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Posts Tagged ‘gosse’

L’accent circonflexe (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018




    
L’accent circonflexe clôt un espace.
Je l’aimerais creuset,
paumes ouvertes ou ailes en vol.
Recueil au lieu d’éteignoir.

À l’intérieur, tiendraient
tous les chǎteaux, les gǎteaux
et les rěves de gosse.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

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Cloisons sans plaisir (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



 

Cloisons sans plaisir

Dans les H.L.M.
on entend tout,
les insultes
les verres qui volent
les enfants qui pleurent
Question pour un champion
car la voisine est sourde.

Dans le mien
à 19 heures précises
le mec
du dessus
jetait sa collection de billes
par terre
PLIC PLIC PLIC PLIC PLIC
je n’ai jamais compris
pourquoi.
Ça l’occupait sûrement
de les ramasser
une par une
oubliant
les traites
les gosses
le chômage.

Dans les H.L.M.
on entend le bruit sourd
des corps qui s’écroulent.

Dans les H.L.M. on entend les voisins
dire du mal des voisins
qui auraient dit du mal d’autres voisins
et ainsi de suite.
On entend les youyous
les jours de mariage
et ça franchement
c’est pire
qu’une perceuse
contre un tuyau
métallique…
mais au moins
c’est joyeux.

Dans les H.L.M.
on entendait un con chanter
(c’était moi)
et un autre qui jouait
du djembé
pendant
des heures.
Putains de jeunes.

Mais
dans les H.L.M. j’ai eu beau écouter
pas une fois
au milieu
de ces nuits
les gémissements d’une voisine
ni les
«oh oui!
encore !»
de rigueur.
C’est à se demander
comment ces milliers de gosses
qui courent
dans la cité
ont été conçus.
Dans le silence !
et ça ne fait
que
commencer…

(Balbino)

 

 

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Les roses blanches (Berthe Sylva)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017


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C’était un gamin, un gosse de Paris,
Pour famille il n’avait qu’ sa mère
Une pauvre fille aux grands yeux rougis,
Par les chagrins et la misère
Elle aimait les fleurs, les roses surtout,
Et le cher bambin tous les dimanche
Lui apportait de belles roses blanches,
Au lieu d’acheter des joujoux
La câlinant bien tendrement,
Il disait en les lui donnant:

« C’est aujourd’hui dimanche, tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches, toi qui les aime tant
Va quand je serai grand, j’achèterai au marchand
Toutes ses roses blanches, pour toi jolie maman »

Au printemps dernier, le destin brutal,
Vint frapper la blonde ouvrière
Elle tomba malade et pour l’hôpital,
Le gamin vit partir sa mère
Un matin d’avril parmi les promeneurs
N’ayant plus un sous dans sa poche
Sur un marché tout tremblant le pauvre mioche,
Furtivement vola des fleurs
La marchande l’ayant surpris,
En baissant la tête, il lui dit:

J’ai pris ces roses blanches elle les aime tant
Sur son petit lit blanc, là-bas elle m’attend
J’ai pris ces roses blanches, pour ma jolie maman »

La marchande émue, doucement lui dit,
« Emporte-les je te les donne »
Elle l’embrassa et l’enfant partit,
Tout rayonnant qu’on le pardonne
Puis à l’hôpital il vint en courant,
Pour offrir les fleurs à sa mère
Mais en le voyant, tout bas une infirmière,
Lui dit « Tu n’as plus de maman »
Et le gamin s’agenouillant dit,
Devant le petit lit blanc:

« C’est aujourd’hui dimanche, tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches, toi qui les aimais tant
Et quand tu t’en iras, au grand jardin là-bas
Toutes ces roses blanches, tu les emporteras »

(Berthe Sylva)


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Un grand tournesol (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2016



 

enfant

Un grand tournesol
Et le sourire d’un gosse
Aux dents de travers.

***

A tall sunflower
And a grinning little boy
With snaggled teeth.

(Richard Wright)

 

 

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Cinq secondes (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2016



Cinq secondes et
Les traces d’eau des pieds du gosse,
Sèchent sur le porche.

***

It took five seconds
For the barefoot boy’s wet tracks
To dryon the porch.

(Richard Wright)

Illustration

 

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Se risquant dehors (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2016



 

Se risquant dehors,
Les gosses vont à pas timides,
Égards pour la neige.

***

Venturing outdoors,
The children walk timidly,
Respecting the snow.

(Richard Wright)

Illustration: Ruskin Spear

 

 

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J’écris pour me cacher (Jean-Marcel Lefebvre)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2016



J’écris pour me cacher dans des châteaux d’images
que je construis toujours pour la joie des enfants,
et m’étonner encore à la fin du voyage
de me sentir si gosse en mon compartiment.

(Jean-Marcel Lefebvre)

Illustration

 

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LE COIN (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016



LE COIN

Les vieux miséreux attendent, en battant la semelle, qu’un patron les embauche.
Ils attendent et frissonnent, les mains dans les poches,
Ils ne se parlent pas entre eux car ils ne se connaissent pas.
Parfois l’un d’eux murmure Nom de Dieu tout bas.

Les fiacres en roulant près du trottoir, les éclaboussent
Les passants en pardessus, sans les voir les repoussent
La pluie souvent fes mouifle jusqu’aux os
Ils relèvent le col de la veste courbent un peu plus le dos
Disent Sacré bon Dieu de bon Dieu et toussent.

Ça durera jusqu’au jour où dans l’hôpital
Ils cracheront le reste de la vie en noir en pensant « Ça y est jusqu’à la gauche »
Ils pleureront peut-être comme un petit gosse qui a mal
Et crèveront en murmurant : C’est-y l’bon Dieu qui m’embauche ?

(Guillaume Apollinaire)

 

 

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Je vous salue Marie (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2016



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Je vous salue Marie

Agonie

Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
tandis que des enfants s’amusent au parterre;
et par l’oiseau blessé qui ne sait pas comment
son aile tout à coup s’ensanglante et descend;
par la soif et la faim et le délire ardent:
Je vous salue, Marie.

Flagellation

Par les gosses battus, par l’ivrogne qui rentre,
par l’âne qui reçoit des coups de pied au ventre,
et par l’humiliation de l’innocent châtié,
par la vierge vendue qu’on a déshabillée,
par le fils dont la mère a été insultée:
Je vous salue, Marie.

Couronnement d’épines

Par le mendiant qui n’eut jamais d’autre couronne
que le vol des frelons, amis des vergers jaunes,
et d’autre sceptre qu’un bâton contre les chiens;
par le poète dont saigne le front qui est ceint
des ronces des désirs que jamais il n’atteint:
Je vous salue, Marie.

Portement de croix

Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids,
s’écrie:  » Mon Dieu !  » Par le malheureux dont les bras
ne purent s’appuyer sur une amour humaine
comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène;
par le cheval tombé sous le chariot qu’il traîne:
Je vous salue, Marie.

Crucifiement

Par les quatre horizons qui crucifient le Monde,
par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,
par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains,
par le malade que l’on opère et qui geint,
et par le juste mis au rang des assassins:
Je vous salue, Marie.

Invention de Notre Seigneur au Temple

Par la mère apprenant que son fils est guéri,
par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid,
par l’herbe qui a soif et recueille l’ondée,
par le baiser perdu par l’amour redonné,
et par le mendiant retrouvant sa monnaie:
Je vous salue, Marie.

(Francis Jammes)

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La liberté (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2016



 

La liberté

Embarquez-la comme une esclave blanche
Pour une île
Et laissez-la aux indigènes sur la plage
Décoiffée seule
Avec un pauvre corsage
Ou perdez-la si vous voulez au fond d’un gouffre
Parmi des chiffonniers et des gosses
Ô bien-aimée tu es debout devant ma porte
Et nul ami au monde n’est encore levé
Tu as grandi pendant la nuit et tu retombes
Comme une glycine sur la mer
Tu es chez toi dans ma maison
Tu peux bien disposer
De ma femme de moi de mes outils rangés
Ô bien-aimée tu es confuse de tes armes
Tu les polis comme un miroir
Je le sais
Tu voudrais m’emmener
Comme un tranquille sous les arbres
Mais tu remues en moi tes deux ailes fermées.

(René Guy Cadou)

Illustration: Alexandru Darida

 

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