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Posts Tagged ‘gondole’

Soirs de fête (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Ernest Pignon-Ernest mn

 

Soirs de fête

Je suis la Gondole enfant chérie
Qui arrive à la fin de la fête,
Pour je ne sais quoi, par bouderie,
(Un soir trop beau me monte à la tête !)

Me voici déjà près de la digue ;
Mais la foule sotte et pavoisée,
Ah ! n’accourt pas à l’Enfant Prodigue !
Et danse, sans perdre une fusée….

Ah ! c’est comme ça, femmes volages !
C’est bien. je m’exile en ma gondole
(Si frêle !) aux mouettes, aux orages,
Vers les malheurs qu’on voit au Pôle !

– Et puis, j’attends sous une arche noire….
Mais nul ne vient; les lampions s’éteignent ;
Et je maudis la nuit et la gloire !
Et ce coeur qui veut qu’on me dédaigne !

(Jules Laforgue)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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L’onde étale (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



les seins poudrés de la lumière
parmi les plis de robe
du parfum

les velours rebroussés
savants de nos salives difficiles
avant le mot

puis le tronc de la chaleur
s’abat

coupé d’un souffle

sous la caresse
ton corps
juste l’onde étale
après la grande gondole

(Werner Lambersy)


Illustration: Pascal Renoux

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Que c’est triste Venise (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018




    
Que c’est triste Venise

Que c’est triste Venise
Au temps des amours mortes
Que c’est triste Venise
Quand on ne s’aime plus
On cherche encore des mots
Mais l’ennui les emporte
On voudrait bien pleurer
Mais on ne le peut plus

Que c’est triste Venise
Lorsque les barcaroles
Ne viennent souligner que les silences creux
Et que le coeur se serre
En voyant les gondoles
Abriter le bonheur des couples amoureux

Que c’est triste Venise
Au temps des amours mortes
Que c’est triste Venise
Quand on ne s’aime plus
Les musées, les églises
Ouvrent en vain leurs portes
Inutile beauté
Devant nos yeux déçus

Que c’est triste Venise
Le soir sur la lagune
Quand on cherche une main
Que l’on ne vous tend pas

Et que l’on ironise
Devant le clair de lune
Pour tenter d’oublier
Ce que l’on ne se dit pas

Adieu tous les pigeons
Qui nous ont fait escorte
Adieu Pont des Soupirs
Adieu rêves perdus

C’est trop triste Venise
Au temps des amours mortes
C’est trop triste Venise
Quand on ne s’aime plus

(Charles Aznavour)

 

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Dans Venise la rouge (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Dans Venise la rouge,
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l’eau,
Pas un falot.

Seul, assis à la grève,
Le grand lion soulève,
Sur l’horizon serein,
Son pied d’airain.

Autour de lui, par groupes,
Navires et chaloupes,
Pareils à des hérons,
Couchés en rond,

Dorment sur l’eau qui fume,
Et croisent dans la brume,
En légers tourbillons,
Leurs pavillons.

La lune qui s’efface
Couvre son front, qui passe
D’un nuage étoilé
Demi-voilé.

Ainsi, la dame abbesse
De Sainte-Croix rabaisse
Sa cape aux larges plis
Sur son surplis.

Et les palais antiques,
Et les graves portiques,
Et les blancs escaliers
Des chevaliers,

Et les ponts, et les rues,
Et les mornes statues
Et le golfe mouvant
Qui tremble au vent,

Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux créneaux
Des arsenaux.

— Ah! maintenant plus d’une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet,
L’oreille au guet.

Pour le bal qu’on prépare,
Plus d’une qui se pare,
Met devant son miroir
Le masque noir.

Sur sa bouche embaumée
La Vanina pâmée
Presse encore son amant,
En s’endormant.

Et Narcisa, la folle,
Au fond de sa gondole,
S’oublie en un festin
Jusqu’au matin.

Et qui, dans l’Italie,
N’a son grain de folie ?
Qui ne garde aux amours
Ses plus beaux jours ?

Laissons la vieille horloge,
Au palais du vieux doge,
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.

Comptons plutôt, ma belle,
Sur ta bouche rebelle
Tant de baisers donnés…
Ou pardonnés.

Comptons plutôt tes charmes,
Comptons les douces larmes
Qu’à nos yeux a coûté
La volupté!

(Alfred de Musset)

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Je suis celui (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Je suis celui qui disait encore hier
de la poésie bleue aux profanes paroles ;
en cette soirée paraissait un rossignol
qui devint à l’aube alouette de lumière.

Je fus le gardien de mon rêve de jardin,
empli de cygnes errants et de roses odorantes ;
le gardien des tourterelles et le gardien
des gondoles et des lyres sur les eaux dormantes ;

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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PLUIE (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



PLUIE

S’il pleuvait des gondoles,
je serais gondolier.
S’il pleuvait des mains folles,
j’en ferais un collier.
S’il pleuvait des presqu’îles,
je leur conseillerais
d’élire domicile
dans mon livre secret.
S’il pleuvait des girafes,
je dirais : « Équateur,
va changer d’orthographe
pour leur offrir des fleurs!»
S’il pleuvait, ciel verbal,
ma chanson serait fraîche,
et tout neuf mon cheval.
Je vis de larmes sèches.

(Alain Bosquet)

Illustration: Jean-Michel Folon

 

 

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Mon coeur avait en lui les douleurs de Venise (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2016



 

Mon coeur avait en lui les douleurs de Venise
Une ville déchue, une ville qui meurt,
Une ville où le soir lentement s’éternise
La voix d’or du passé dont s’éteint la rumeur,

Une ville de rêve où des canaux prolongent
Leur chemin de silence et de froide douleur
Entre des quais de pierre abandonnés qui songent.
Et mettent dans l’eau sombre un peu de leur pâleur.

Mais voici que, soudain, la cité de mon Ame
A reconquis son faste et son orgueil ancien
Quand vous avez relui, faits d’amour et de flamme,
Soleil roux, toison d’or, drapeau vénitien !

Et mes rêves, baignés du feu des girandoles,
Ont repincé le luth sous la lune en halo,
Et j’ai senti le soir des fuites de gondoles
Qui passaient sur mon coeur étoilé comme l’eau !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Roger Suraud

 

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Le cygne (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2015





[…]

Et c’est pour être ainsi que l’une et l’autre est digne
De la toute-présence en elle d’un doux cygne,
Le cygne d’un beau rêve acquis à ce silence
Qui s’effaroucherait d’un peu de violence
Et qui n’arrive là flotter comme une palme
Qu’à cause du repos, à cause du grand calme,
Cygne blanc dont la queue ouverte se déploie,
—Barque de clair de lune et gondole de soie —
Cygne blanc, argentant l’ennui des mornes villes,
Qui hérisse parfois dans les canaux tranquilles
Son candide duvet tout impressionnable;
Puis, quand tombe le soir, cargué comme les voiles,
— Dédaignant le voyage et la mer navigable —
Sommeille, l’aile close, en couvant des étoiles !

(Georges Rodenbach)

Illustration

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La gondole (Alfred Jarry)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2015


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La
gondole spectre que hala
la mort sous les pots de pierre en ogive,
illuminant son bord brodé
dé-
rive.

(Alfred Jarry)

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