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LE POÈTE MONTE LA MONTAGNE ENVELOPPÉE DE BROUILLARD (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018




    
LE POÈTE MONTE LA MONTAGNE ENVELOPPÉE DE BROUILLARD
Sou-Tong-Po

Je monte sur cette haute montagne ;
le poil noir de mon cheval est jauni par la maladie.

Le chagrin a aussi couvert mes joues maigres, d’une teinte jaune,
et je monte tristement la montagne.

Je veux emplir ma gourde, d’un vin de riz de bonne qualité,
et voiler mes chagrins, dans l’étourdissement que donne le vin.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Je m’assiérai… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Je m’assiérai…

Je m’assiérai au pied d’un chêne
Pour écouter la chute vaine
Des feuilles dans le soir mourant.

Rongeant la mousse et la bourdaine,
J’écouterai, qui les ravine,
L’eau s’écouler en soupirant;

S’éffacer aux combes baignées
D’ombre, le rythme des cognées
Qui trouble le bois endormi;

Sous la hache qui le dépèce
Le hêtre qui penche et s’affaisse
Et son cri lentement gémi,

Comme sorti d’une âme humaine.
J’écouterai craquer les faînes,
Et les glands avec un bruit doux

Tomber en frôlant l’herbe sèche,
Puis tout à coup la pie-grièche
Eclater de rire. Dessous

La mousse, dans son trou humide,
Le mulot rentrer et, fluide,
Aux rameaux pourris déchirant

Ses lambeaux, crépiter la brume.
Las! tout s’éteint et se consume….
O mon coeur, pèlerin errant,

Dépose ton bourdon, ta gourde
Et le manteau. Voici la tourbe
Où le ruisseau s’anéantit,

Dans la paix des choses qui meurent
Entre comme en une demeure,
Mulot sous la terre blotti.

Aux sources que la ronce obstrue
Et s’engourdissant sous la crue
Des feuilles rousses, mire-toi.

Pareil à ce méchant érable,
Toi que lasse l’insaisissable
Rêve, vers l’ombre courbe-toi.

Libéré surtout de toi-même,
Sois cet inconscient poëme:
Au creux des serpolets velus

L’eau de mystère et de silence
Et d’où nul sanglot ne s’élance,
L’eau qui dort et ne souffre plus.

(Marie Dauguet)

 

 

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ÊTRE UN SEUL (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016



ÊTRE UN SEUL

Être un seul : il poursuivait en lisière une nuit où prendre racine.
Chacun buvait à la gourde de son coeur.
Il cueillait la solitude aux abois dans sa nudité, s’y baignait.
Déracinant leurs pieds pour chaque pas, congédiant l’air à chaque souffle,
ils dressèrent leurs paupières pour arrêter deux coeurs indiscernables
qui changeaient de poitrine à chaque battement.

(Olivier Larronde)

Illustration: Berit Kruger Johnsen

 

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LE GRAND DÉFI (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2015




LE GRAND DÉFI

I

Ton corps était tendu de grâce et d’insolence :
Le grand défi brillait d’un feu de diamant
dans tes yeux où l’amour en pleine virulence
rutilait comme un astre au fond du firmament.

Nous reprîmes le chant de nos premières fêtes :
Le monde de nouveau chancela sous nos poids,
tellement nous étions lourds de tous nos émois ;
royale tu m’ouvris les alcôves secrètes.

Aussitôt jaillissant du sarcophage d’or
telle tu m’apparus qu’en songe j’avais prise :
reine Néfertiti sans voile ni trésor,

ayant pour seul atour sa beauté reconquise
ou bien, livrée à la caresse de nos brises,
ondine d’Alassour, nymphe des lacs du Nord.

II

Royale tu m’ouvris les alcôves du ciel :
Par quel prodige, par quelle métamorphose
dans ton lit devenu l’axe de toute chose,
l’Univers retrouva son centre essentiel !

Ce fut le tourbillon fantastique des sens
pris soudain dans la ronde éternelle des astres.
Et tel fut le combat que jouant les désastres
il nous rongea les os et nous brilla le sang.

Cherchant de nos volcans les plus riches vestiges
nous tournions, nous tournions sur nos propres vertiges
avant la chute d’or dans le cratère en feu.

Le bonheur renaissait de la chaude coulée
des laves dévalant les flancs nus et nerveux
de ta divinité de nouveau révélée.

III

O Déesse, voici le temps de l’apogée :
La terre disparaît avec son rituel
et son cortège de soucis habituels.
C’est l’ivresse du ciel par l’amour propagée

qui déferle sur nous en beaux cyclones d’or.
Quelle force nous lance au-delà de nous-mêmes,
plus haut que notre rêve et plus loin que la mort.
Le zénith nous délivre un message suprême

pour franchir la frontière au col de l’infini.
Nous avons à passer la charge la plus lourde
dont un simple mortel se soit jamais muni.

Notre soif est si grande et si fraîche la gourde
que du désert brillant le sable et les rocailles
s’en trouvent attendris jusque dans les entrailles.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration

 

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