chanter
Une chanson de chêne
D’orme ou de peuplier

Une chanson d’érable
Une chanson de teck
Aux rimes plus durables.

Mais sans bruit ni vacarme
J’ai préféré tenter
Cette chanson de charme.

Charme du vieux notaire
Qui dans l’étude austère
Tire l’affaire au clair.

Le charme de la pluie
Roulant ses gouttes d’or
Sur le cuivre du lit.

Le charme de ton coeur
Que je vois près du mien
Quand je pense au bonheur.

Le charme des soleils
Qui tournent tout autour
Des horizons vermeils.

Et le charme des jours
Effacés de nos vies
Par la gomme des nuits.

(Boris Vian)


Illustration: William Bouguereau

 

 

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Instances du passé (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Instances du passé

Une fois passé le col
ce regard interdit en arrière
tu seras statue de pierre
ou de sel selon l’école

Elles bâillent derrière moi
géantes mais effacées
par la gomme de la Loi
les Instances du passé

Elles sont et ne sont pas
selon que ma claire pensée
leur prête vie ou trépas
Cet hiver j’en suis lassée

L’oubli n’est pas suffisant
c’est l’ennui le doux sésame
qui désintègre les drames
qu’on sème chemin faisant

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pardonnez-moi (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    
Pardonnez-moi

Pardonnez-moi de n’être qu’une lettre,
un code écrit, pardonnez-moi de n’être
que mon mystère et non celui du monde.

J’étais lexique, on feuilletait mes pages
pour y trouver des signes oubliés.
Qui me lisait devenait vite aveugle.

Effacez-moi. S’il se peut soyez gomme
pour ce fusain qui dessine un visage
dont je ne sais s’il est silence ou cri.

Éperdument l’ombre, l’oiseau, la femme
et ma tristesse, amour éperdument
pour me brûler dans l’absence du feu.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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LA CHANSON DU BROUILLARD (David Scheinert)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2017




    
LA CHANSON DU BROUILLARD

J’ai une gomme dans la main
Et j’efface les canards
Dans le ciel blanc du matin.
Je suis le brou, le brouillard.

J’ai une gomme dans la main.
Les forêts au désespoir
Ont perdu tous leurs sapins.
Je suis le brou, le brouillard.

J’ai une gomme dans la main.
N’espérez plus vous revoir.
J’ai brouillé vos deux chemins.
Je suis le brou, le brouillard.

Mais quand le soleil revient
Précédé par les fanfares,
Je lui rends c’que j’ai volé.
Je suis le brou, le brouillard.

Je lui rends tous ses sapins
Où se posent les canards,
A l’amour, ses lendemains.
Je suis le frou, le froussard.

(David Scheinert)

Illustration: ArbreaPhotos

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Le chant s’était tu (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



Le chant s’était tu
ou quelque chose dans le chant
on ne sait pas
quelque chose
qui n’avait plus sa place
et faisait du silence
une paupière sur une absence d’oeil

C’était sans importance
pour le commerce ou les rapports
de force
c’était sans importance
dites-vous bien qu’on pouvait
s’en passer : la parole sans miracle
avait encore de beaux jours

Sauf chez quelques-uns peut-être
pour qui les mots
restaient insupportablement vides
et l’âme
la partie la plus fine du corps
comme un drapeau
qu’on avait oublié au balcon

Sauf peut-être pour quelques-uns
plus mal en point
dans le grand lit des solitudes
où le coeur
est une goutte de mercure
ou de la gomme de résine
lentement sur l’écorce d’un tronc

Et l’univers qu’on croit indifférent
parce qu’il est loin
alors qu’on est dedans
l’univers qu’on croit connaître
parce qu’on y est né
alors qu’on sait si peu de soi
et du silence en soi

L’univers attendait sans rien dire
car le chant s’était tu
ou quelque chose dans le chant
on ne sait pas
mais quelques-uns pensaient
à ces oiseaux qu’un seul hiver
rendait muets pour toujours

*

C’était sans importance
on écrirait là-dessus
comme sur le reste et cela suffit
sauf peut-être pour certains
qui eux non plus ne savaient plus
et restaient sans rien dire
lorsque le chant ne chantait pas

L’univers attendait
la voix qui entrerait en lui
comme la lumière dans un fruit
ou l’eau
dans le pis des racines
et comme de l’air
dans les poumons d’un nouveau-né

L’univers attendait
le danseur immobile de l’âme
le rêveur d’interdits
derrière les barbelés du verbe
des camps de la peur
et cette folie entre deux corps
encordés par leurs souffles

(Werner Lambersy)

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Mon cartable (Pierre Gamarra)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2016



Mon cartable a mille odeurs,
mon cartable sent la pomme,
le livre, l’encre, la gomme
et les crayons de couleurs.

Mon cartable sent l’orange,
le bison et le nougat,
il sent tout ce que l’on mange
et ce qu’on ne mange pas.

La figue et la mandarine,
le papier d’argent ou d’or,
et la coquille marine,
les bateaux sortant du port.

Les cow-boys et les noisettes,
la craie et le caramel,
les confettis de la fête,
les billes remplies de ciel.

Les longs cheveux de ma mère
et les joues de mon papa,
les matins dans la lumière,
la rose et le chocolat.

(Pierre Gamarra)

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