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Poésie

Posts Tagged ‘gorger’

Dans le ciel des montagnes de crème fouettée (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Dans le ciel
Des montagnes de crème fouettée
Un soleil débonnaire

La fraîcheur
Tombe des marronniers
À petits jets

Je ne rentre pas

Assise près du parc
Dans l’air gorgé de cris d’enfants
J’attendrai

Que le jour s’en aille

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Les yeux se souviennent (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018




    Illustration
    
Les yeux se souviennent,
ils creusent dans la parole
de muettes galeries :
venez regards, jusqu’au centre :

Écoutez cette voix
qui traverse un temps étranger,
signe sourd d’une trace
et lumineuse écume.

On dirait
dans le lit du gel
un visage ancien qui vous parle

De la nuit millénaire,
voix écrite,
gorgée de silence.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le voyage de mon cœur (Joël Disez)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018


Aujourd’hui, comme hier,
comme avant-hier,
comme toujours,
je marche jusqu’à la barrière de ta maison.
Je vois, toute blanche,
la chanson fleurie de ton bonheur
en une farandole de parterres.
Mon cœur amoureux
se faufile à travers les buissons.
Zigzaguant d’un souffle heureux,
il parvient près de la fenêtre ouverte.
Là, attentif un instant à la chaleur de cet écrin,
il contemple, penaud, le décor de ta vie:
les tentures suaves aux couleurs d’automne,
les tapisseries fleuries et les vases en offrandes d’effluves.
Puis mon cœur s’immisce jusqu’à l’antre de vie.
Tu ne le vois pas, affairée que tu es au partage du repas.
Alors, tout doucement, il se loge dans un coin de la cuisine,
attiré, subjugué par toutes les senteurs paisibles
qui virevoltent dans la pièce.
Il te contemple.
Toi tu ne le vois pas.
Il te regarde longtemps, longtemps.
S’enivrant de ton parfum,
il accroche de multiples soupirs de bonheur
à chacun de tes gestes, pensant, naïf,
que tous ces papillons invisibles
t’étourdiront de leurs ailes magiques,
décidant ainsi ton regard cruel à plus de tendresse à son égard.
Il dépose en l’intimité de tes mains,
ses envies de caresses, parsème ta longue chevelure d’étoiles pailletées
afin de se perdre en une nuit étoilée.
Il orne ta gorge d’un collier de murmures puis,
en rougissant, dessine au creux de tes reins ses offrandes de désirs.
Il t’entend alors chanter une futile comptine,
bercé par la douce mélodie de ta voix de laine,
il bat le rythme de la mélopée
de ses palpitations enfantines.
Mon cœur gorgé de tendresse,
les larmes de son amour au bord des lèvres,
se prend à crier, à hurler sa détresse,

lorsque la porte s’ouvre et que ton mari entre.

(Joël Disez)

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Incertitude (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2017




    
Incertitude. Où la voix
Dira le mot, la vie
Recommencera. Pour l’instant
Rien qu’une attente. Un désir
Qui n’ose s’avouer
Désir. Une aube
Oublieuse de la nuit
Mais qui doute du jour.
Tout pourrait rester ainsi
Entre rêve et sang,
Souffle et pierre.
N’avoir qu’une conscience,
L’angoisse. N’être qu’un remous
De néant. Mais, la parole
Enfin gorgée de silence,
Voici que sur le fond
Blême du matin se lève
Un soleil sûr de sa fin.

(Louis Guillaume)

 

Recueil: Agenda
Editions: Corti

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La belle (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



La belle

Belle fille mordant la pluie
Dans les salines de l’ennui
Belle fille dorant la nuit
Dans la plume chaude, à minuit

Belle, je dis belle à ta bouche
Ouverte sur la poix du sang
Belle, je dis belle à ta jambe
A ta main piégeuse, à ta langue

Belle, je dis belle à l’eau pure
Qui t’éclaire de sa blessure
Je dis belle à ta voix d’amour
Qui gonfle et gorge les colombes

Je dis la marée belle au monde
La câline levant les ongles
Je dis belle à la forêt moite
A la source où le soleil boite

Belle, je dis belle à toi
Et seule belle entre mes bras.

(Luc Bérimont)

 

 

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Félicité (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2016


fêlure

 

La moindre fêlure
d’une vitre ou d’un bol
peut ramener la félicité d’un grand souvenir
les objets nus
montrant leur fine arête
étincellent d’un coup
au soleil
mais perdus dans la nuit
se gorgent aussi bien d’heures
longues
ou brèves.

(Jean Follain)

 

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Passage de midi (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2015



Passage de midi

Le parfum de ce corps écartait les vêtements trop faibles
et la clarté oblique de la chair achevait de dénuder la femme blanche mollement étendue.
Les cloisons de la chambre ne résistaient pas davantage et bien que l’on fût à l’instant de midi,
les fenêtres s’emplirent soudain d’une épaisse nuit sucrée.
Les mains parlaient à la blancheur abandonnée
que l’on savait délicieusement tendue de sang
et les ventouses des yeux en gorgeaient la tête avide.
Enfin, la forte roue de l’ivresse
entraîna cet univers nouveau
qui retrouvait ainsi la marche liquide
des premiers instants du monde.

(Paul Nougé)

 

 

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