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Poésie

Posts Tagged ‘gorger’

Lorsque nous nous parlons (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021




Illustration: ArbreaPhotos
    
Lorsque nous nous parlons
Le rêve est à portée
Lorsque nous nous taisons
Le rêve demeure intact

Apprenons à recueillir
Tout instant qui advient :
Sente gorgée de soleil
Grisée de lune, clairière…

(François Cheng)

Recueil: Le long d’un amour
Traduction:
Editions: Arfuyen

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LE CALME DU PARC (Harry Martinson)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2021



Illustration: Rémi Coudrain  
    

LE CALME DU PARC

Dans le parc automnal se dresse
une femme nommée Amour
— bronze obscur et frémissant
dont la peau brune parle de la
chair — qui est esprit.

L’artiste-créateur
l’aimait
en secret
et n’aimait qu’elle, rien qu’elle!

Les arbres se balancent,
le vent parle d’art —
et les gens parlent
comme le vent, comme le vent.

Chaque jour, un homme qui ignore tout de l’art
s’assied sur le banc.
Les yeux rivés au sol, il écoute dans le bronze
chanter des veines gorgées de sang.

(Harry Martinson)

 

Recueil: Le livre des cent poèmes
Traduction: Traduit du suédois par Caroline Chevallier et Philippe Bouquet
Editions: Cénomane

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Au-delà du torii (Annick Carré)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2021



Illustration
    
Au-delà du torii
Un nouveau monde se lève
Les lignes du temps se relâchent
Profondes respirations
Le long du sentier
De fines branches
Roses, rouges, blanches
Bruines colorées

Sur le vert des herbes tendres
Passé le petit pont moussu
Au fond de la rivière
Les galets chuchotent
Bercés par les saules pleureurs
Au détour d’un chemin
Une prairie gorgée de soleil
Des danseuses métalliques
S’élancent en cadence
Sous les arches d’un pont millénaire
Un peu plus loin
Sur l’onde calme
Reflets déliés
Des feuillages silencieux

Au-delà du torii
Une douce lenteur s’invite
Majestueuses partitions
D’ombres et de lumières

Embruns de bonheur

Seules les lanternes de pierre
Aux regards immobiles
Gardent mémoire du passage

(Annick Carré)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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Mon corbeau (Raymond Carver)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2020



Illustration

    
Mon corbeau

Un corbeau est venu se poser dans l’arbre devant ma fenêtre.
Ce n’était pas le corbeau de Ted Hughes, ni le corbeau de Galway.
Ni celui de Frost, celui de Pasternak, ni le corbeau de Lorca.
Ni l’un des corbeaux d’Homère, gorgés de tripaille,
après le combat. Ce n’était qu’un corbeau.
Qui jamais ne s’était intégré nulle part de toute sa vie,
ni n’avait rien fait qui vaille d’être mentionné.
Il resta perché là sur la branche pendant quelques minutes.
Puis prit son essor pour s’envoler magnifiquement
hors de ma vie.

(Raymond Carver)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Jacqueline H. jeem-Pierry Carasso et Emmanuel Moses
Editions: De l’olivier

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Dans le ciel des montagnes de crème fouettée (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Dans le ciel
Des montagnes de crème fouettée
Un soleil débonnaire

La fraîcheur
Tombe des marronniers
À petits jets

Je ne rentre pas

Assise près du parc
Dans l’air gorgé de cris d’enfants
J’attendrai

Que le jour s’en aille

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Les yeux se souviennent (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018




    Illustration
    
Les yeux se souviennent,
ils creusent dans la parole
de muettes galeries :
venez regards, jusqu’au centre :

Écoutez cette voix
qui traverse un temps étranger,
signe sourd d’une trace
et lumineuse écume.

On dirait
dans le lit du gel
un visage ancien qui vous parle

De la nuit millénaire,
voix écrite,
gorgée de silence.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le voyage de mon cœur (Joël Disez)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018


Aujourd’hui, comme hier,
comme avant-hier,
comme toujours,
je marche jusqu’à la barrière de ta maison.
Je vois, toute blanche,
la chanson fleurie de ton bonheur
en une farandole de parterres.
Mon cœur amoureux
se faufile à travers les buissons.
Zigzaguant d’un souffle heureux,
il parvient près de la fenêtre ouverte.
Là, attentif un instant à la chaleur de cet écrin,
il contemple, penaud, le décor de ta vie:
les tentures suaves aux couleurs d’automne,
les tapisseries fleuries et les vases en offrandes d’effluves.
Puis mon cœur s’immisce jusqu’à l’antre de vie.
Tu ne le vois pas, affairée que tu es au partage du repas.
Alors, tout doucement, il se loge dans un coin de la cuisine,
attiré, subjugué par toutes les senteurs paisibles
qui virevoltent dans la pièce.
Il te contemple.
Toi tu ne le vois pas.
Il te regarde longtemps, longtemps.
S’enivrant de ton parfum,
il accroche de multiples soupirs de bonheur
à chacun de tes gestes, pensant, naïf,
que tous ces papillons invisibles
t’étourdiront de leurs ailes magiques,
décidant ainsi ton regard cruel à plus de tendresse à son égard.
Il dépose en l’intimité de tes mains,
ses envies de caresses, parsème ta longue chevelure d’étoiles pailletées
afin de se perdre en une nuit étoilée.
Il orne ta gorge d’un collier de murmures puis,
en rougissant, dessine au creux de tes reins ses offrandes de désirs.
Il t’entend alors chanter une futile comptine,
bercé par la douce mélodie de ta voix de laine,
il bat le rythme de la mélopée
de ses palpitations enfantines.
Mon cœur gorgé de tendresse,
les larmes de son amour au bord des lèvres,
se prend à crier, à hurler sa détresse,

lorsque la porte s’ouvre et que ton mari entre.

(Joël Disez)

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Incertitude (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2017




    
Incertitude. Où la voix
Dira le mot, la vie
Recommencera. Pour l’instant
Rien qu’une attente. Un désir
Qui n’ose s’avouer
Désir. Une aube
Oublieuse de la nuit
Mais qui doute du jour.
Tout pourrait rester ainsi
Entre rêve et sang,
Souffle et pierre.
N’avoir qu’une conscience,
L’angoisse. N’être qu’un remous
De néant. Mais, la parole
Enfin gorgée de silence,
Voici que sur le fond
Blême du matin se lève
Un soleil sûr de sa fin.

(Louis Guillaume)

 

Recueil: Agenda
Editions: Corti

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La belle (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



La belle

Belle fille mordant la pluie
Dans les salines de l’ennui
Belle fille dorant la nuit
Dans la plume chaude, à minuit

Belle, je dis belle à ta bouche
Ouverte sur la poix du sang
Belle, je dis belle à ta jambe
A ta main piégeuse, à ta langue

Belle, je dis belle à l’eau pure
Qui t’éclaire de sa blessure
Je dis belle à ta voix d’amour
Qui gonfle et gorge les colombes

Je dis la marée belle au monde
La câline levant les ongles
Je dis belle à la forêt moite
A la source où le soleil boite

Belle, je dis belle à toi
Et seule belle entre mes bras.

(Luc Bérimont)

 

 

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Félicité (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2016


fêlure

 

La moindre fêlure
d’une vitre ou d’un bol
peut ramener la félicité d’un grand souvenir
les objets nus
montrant leur fine arête
étincellent d’un coup
au soleil
mais perdus dans la nuit
se gorgent aussi bien d’heures
longues
ou brèves.

(Jean Follain)

 

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