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Poésie

Posts Tagged ‘gonflé’

Gué (Margherita Guidacci)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



 

La Tisseuse et le Pâtre  Vega et Altaïr

Gué

L’an ne contient qu’un seul gué
qui me conduit vers toi. À chaque fois
je le retrouve submergé davantage, les eaux
plus gonflées, le courant
plus menaçant. Et pourtant
pourtant je t’ai rejoint encore, et le moindre instant
en fera son aliment. Et si une dure loi
nous imposait un « jamais », à nous condamnés
immobiles sur des rives opposées,
nous croiserons toutefois
les échos d’un désir transmué en splendeur.
Ainsi la Tisseuse et le Pâtre
se répondent : Vega et Altaïr
entre eux se dénoue haut perché
le fleuve des étoiles.

(Margherita Guidacci)

 

 

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DES SOLEILS ENCORE VERTS (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



 

Daniel Siguier  soleil vert  752

DES SOLEILS ENCORE VERTS

Plus loin plus loin que nous
Forgés d’autres mythes
Se hisseront des soleils
A face insoupçonnée !

Saignant de toutes nos plaies
Gonflés de nos racines
Se lèveront d’autres soleils

Des Soleils encore verts !

(Andrée Chedid)

Illustration: Daniel Siguier

 

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Je me retourne et veux te voir (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Je me retourne et veux te voir, dans la ramée.
Voici que peu à peu tu es devenue fruit.
Il ne t’a rien coûté de surgir des racines
tu n’as eu qu’à chanter tes syllabes de sève.

Te voici tout d’abord une fleur odorante
qu’un seul baiser suffit à changer en statue,
jusqu’à ce que soleil et terre, sang et ciel
te reconnaissent le délice et la douceur.

Sur la branche je pourrai voir ta chevelure,
dans le feuillage c’est ton signe qui mûrit,
ce sont ses feuilles qui s’approchent de ma soif ;

et ta substance alors viendra remplir ma bouche,
ce sera le baiser qui montait de la terre
apporté par ton sang de fruit gonflé d’amour.

(Pablo Neruda)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

 

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Ce qui souffle dans la nuit (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration Frederic Leighton
    
Ce qui souffle dans la nuit,
ce qui murmure

c’est la bouche bleue des sirènes
sur leur lit d’ardeur et d’ossements.

Un vaisseau passe contre la lune,
voiles gonflées comme les seins des enjôleuses.

Touffes noires,
hanches rusées :
nourriture du rêve.

Et, pour la soif,
ces fruits fendus
où perle une rosée de sève.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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L’EAU PURE DU BASSIN (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Jean-Yves Beck
    
L’EAU PURE DU BASSIN

« Eau pure du bassin, miroir immobile, dis-moi ma beauté.
— O Bilitis, ou qui que tu sois, Téthys peut-être ou Amphitritê, tu es belle, sache-le.

« Ton visage se penche sous ta chevelure épaisse, gonflée de fleurs et de parfums.
Tes paupières molles s’ouvrent à peine et tes flancs sont las des mouvements de l’amour.

« Ton corps fatigué du poids de tes seins porte les marques fines de l’ongle et les taches bleues du baiser.
Tes bras sont rougis par l’étreinte. Chaque ligne de ta peau fut aimée.

— Eau claire du bassin, ta fraîcheur repose. Reçois moi, qui suis lasse en effet.
Emporte le fard de mes joues, et la sueur de mon ventre et le souvenir de la nuit. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Flots gonflés par Ies pluies (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Manda
    
Flots gonflés par Ies pluies
Comme elle se hâte
La rivière Mogami !

***

samidare o
atsumete hayashi
Mogamigawa

(Bashô)

 

Recueil: Haïkus еt Notes de voyage sur le chemin étroit du nord profond
Traduction: Manda
Editions: Synchronique

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Envahi de chaleur (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Envahi de chaleur mon corps gonflé d’attente
est une plage qui se souvient de la marée.
Mon corps est une plage à la marée montante.

(Pierre Béarn)

Illustration: William Bouguereau

 

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Et les femmes sont si belles (Marcel Thiry)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Et les femmes sont si belles
Et les femmes sont si belles
Et les seins sous les dentelles
Si gonflés de vérité,
Et les mains si pardonneuses
Et les bouches si donneuses
De tels dons d’éternité,
Et l’été, sous les ombrelles,
Dans les prés, dans les ombelles,
Les bras nus ont de si belles
Si donneuses nudités,
Et les femmes sont si belles
Et les femmes sont si belles…

(Marcel Thiry)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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NOUS NE VOGUONS PAS SUR LA MEME MER (Olav H. Hauge)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



NOUS NE VOGUONS PAS SUR LA MEME MER

Nous ne voguons pas sur la même mer,
trompeuses sont les apparences.
Ferraille et grumes sur le pont,
sable et ciment dans mes soutes,
je m’enfonce, je suis lent,
je foule les vagues houleuses,
je hulule dans la brume.
Toi tu vogues sur un bateau de papier,
ta voile bleue gonflée de rêves,
si tiède le vent, délicate la vague.

(Olav H. Hauge)

Illustration

 

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PRELUDE (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




PRELUDE

Je me rappelle, Erica !
Je me rappelle
l’instant du miracle, la date lumineuse
d’hier.
Pas un geste, pas un cri
ne s’efface de ma mémoire.

Je me rappelle et, plus fier
que le guerrier de la légende ou de l’épopée,
j’avance dans la lice avec le front marqué du signe de ta gloire.

La grâce
a pénétré jusqu’au coeur de ma vie.
Lame de lumière dans le sous-bois.
Epée étincelante enfoncée à tes flancs,
Bel Archer de Minuit !

Et toi, Reine dernière,
La torche flambe dans ta main.
Une route de feu s’ouvre droit sur l’infini.
Il souffle, il souffle un vent étrange !
Tourne, tourne l’héliotrope de Midi !
Et tourne et tourne le sable rouge !

Et Toi et Moi, ce soir,
Nous ne serons plus que deux rêves,
Deux rêves enfouis dans la poitrine de l’ivresse.
Deux rêves vivants
comme arbres drus sur la dune,
Gonflés de sève et de mystère !

(Jacques Rabemananjara)

 

 

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