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Posts Tagged ‘gonflée’

Laurence endormie (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Laurence endormie

Cette odeur sur les pieds de narcisse et de menthe,
Parce qu’ils ont foulé dans leur course légère
Fraîches écloses, les fleurs des nuits printanières,
Remplira tout mon cœur de ses vagues dormantes ;

Et peut-être très loin sur ses jambes polies,
Tremblant de la caresse encor de l’herbe haute,
Ce parfum végétal qui monte, lorsque j’ôte
Tes bas éclaboussés de rosée et de pluie ;

Jusqu’à cette rancœur du ventre pâle et lisse
Où l’ambre et la sueur divinement se mêlent
Aux pétales séchées au milieu des dentelles
Quand sur les pentes d’ombre inerte mes mains glissent,

Laurence… Jusqu’aux flux brûlants de ta poitrine,
Gonflée et toute crépitante de lumière
Hors de la fauve floraison des primevères
Où s’épuisent en vain ma bouche et mes narines,

Jusqu’à la senteur lourde de ta chevelure,
Éparse sur le sol comme une étoile blonde,
Où tu as répandu tous les parfums du monde
Pour assouvir enfin la soif qui me torture !

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration: Elina Brotherus

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Le soldat et les servantes (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Le soldat et les servantes

Dans l’escalier qui roule
à grilles vers l’étage
où boivent les capitaines
voici les filles de Nancy
apportant le riesling.

Par de beaux rubans à dénouer
liant au creux des reins
mousseline et dentelles
dorment sur leurs jupes gonflées
les tabliers blancs
Pour le soldat qui les regarde
elles ne sont pas fières
les filles de Nancy.
C’est avec l’un que l’une ira
lorsque places et porches
seront d’ombre
rêver la ville aux rois
– c’est avec l’un que l’une ira
– douce est ta vareuse de drap
mon soldat
– ton corps qui fuit de toutes ses soies
laisse courir mes doigts.

Les filles de Nancy
– c’est avec l’un que l’une ira
aiment trop les fantassins
et rêvent qu’on les embrasse
comme dans les films.

Le train en partance ne revient pas
et le quai luira sous les pas
sous les pas et sous la pluie
– c’est avec l’un que l’une ira –
jamais il ne reviendra
et ce n’est plus vers vous qu’il ira
filles de Nancy
mais vers d’autres villes.

Avez-vous toujours
votre vin gris et vos rires
pour le caporal de jour
filles de Nancy ?

Parfois dans la ville lorraine
– Chantons
tous les soldats se ressemblent
– avec mes sabots dondaine
je ne suis pas si vilaine…
– Non pas j’en sais qui se sanglent
d’un geste si las
qu’ils sont beaux comme des anges
des anges qui marchent au pas.

Quand le café sera mort
mort de nuit
elles iront danser
belles d’ennui
dans tout les bouges du sort
les filles de Nancy.

(Armand Lanoux)


Illustration

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Femmes qui passent (Ludovic Janvier)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Femmes qui passent
Femmes qui passent ne veut pas dire
qu’elles passent au large de moi
mais qu’elles passent à travers moi
regards allures et parfums
en y laissant de multiples traces
aussitôt gonflées comme un plumage
lequel tarde à se refermer

(Ludovic Janvier)

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De l’aube au soir (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2015



De l’aube au soir

La brume se noue au cou
Des maisons frileuses
Aux vitres gonflées de sommeil
Quand l’aube réveille le village
Sous un ciel qui bâille
La lumière éclabousse les toits
Et la rivière qui chante

La fenêtre s’écarquille
Pour contempler l’espace
Je l’ouvre toute grande
Pour me remplir de matin
Et renaître au monde
L’air coule dans mes mains
Je touche le jour
Et caresse tes joues
Nos voix se répondent

A midi dans le jardin
Je fonds dans la chaleur
Et je ne vois plus rien
Il n’y a plus que mon sang qui vit
Au rythme de la lumière
Et quelque chose en moi
Qui ne veut pas mourir
Quand la clarté se dissipe
J’aimerais la retenir
Car je crains le soir et ses vapeurs froides
Quand le ciel grelotte
Au-dessus des feuilles

Alors qu’à l’horizon montent les étoiles
Sous leur regard et celui de la lune
Je possède l’infini…

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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