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Poésie

Posts Tagged ‘gorgée’

Le chant (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018


Si vaste soit le chant nul n’entend nul n’écoute.
la nuit même est étroite. gardez-moi dans sa niche
dans une gorgée de monde et dans l’effondrement
dans la stupeur des arbres et la splendeur des poudres.

(Lionel Ray)

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Gorgée de Vie (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018


La-premiere-gorgee-de-biere

J’ai bu une Gorgée de Vie –
Savez-vous ce que j’ai payé –
Exactement une Existence –
Le prix, ont-ils dit, du marché.

Ils m’ont pesée, grain par grain de Poussière –
Ont mis en balance Peau contre Peau,
Puis m’ont donné la valeur de mon Etre –
Une unique Goutte de Ciel!

(Emily Dickinson)

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Ce qui meurt nous reste sur les bras (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



ce qui meurt
nous reste
sur les bras
mais nous
on n’a rien à voir avec la mort
c’est elle qui vient
nous serrer
du dehors
seulement un jour de plus
au bout d’un jour
au jour le jour
ainsi
des années durant
l’apprivoiser
simplement et sans bruit
elle se tait et croît doucement
même au soleil
d’une journée de printemps
dans le remuement des corps
lui faire sa part
la banaliser autant que possible
pour parvenir à croire un peu
qu’elle fait partie des choses
et que cela est bon
ainsi
au moins
tout le monde sait ce que cela veut dire
il est mort
c’est simple
elle recule encore
plus au fond
et nous ne verrons guère les visages
que par accident
remous
un pas lourd un rire une poigne
puis
un peu d’eau ou de temps
recouvrent le peu
puis
rien
mais de façon presque claire
on entend ce qu’on ne voit plus
tomber profond
loin
dedans
on rôde autour d’un manque
une zone devenue d’ombre
vite
cela tient mal à la mémoire
on reste autour du creux
les bords s’éboulent dedans
bientôt on ne verra plus
qui pleure
on dort avec elle au fond de soi
comme un chien roulé en boule
on sait que montera un jour ou l’autre
un vent de terre
et on attend les yeux ouverts
un corps infusé d’encre
une éponge gorgée
et dans la bouche la terre
au lieu des mots
les mots pesant enfin leur poids exact
terre et corps
dehors et dedans
et plus rien d’autre
que de l’herbe ou des arbres
d’ordinaire
les choses vont
et nous aussi
nous allons avec les choses
c’est clair
mais parfois il y a ce qui s’arrête
ou s’abat
en bloquant
et on est brutalement à nouveau
où il faut rire
fou
tout seul
on racle encore
entre le mensonge ancien
et ce qui vient
on a du mal à rester debout
à la fin
qu’est-ce qu’on a donc à voir avec la vie
la mort
on bouge avec ce qui bouge
on se tait avec ce qui reste
il n’y a pas grand-chose d’autre

(Antoine Emaz)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: Mathieu Triolet

 

 

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EN UN ÉCLAIR (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



EN UN ÉCLAIR

En un éclair ils se connurent. L’un et l’autre venaient
d’un pays de fontaines taries, d’astres éboulés. La nuit
eut pour eux des bras en harpe de lune, des genoux
de velours. Parlant sans mots, écoutant le silence tinter
dans leurs verres, lorsque l’étoile de la séparation eut
tracé au-dessus d’eux son signe, ils burent une gorgée
de jour et s’en furent.

Que la route, pluie ou canicule, fonde sous leurs pas
disjoints, il n’importe !

Une flamme atrocement belle pèse sur leurs yeux, ligote
leurs corps.

Amour où fermentent des bulles, à sa douleur s’abreuve
un cyclone.

(Jules Tordjman)

 

 

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Du gouffre de mon coeur (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Illustration
    
Du gouffre de mon coeur, ils ne lapent que des gorgées.
Quand ils n’y trempent pas seulement leurs lèvres.

Je veux encore tout donner, et toujours, jamais je ne changerai.
Mais ils n’acceptent de moi que des bribes, que des copeaux.

Jamais ils n’ont vraiment compris.
Il n’y a pas que ma générosité, ma folle générosité.
Il y a aussi, en retour, l’attente sans fin de leur joie.

Ils refusent la vie. C’est leur toute première erreur.
Alors la vie les refuse à son tour.

Car elle ne va vraiment qu’à ceux qui ont le coeur
assez vaste et assez limpide
pour l’étreindre totalement.

On dirait que leur rêve est de se préserver,
de ne plus aimer, de ne plus souffrir,
de voir venir chaque fois comme un baume
le gris de ces petites lumières sans feu, qui éclairent mal
et que l’on accepte pourtant l’une après l’autre :
c’est un jeu d’enfant très commun, très facile.

(Franck André Jamme)

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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Toi dans la soif (Patricia Castex Menier)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



Toi
dans la soif, et toi encore dans la gorgée.
J’essaie tout le jour les profondeurs différentes des sources.
Avec le soir, ce qui reste de sel quitte la terre brûlée de l’épaule
pour le jardin de l’aisselle.

(Patricia Castex Menier)

Illustration

 

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Marais salants (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



 

Marais salants

Terre aride
et sèche
pleine de crevasses

Terre désséchée
terre altérée
terre assoiffée

Terre gorgée de sel
tu souffres le martyre
sous ce soleil de plomb

Tu saignes
terre à chardons
et à coquelicots

(Paul Louis Rossi)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Je me souviens de ce qu’il faut (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Georges Jeanclos
    
Je me souviens de ce qu’il faut
d’amour, de brûlures et d’attentes
pour parler l’éternelle présence.

Cette demeure si nue
où la flamme habille, déshabille le corps,
et fait jaillir, gorgés d’étoiles,
un sein, un sexe où coulent
le plaisir et l’extase.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Notre parole a-t-elle assez de soir (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
notre parole a-t-elle assez de soir
pour apprendre les cris retenus
des lieux accablés de durée
le silence toujours en partance
sur les couleurs pose un dernier glacis
une seule gorgée nous enivre
au bord des larmes se risque le sourire
les mains prononcent leurs voeux
définitif l’air bénit

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Joies escarpées
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Je t’offrirai (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



Je t’offrirai

Je t’offrirai un beau gâteau de ciel
O mariée d’équinoxe !
Et vous conterai à tous
Des guerres civiles d’étoiles,
La capture d’un oiseau-lune,
Ce que j’ai appris dans mon dernier voyage
Aux antipodes du printemps.
Un rebouteux m’a remis pour la fête
Un coeur boiteux depuis l’enfance :
Je crois pouvoir être sage ;
Si parfois je me trompais
Il me faudrait donner une once de soleil
Et deux gorgées de l’eau des routes.

(René-Guy Cadou)

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