Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘gosse’

En compagnie des géraniums (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



Illustration
    
En compagnie des géraniums
Grosses têtes de chou
Penchées vers le boulevard

J’écoute le dimanche qui pétarade

Impatiences d’autos
Clameurs de gosses

Le ciel est si joyeux
Et le vent s’amuse dans les marronniers

Un beau dimanche

Dans l’ambulance qui crie
Quelqu’un peut-être
Ne le sait déjà plus

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai rêvé que j’étais un oiseau (Richard Brautignan)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019



    
j’ai rêvé que j’étais un oiseau

J’ai
rêvé
que j’étais un oiseau
perché
sur un pommier

Le soleil
était de sortie
et mes plumes
étaient chaudes.

Je me
reposais
entre deux parades
amoureuses
quand des gosses
m’ont descendu
avec une carabine à plomb.

***
i dreamt i was a bird
I
dreamt
I was a birdsitting
in an apple tree.
The sunwas out
and my featherswere warm.
I was
resting
between courtingsessions
when some kidssnipped me off
with a BB gun.

(Richard Brautignan)

 

Recueil: Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus
Traduction: Thierry Beauchamp / Romain Rabier
Editions: Points

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le voyou (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



Le voyou

Je m’balade le soir
Au fond des vieilles ruelles
Au milieu des poubelles
Sous un grand ciel tout noir

Les deux mains dans les poches
Je parcours l’boulevard
Sifflant comme un gavroche
Ou un oiseau bavard

Tous les pauvres gamins
De mon triste quartier
Se tiennent par la main
Assis des jours entiers

Je leur dis des merveilles
Sous leur regard farouche
Un rire fend leur bouche
Des lèvres aux oreilles

Ces gosses qui ne voient
En leurs quatre saisons
Qu’un lugubre horizon
Sont pendus à ma voix

Eux qui pour jouer n’ont
Qu’un désert terrain vague
Ils rêveront qu’ils sont
Soulevés par la vague

Je leur dis que l’oiseau
Chante en do ou en si
Perché sur un roseau
Qui pousse loin d’ici

Ils n’veulent pas me croire
Et pourtant mon histoire
Je la certifie vraie
Et l’écris à la craie.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Maintenant je sais ! (Jean Lou Dabadie)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



BeauxYeu 0

Maintenant je sais !

Quand j’étais gosse, haut comme trois pommes,
J’parlais bien fort pour être un homme
J’disais, JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS

C’était l’début, c’était l’printemps
Mais quand j’ai eu mes 18 ans
J’ai dit, JE SAIS, ça y est, cette fois JE SAIS

Et aujourd’hui, les jours où je m’retourne
J’regarde la terre où j’ai quand même fait les 100 pas
Et je n’sais toujours pas comment elle tourne !

Vers 25 ans, j’savais tout : l’amour, les roses, la vie, les sous
Tiens oui l’amour ! J’en avais fait tout le tour !

Et heureusement, comme les copains, j’avais pas mangé tout mon pain :
Au milieu de ma vie, j’ai encore appris.
C’que j’ai appris, ça tient en trois, quatre mots :

« Le jour où quelqu’un vous aime, il fait très beau,
j’peux pas mieux dire, il fait très beau !

C’est encore ce qui m’étonne dans la vie,
Moi qui suis à l’automne de ma vie
On oublie tant de soirs de tristesse
Mais jamais un matin de tendresse !

Toute ma jeunesse, j’ai voulu dire JE SAIS
Seulement, plus je cherchais, et puis moins j’ savais

Il y a 60 coups qui ont sonné à l’horloge
Je suis encore à ma fenêtre, je regarde, et j’m’interroge ?

Maintenant JE SAIS, JE SAIS QU’ON NE SAIT JAMAIS !

La vie, l’amour, l’argent, les amis et les roses
On ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses
C’est tout c’que j’sais ! Mais ça, j’le SAIS…

(Jean Lou Dabadie)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ma plus belle histoire d’amour (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Ma plus belle histoire d’amour

Du plus loin, que me revienne,
L´ombre de mes amours anciennes,
Du plus loin, du premier rendez-vous,
Du temps des premières peines,
Lors, j´avais quinze ans, à peine,
Cœur tout blanc, et griffes aux genoux,
Que ce furent, j´étais précoce,

De tendres amours de gosse,
Ou les morsures d´un amour fou,
Du plus loin qu´il m´en souvienne,
Si depuis, j´ai dit « je t´aime »,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,

C´est vrai, je ne fus pas sage,
Et j´ai tourné bien des pages,
Sans les lire, blanches, et puis rien dessus,
C´est vrai, je ne fus pas sage,
Et mes guerriers de passage,
A peine vus, déjà disparus,
Mais à travers leur visage,

C´était déjà votre image,
C´était vous déjà et le cœur nu,
Je refaisais mes bagages,
Et poursuivais mon mirage,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,

Sur la longue route,
Qui menait vers vous,
Sur la longue route,
J´allais le cœur fou,
Le vent de décembre,
Me gelait au cou,
Qu´importait décembre,
Si c´était pour vous,

Elle fut longue la route,
Mais je l´ai faite, la route,
Celle-là, qui menait jusqu´à vous,
Et je ne suis pas parjure,
Si ce soir, je vous jure,
Que, pour vous, je l´eus faite à genoux,
Il en eut fallu bien d´autres,
Que quelques mauvais apôtres,
Que l´hiver ou la neige à mon cou,
Pour que je perde patience,
Et j´ai calmé ma violence,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,

Mais tant d’hiver et d’automne
De nuit, de jour, et personne,
Vous n´étiez jamais au rendez-vous,
Et de vous, perdant courage,
Soudain, me prenait la rage,
Mon Dieu, que j´avais besoin de vous,
Que le Diable vous emporte,
D´autres m´ont ouvert leur porte,
Heureuse, je m´en allais loin de vous,
Oui, je vous fus infidèle,
Mais vous revenais quand même,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous,

J´ai pleuré mes larmes,
Mais qu´il me fut doux,
Oh, qu´il me fut doux,
Ce premier sourire de vous,
Et pour une larme,
Qui venait de vous,
J´ai pleuré d´amour,
Vous souvenez-vous?

Ce fut, un soir, en septembre,
Vous étiez venus m´attendre,
Ici même, vous en souvenez-vous?
A vous regarder sourire,
A vous aimer, sans rien dire,
C´est là que j´ai compris, tout à coup,
J´avais fini mon voyage,
Et j´ai posé mes bagages,
Vous étiez venus au rendez-vous,
Qu´importe ce qu´on peut en dire,
Je tenais à vous le dire,
Ce soir je vous remercie de vous,
Qu´importe ce qu´on peut en dire,
Je suis venue pour vous dire,
Ma plus belle histoire d´amour, c´est vous…

(Barbara)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il arrache un gros radis (Issa)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018


Radibig

Il arrache un gros radis
Il tombe à la renverse
Le gosse

(Issa)

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , | 1 Comment »

L’accent circonflexe (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018




    
L’accent circonflexe clôt un espace.
Je l’aimerais creuset,
paumes ouvertes ou ailes en vol.
Recueil au lieu d’éteignoir.

À l’intérieur, tiendraient
tous les chǎteaux, les gǎteaux
et les rěves de gosse.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cloisons sans plaisir (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



 

Cloisons sans plaisir

Dans les H.L.M.
on entend tout,
les insultes
les verres qui volent
les enfants qui pleurent
Question pour un champion
car la voisine est sourde.

Dans le mien
à 19 heures précises
le mec
du dessus
jetait sa collection de billes
par terre
PLIC PLIC PLIC PLIC PLIC
je n’ai jamais compris
pourquoi.
Ça l’occupait sûrement
de les ramasser
une par une
oubliant
les traites
les gosses
le chômage.

Dans les H.L.M.
on entend le bruit sourd
des corps qui s’écroulent.

Dans les H.L.M. on entend les voisins
dire du mal des voisins
qui auraient dit du mal d’autres voisins
et ainsi de suite.
On entend les youyous
les jours de mariage
et ça franchement
c’est pire
qu’une perceuse
contre un tuyau
métallique…
mais au moins
c’est joyeux.

Dans les H.L.M.
on entendait un con chanter
(c’était moi)
et un autre qui jouait
du djembé
pendant
des heures.
Putains de jeunes.

Mais
dans les H.L.M. j’ai eu beau écouter
pas une fois
au milieu
de ces nuits
les gémissements d’une voisine
ni les
«oh oui!
encore !»
de rigueur.
C’est à se demander
comment ces milliers de gosses
qui courent
dans la cité
ont été conçus.
Dans le silence !
et ça ne fait
que
commencer…

(Balbino)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Les roses blanches (Berthe Sylva)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017


2461982743_18f71dff3e

C’était un gamin, un gosse de Paris,
Pour famille il n’avait qu’ sa mère
Une pauvre fille aux grands yeux rougis,
Par les chagrins et la misère
Elle aimait les fleurs, les roses surtout,
Et le cher bambin tous les dimanche
Lui apportait de belles roses blanches,
Au lieu d’acheter des joujoux
La câlinant bien tendrement,
Il disait en les lui donnant:

« C’est aujourd’hui dimanche, tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches, toi qui les aime tant
Va quand je serai grand, j’achèterai au marchand
Toutes ses roses blanches, pour toi jolie maman »

Au printemps dernier, le destin brutal,
Vint frapper la blonde ouvrière
Elle tomba malade et pour l’hôpital,
Le gamin vit partir sa mère
Un matin d’avril parmi les promeneurs
N’ayant plus un sous dans sa poche
Sur un marché tout tremblant le pauvre mioche,
Furtivement vola des fleurs
La marchande l’ayant surpris,
En baissant la tête, il lui dit:

J’ai pris ces roses blanches elle les aime tant
Sur son petit lit blanc, là-bas elle m’attend
J’ai pris ces roses blanches, pour ma jolie maman »

La marchande émue, doucement lui dit,
« Emporte-les je te les donne »
Elle l’embrassa et l’enfant partit,
Tout rayonnant qu’on le pardonne
Puis à l’hôpital il vint en courant,
Pour offrir les fleurs à sa mère
Mais en le voyant, tout bas une infirmière,
Lui dit « Tu n’as plus de maman »
Et le gamin s’agenouillant dit,
Devant le petit lit blanc:

« C’est aujourd’hui dimanche, tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches, toi qui les aimais tant
Et quand tu t’en iras, au grand jardin là-bas
Toutes ces roses blanches, tu les emporteras »

(Berthe Sylva)


Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | 4 Comments »

Sous un ciel bas (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2016



 

pluie [1280x768]

Sous un ciel bas
Marchent un gosse et un chien…
Pluie printanière.

***

Under a low sky
A boy walking with a dog
In the spring rain.

(Richard Wright)

Illustration

 

 

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »